ma petite vie

Publié le 11 Mars 2013

Les rayons du soleil de mars traversent le rideau pour tenter d'ouvrir mes paupières. Ça fait déjà un petit moment que je lutte contre mais cette fois-ci je ne me rendormirai pas, le soleil a gagné. Je m'assois, encore un peu ensommeillée. J'ai terriblement bien dormi. J'ai un peu mal au dos. J'enfile un pantalon et un gilet, j'ouvre les rideaux. 

Quand je sors de la chambre, l'odeur du café titille mes narines. Malo boit un café en lisant le journal. Il est allé acheter des petits pains. C'est un lève-tôt, j'ai regardé ma montre quand je l'ai entendu partir ce matin. Il me demande si je veux du café et, devant mon refus, remplit la bouilloire et la met en marche. Il me dit "choisis ce que tu veux comme thé, je vais réveiller LeCorse". Je choisis un « thé des légendes » qui semble olfactivement prometteur et je verse l'eau chaude. Je retourne dans la salle qui est à cette heure-ci bien plus lumineuse que la cuisine et m'approche de la fenêtre pour regarder les tourelles du château sur la droite. Je tourne doucement la tête, le jardin est parsemé de taupinières, les arbres n'ont pas encore de feuilles. Il reste quelques poireaux dans le potager. Le chat sautille dans l'herbe, paraissant gêné par la rosée. C'est à ce moment que je l'aperçois au fond du jardin d'à côté. Il porte un pull bleu marine. Ses cheveux sont en bataille. Il a posé une main sur une barrière, son regard porte loin, vers l'horizon. Il semble être un capitaine de navire qui, au jour levant, chercherait du regard une côte éventuelle. Il porterait un chapeau sur la tête et une longue-vue à sa ceinture. Il manquerait un bouton à sa redingote et écartant cette dernière pour se gratter le flan, il dévoilerait un long poignard. Les matelots s'activeraient autour de lui pour ranger les cordes sur le pont et retendre les voiles, il resterait imperturbable, ne perdant pas de vue son objectif : découvrir une nouvelle terre riche d'or et de découvertes sans oublier de perdre le moins possible d'hommes d'équipage pendant l'expédition. Ne voyant toujours pas la terre espérée apparaître, il froncerait les sourcils en pensant aux réserves de vivres qui deviendraient bientôt insuffisantes et...

- Alors ça va, bien dormi ?

Je me retourne en souriant. LeCorse est levé.

- Très bien et toi ?

- Pas vraiment.

Ses petits yeux confirment ses dires. Il s'assoit et semble dormir encore. 

- Dis, je regardais ton voisin, il est un peu étrange non ?

- Oui, il était couvreur, il est tombé d'un toit un jour et sa tête a cogné. Il était peut-être déjà bizarre avant mais là...

Je me rappelle le thé mis à infuser, depuis trop longtemps. Je l'apporte sur la table.

- Tu veux un petit pain, Fluo ?

Bien sûr, manger, je suis toujours d'accord. Je m'attable et je tartine un morceau de pain de gelée de pommes à la vanille. Malo se ressert un café.
Après le petit-déjeuner, je regarderai à nouveau dehors. Le capitaine ne sera plus là, parti pour de nouvelles explorations.

 
Heureux les fous, ils transcendent la lumière.


 

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Publié le 10 Janvier 2013

 

J'avais imaginé plein de choses pour ce réveillon. J'avais repensé à un précédent, où regardant Colmar depuis les forêts, un verre de champagne à la main, je m'étais demandée si je ne faisais pas une erreur en m'installant. Je me sentais seule, face à la plaine, pourtant au milieu de la musique et des cris. Je me sentais loin des miens. Et surtout j'avais une boule énorme au ventre, parce que j'avais peur, sacrément peur. De faire une grosse connerie, que ça ne se passe pas bien, de m'enchaîner pour des années à un endroit auquel je ne m'habituais pas...

 

Le 31, quand la journée de travail s'est terminée, assez tôt, j'ai fait la bise à Jacque pour dire au revoir avant ses vacances. J'aime beaucoup sa remplaçante mais je ne suis pas sure qu'elle souhaitera un jour prendre sa succession. C'est dommage, elle travaille bien. Et je l'aime bien.

Petra et Piotr, avec qui nous avons gravi le macchu pichu et bu des PiscoSour, sont arrivés. Nous avons profité d'un verre de champagne autour du feu. J'ai eu plaisir à discuter avec eux en anglais, à les regarder se parler en allemand, à se remémorer leur mariage et le fameux dessert tchèque : les knodles aux fraises saupoudrées de fromage, en rire, à les écouter parler de leurs projets, après ces neuf mois de tour de monde.

Puis nous avons rejoint la ferme où les autres nous attendaient.

Le repas fût délicieux. Les ravioles aux truffes et foie gras fondaient dans la bouche comme de petits orgasmes. Le Pinot noir apporté par Piotr était étonnamment bon, pour du vin allemand. La multitude des desserts a laissé le choix à chacun de choisir. J'ai préféré opter pour le champagne, je ne suis pas très dessert.

A minuit, enfin presque, les coupes ayant dû être nettoyées, chacun a souhaité aux autres une bonne année. MrPoilu a bien répété que "2013 année de la b...", probablement pour me rappeler que j'ai épousé un poète.

Plus tard, j'ai enfilé mon écharpe, mon manteau et nous avons marché jusqu'au champ. Des feux d'artifice éclataient au loin. J'ai pris Léon dans mes bras parce qu'il avait peur, me tenir la main ne lui suffisait pas. Il ne faisait pas vraiment froid. Je lui ai montré le feu d'artifice, allumé par MrPoilu, qui n'a pas duré bien longtemps. Mais c'était notre feu, juste pour nous. De petites fusées rouges pour une nouvelle année.

J'ai dansé sur des musiques démodées. J'ai joué à envoyer des petits anneaux lumineux sur un lustre. Je suis plutôt douée à ce jeu, plus que Piotr. J'ai embrassé MrPoilu sous le gui. Plusieurs fois.

Plus tard, roulée dans ma couette, par terre dans le couloir pour échapper aux ronflements, maudissant MrPoilu d'avoir bu tant de schnaps, j'ai réfléchi.

 

L'année 2012 a fini mieux qu'elle n'a commencé. Il reste quelques problèmes de boulot et de finances mais les choses se sont arrangées. Je vais enfin pouvoir me détendre un peu. Contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas les prêts qui m'ont enchainée, ce sont mes patients, certains en tous cas, leur gentillesse, leurs sourires, leurs mercis. Pour l'instant, à cause d'eux ou grâce à eux, je n'ai pas envie de partir.

Je ne suis pas un médecin parfait, j'ai encore beaucoup de boulot pour m'en approcher. Je suis fatiguée, je râle, certains jours je fais trop vite car ils sont trop nombreux, je ronchonne chez SuperSecrétaire, je continue de refuser plein de trucs aux patients, j'en perds pour ça, j'en gagne aussi, les nouveaux me correspondent plus. J'aime ce métier, profondément.

J'ai rencontré de belles personnes cette année. De belles amitiés. Des gens que j'ai plaisir à voir, plaisir à appeler, plaisir à lire. J'ai passé avec eux des moments merveilleux. Grâce à eux, je me suis souvenue qu'on pouvait rire de bon coeur, voire pleurer de rire. J'en croise certains toutes les semaines, pour d'autres, il faut que nous planifiions quelques week-ends. Twitter nous permet de rester en contact. J'espère que ça va durer parce que je les aime vraiment beaucoup.

Je reçois régulièrement des nouvelles d'Alibabette, chacun de ses messages me met du baume au coeur. Une amitié de 30 ans, quoi de plus beau? Quels que soient les évènements, les hommes, les peines qui traversent nos vies, elle est toujours là.

Mes parents vieillissent et c'est difficile d'être loin d'eux, le temps s'écoule inexorablement. Frère ne me parle plus et je ne vois pas comment nous pourrions renouer. Peut-être avons-nous besoin d'une pause, mais jusqu'à quand? Frérot viendra bientôt nous voir. La chambre d'amis est prête. J'ai hâte qu'il glande sur notre canapé.

La pluie ne me manque plus. Contrairement à l'odeur de la mer, le bruit des tempêtes et la froideur des embruns sur les joues dont je crois que je ne me ferai jamais à l'absence. 

Je sais maintenant où je me verrais bien vivre, après ici, plus tard, dans quelques années. Je n'en parle pas bien la langue, et j'y serai encore plus loin des miens. Mais MrPoilu et moi en avons discuté, c'est un peu plus qu'un rêve, ce pourrait bien devenir un projet.

 

Je me sens toujours seule et loin. Mais après un premier jour rempli par un immense bretzel sucré, une soupe à l'oignon avec plein de gruyère, un Retour du Roi regardé dans les bras du MrPoilu, des paquets de sms de voeux, du feu dans la cheminée, du champagne encore, j'ai pensé que cette année avait fort bien commencé.

 

 

Je voulais aussi vous remercier. Récemment, quelqu'un m'a dit "tu écris joli avec rien". Je dois dire que ça m'a blessée. Parce que ce n'est pas faux. Mais écrire rien, c'est un peu triste. Et inutile.

Et comme par hasard, alors que je songeais une fois de plus à arrêter ce blog, j'ai reçu plusieurs mails me remerciant, pour des raisons variées, d'écrire. Alors merci à vous, d'écrire, de lire, d'être là.

 

Je vous souhaite une bonne année 2013, en espérant que les vents vous soient favorables. Prenez soin de vous.

 

 

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Publié le 11 Décembre 2012

 

Je suis allée vider les déchets au compost. Il fait froid. Brrr. Je referme la porte-fenêtre et j'observe à travers elle les premiers flocons tomber dehors. On entend le vent secouer les plastiques qui protègent les fauteuils de jardin. Il fait bientôt nuit. Les guirlandes de Noël dans les jardins autour clignotent. Je caresse le chat qui s'est roulé sur mes pieds, il est mouillé alors je râle. Il s'en fiche. Moi pas. Je le laisse se rouler seul en ronronnant pour aller remettre une bûche dans le feu. Je m'allonge sur le canapé, j'étale la couverture grise en laine décorée de petits rennes sur mes pieds et j'attrape "Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag IIB". Je caresse la couverture. Le doux toucher me plait. Je retrouve le marque-pages fait hier avec un sachet de tisane vide.

J'aime le dessin qui me rappelle "Ici Même" offert par mon papa il y a bien longtemps. Ce n'était pas vraiment ce qu'on peut appeler un livre pour enfants. J'aime son trait de crayon, les dégradés de gris, le rouge tranchant des drapeaux nazis. Hier, je m'étais arrêtée parce qu'il était l'heure de préparer le dîner et surtout parce que c'était dur. Dur à lire.

Chaque case me fait sentir la faim, les poux, le froid, les odeurs, le désir d'évasion, la peur de la mort et l'incertitude sur l'avenir. La faim présente dans chaque case. Le désir d'évasion, les projets avortés, les maigres espoirs. La peur d'être le prochain à se prendre gratuitement une balle dans la tête. Le troc des vêtements pour contrer le froid. L'incertitude sur la fin de la guerre. L'incertitude sur le jour suivant. 

Dire que cette lecture me bouleverse est largement en dessous de la réalité. Et pourtant, je continue, avidement. Il me parle bien plus que "Putain de guerre". J'avais beau "savoir" que les prisonniers avaient été envoyés dans des camps, je ne savais pas vraiment. Et je ne sais toujours pas, comment imaginer ce que ça a pu être?

J'ai les larmes aux yeux en lisant par moments. Je pense à mon grand-père, je ne comprend pas qu'il en soit revenu vivant. Je ne comprends pas comment. Surtout après avoir lu le sort des prisonniers de certaines nationalités. J'aurais pu entendre ces histoires directement de sa bouche. Mais je n'ai pas eu le temps d'écouter ce que Casimir aurait pu raconter. Il est mort quand j'avais 5 ans. Trop tôt pour parler de tout ça. Alors j'envoie un mail à ma mère pour savoir ce qu'il nous reste, quelles traces possédons-nous encore.

Je referme le livre, l'histoire n'est pas terminée. Il y aura un autre tome. J'attendrai.

La réponse arrive le lendemain. Il ne reste rien de ces douloureux moments vécus par Casimir. Il restait des papiers, mais l'inondation a tout emporté. Les quelques cartes envoyées du camp, pré-remplies, pas de liberté là-dedans non plus, pour ne surtout pas y lire les conditions de détention loin d'être idéales. Le passeport. Ce passeport au prénom et au nom français, qui expliquent probablement qu'il en soit revenu. Ce prénom français qui sera celui du bébé d'après la guerre. Ce bébé qui est mort.

De l'histoire de Casimir, il ne reste donc rien. Ou pas grand chose. La tombe d'un enfant qui s'appelait René dans un cimetière du Nord. Un passeport peut-être échoué sur un bord de rivière ou dissout dans les eaux boueuses. Quelques anecdotes dans la tête de ma mère. Le fait que je sache qu'il parlait allemand, français, les signes etc. Le souvenir de ses yeux bleus, que je trouvais si tristes. Pas grand chose en fait.

Aujourd'hui, je souffle sur mon thé, je regarde par la fenêtre, il neige encore un peu. 

De Casimir, il ne me reste pas grand chose.

 

Alors j'attends la suite, Mr Tardi, j'attends. Impatiemment.

 

 

 

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Publié le 17 Octobre 2012

Je voulais publier un post "militant"... Ca aurait fait plaisir à Thomas Nenninger. Aujourd'hui, j'ai plutôt besoin de me souvenir qu'il y a de bons moments dans la vie qui compensent les mauvaises nouvelles. Les posts médicaux reprendront bientôt.

 

 

Assise sur les marches du Grand Palais, je lis. Il fait chaud. A cette heure-ci, l'escalier est à l'ombre. De temps en temps, je lève la tête pour regarder le ballet des gardes du corps et des servants en tenue devant le Petit Palais. J'étais quand même mieux sur le banc du parc d'en face, avec ce petit vent qui soufflait dans mon cou. Il y avait cette petite fille qui jouait et qui est venue me demander si je voulais être sa maman parce que la sienne à côté ne réagissait pas aux chatouilles. Pourquoi moi? J'ai souri, sa maman l'a attrapée et la petite a ri sous les guilis. Puis les maitres-chiens nous ont demandé de quitter le parc. Il semble que nous ayons été virés du parc pour un président. Les petites gens ne doivent pas encombrer les bancs quand les puissants sont en visite.

J'ai encore du temps devant moi. Je ne suis qu'à la moitié de Les dieux voyagent toujours incognito. Je le trouve moins agréable à lire que L'homme qui voulait être heureux. Mais chacun d'eux apporte des pistes vers de petits changements de vie. Ma poche vibre, Alibabette est en retard. Il a fallu que sa chef la retienne ce soir, justement ce soir. Elle me tient au courant en temps réel par SMS. Ce n'est pas grave, je suis bien. Malgré les touristes qui courent entre le Palais et les Champs, malgré les cris des touristes, les bruits des voitures, malgré les balaises qui surveillent que nous ne traversons pas la route pour aller attaquer un président qui n'est pas encore là, je me sens si détendue. Tellement bien.

Pour une fois, je suis venue pour moi, pour visiter, pour voir Paris. J'ai pris une pause.

Alibabette arrive presqu'en courant. Nous nous embrassons puis nous dirigeons vers l'entrée. Il faut monter le grand escalier. L'entrée est chère. On se raconte, on papote en virevoltant entre les photos. Il y en a peu que j'aime. Bien qu'elles soient techniquement très étudiées. Trop peut-être. Nous sommes en désaccord, comme d'habitude, sur les corps féminins. Elle les trouve rondes, je les trouve trop maigres. Mais il faut reconnaitre qu'elles ont des seins, un peu. Je vois tellement de corps imparfaits mais vivants par semaine que je suis toujours choquée des squelettes montrés comme idéaux.

J'ai préféré l'exposition Berthe Morisot à Marmottan visitée quelques heures auparavant. Je suis restée longtemps à me perdre dans ses peintures. L'impressionnisme, mes peintures préférées. Comment ne pas penser à Giverny en les regardant. J'y allais tous les six mois. Avant. Tout comme j'allais régulièrement au Musée des Beaux Arts de Rouen m'asseoir devant la Cathédrale de Monet, entre autres.

Nous ressortons du Palais, le président n'est pas encore arrivé. Pour nous, c'est l'heure d'aller manger. Elle me guide dans les allées du métro, je la suis. Quand nous ressortons à l'air libre, le quartier est très différent. Eclectique et hétéroclite. 

Après quelques minutes de marche, le style est plus bobo. Les restaurants plus chers aussi. Les terrasses sont pleines. Nous nous installons à l'intérieur. Il fait extrêmement chaud. Le mal de tête commence à monter. Va quand même pour le rosé. Le repas est copieux, très copieux. Mais le mal de tête devient insupportable alors nous rejoignons son appartement.

Le lendemain matin, nous nous séparerons, je rejoindrai le musée Branly pendant qu'elle ira travailler.


Je savoure ces moments passés. Ces bouffées d'oxygène en milieu pollué. Ces moments toujours trop courts.

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 3 Octobre 2012

Il y a des journées qui commencent tôt. Très tôt.

Il y a des journées où c'est difficile d'ouvrir les yeux, de sortir du lit.

Il y a des journées où ça miaule derrière la porte de la chambre, puis de la salle de bains, puis jusqu'à la cuisine. Et où ça ne se calme qu'une fois la gamelle de pâtée posée au sol.

Il y a des journées où la question "me lave-je les cheveux aujourd'hui?" ne se pose même pas, tant la fatigue est là.

Il y a des journées où, grâce à l'heure précoce, il n'y a pas trop de bouchons.

Il y a des journées où on attend plus d'une heure dans une salle d'attente pour apprendre que "la cornée montre une cicatrice, mmh les lentilles il faudrait voir mon collègue c'est lui le spécialiste, mmm pour la chirurgie réfractive attendez deux mois et voyez mon autre collègue c'est lui le spécialiste". Mais c'est cicatrisé, alors c'est bien.

Il y a des journées où le petit pain au chocolat qu'on mange avec faim est le meilleur, le plus fondant, le plus chocolaté du monde.

Il y a des journées où on se demande si on n'irait pas toucher quelques pianos, pour voir, pour écouter, pour acheter. Et puis non. On ira un autre jour, un jour où on aura le temps.

Il y a des journées où SuperSecrétaire sourit.

Il y a des journées où on n'a qu'une seule visite, alors on peut prendre son temps, écouter la litanie des plaintes, chercher ce qu'il y a derrière, avoir l'impression d'avoir trouvé, partir en regardant Lisette, le sourire enfin sur le visage, la main sur la porte, disant "au revoir docteur, à bientôt".

Il y a des journées où on a des nouvelles d'Alfred. Et merde, on aurait préféré ne pas en avoir en fait.

Il y a des journées où Jacques dit "merci, depuis que t'es là, les choses bougent, j'attendais ça depuis longtemps".

Il y a des journées où on reçoit enfin par mail des documents cherchés depuis des mois. Même s'ils ne résolvent pas le mystère de la location des ordinateurs.

Il y a des journées où on se rend compte que dans le tupperware sorti vite du congélateur le matin, il n'y a que des choux de bruxelles, sans viande, sans rien. Et où finalement on ouvre une boite de conserve.

Il y a des journées où on mange avec des gens qui deviennent des amis. Petit à petit. Et où on se goinfre de Crunch, alors qu'on n'aime pas ça. Normalement.

Il y a des journées où on n'a pas le temps de passer les coups de fils qu'on aurait dû. Parce que quelqu'un voulait être vu vite pour une douleur intolérable, qui finalement n'est déjà plus...

Il y a des journées où on promène entre une demie et une heure de retard tout l'après-midi et où quand on s'excuse, on entend "c'est pas grave", "au moins vous nous écoutez", "mais c'est rien, j'ai le temps". 

Il y a des journées où on avoue "non, je ne me rappelle pas le courrier du spécialiste vous concernant, attendez, je vais le relire".

Il y a des consultations qu'on termine vautré dans son fauteuil, pas si inconfortable finalement, à dire à un patient "je suis bien contente qu'on avance dans votre diabète" et le voir sourire.

Il y a des jours où on écoute Alex Clare avant de rentrer pendant que les FSE s'envoient.

Il y a des soirs où on rentre à la maison fatigué mais souriant.

Il y a des soirs où à la maison, ça sent bon, et où on entend "j'ai fait des knepfles, t'avais dit que t'aimerais en manger". Et où c'est pas les knepfles qu'on voudrait croquer.

Il y a des soirs où on fait du feu, pas vraiment parce qu'il fait froid, mais pour faire du feu. Et où ça ne prend pas. 

Il y a des soirs où on a l'impression d'être un portier pour chats.

Il y a des soirs où on tente de concentrer son esprit sur Arte, mais où l'esprit divague. Alors finalement on va se coucher.

Il y a des soirs où on s'endort avec l'impression d'avoir passé une bonne journée. L'impression d'avoir pansé ses blessures. Au moins partiellement.

Et c'est vrai.

 

 

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Publié le 17 Août 2012

De la fatigue. Beaucoup. Des réveils trop matinaux.

Des journées de boulot courtes mais trop longues.

Un grand manque de motivation.

Des posts en cours qui ne se finissent pas.

Des journées qui ne font toujours que 24 heures.

Des palpitations. Des cernes.

Des réflexions désagréables qui sortent seules de ma bouche.

Un gros besoin de vacances.

Une envie de fermer le blog.

 

 

Jachère [ʒaʃɛʀ]

Etat d'une terre qu'on ne cultive pas volontairement.

 


Mais.

Des piles de romans à lire.

Des travaux à finir.

Un autre blog en construction.

Un gros besoin de prendre soin de nous.

Un coup de fil important à passer.

Des morceaux à jouer.

Des week-ends en perspective.

Un projet, peut-être.

Un frère en vacances.

Un voyage en préparation.

 

 

Jachère [ʒaʃɛʀ]

Terre labourée qu'on laisse reposer.

 


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Publié le 9 Juillet 2012

Cette semaine, j'ai fait beaucoup de route pour passer une semaine fraiche et humide. J'ai acheté des pulls chez Armor Lux, j'ai eu du mal à faire sécher mes chaussettes et chaussures mais j'avais chaud à l'intérieur. J'ai bu et mangé plus que de raison, tout était délicieux. Et après tout, "quand l'horizon n'est pas net, reste à la buvette".

Cette semaine, j'ai retrouvé mes parents. Je regrette de ne pas les voir plus souvent. Nous avons passé des soirées à jouer au Chromino. Je les ai regardés jouer au Scrabble. J'ai vu MrPoilu exploser les scores et pour une fois, avoir une concurrente sérieuse en face, maman. J'ai fait des tisanes et sorti le whisky. J'ai pensé que Frérot aurait dû être là lui aussi, il nous manquait un mauvais joueur de plus.

Cette semaine, j'ai visité des fours à boulets. J'ai répondu à MrPoilu qui faisait remarquer qu'on pourrait y mettre papa qu'ils pourraient y aller ensemble, tant leurs blagues sont semblables.

Cette semaine, j'ai fêté mon anniversaire en avance avec de grand verres de champagne. J'ai acheté un maillot de bains très joli qui n'a pas servi. J'ai rempli ma valise de sardines en boîte et de farine de blé noir. J'ai discuté avec un peintre irlandais qui m'a dédicacé une aquarelle de la mer. J'ai acheté une ceinture en cuir rouge. J'ai tassé tout ça dans le petit coffre du coupé.

Cette semaine, en regardant des danses bretonnes, je me suis assise sur une bordure et j'ai posé ma tête sur l'épaule de MrPoilu, ma main sur sa cuisse, sa main sur la mienne.

Cette semaine, j'ai reçu un appel auquel je ne m'attendais pas et qui m'a agréablement surprise alors que je marchais dans les vents du Cap Fréhel les cheveux en bataille. C'est peut-être un heureux présage.

Cette semaine, affalés à la terrasse d'un bar à Carnac-Plage, pendant l'orage, j'ai écouté MrPoilu m'expliquer qu'une AudiA4 Allroad c'est une voiture de kéké parce que "c'est la version baroudeur et qu'est-ce que tu veux barouder avec ça?". Puis je lui ai rappelé qu'on n'a pas de gamins alors fantasmer sur une version 7 places du Kangoo, faudrait arrêter. Par contre, je pourrais céder sur l'installation d'un attache-remorques pour caler un porte-vélo ou tirer une remorque le samedi, pourquoi pas. Il a souri.

Cette semaine, j'ai écouté le Marathon des Mots sur France Culture et je n'ai pas tout compris. Cette radio vole parfois très haut.

Cette semaine, j'ai maudit les néerlandais qui se trompent, se mettent dans la file télépéage et coincent tout. Mais comme dirait MrPoilu, comment veux-tu qu'ils comprennent que le gros T ne veut pas dire Tulipe? Mouhahaha (va dans le four à boulets, j'ai dit)

Cette semaine, j'ai randonné alternativement sous le soleil ou la pluie et dans le vent en tenant la main de MrPoilu. Nous avons couru sous le même K-way tendu au-dessus de nos têtes, comme quand nous étions petits. Ca mouillait quand même, l'orage était violent, j'ai senti l'eau glaciale couler le long de mon dos jusque dans mon bermuda. Brrr. Nous avons testé l'étanchéité de nos chaussures en sautant dans les ruisseaux créés par l'orage. Nous nous sommes réchauffés au rhum arrangé à la Crêperie de l'Ilôt Saint-Michel puis nous sommes rentrés sous les grondements du tonnerre avant que les gouttes ne retombent.

Cette semaine, sur l'autoroute Le Mans-Paris, nous avons compté les Ferrari, Porsche, Mustang et autres voitures de compétition rentrant du circuit des 24 heures.

Cette semaine, j'ai découvert Saint-Malo à l'occasion d'un rassemblement de voiliers. J'ai revu avec plaisir le Dar Mlodziezy. Je suis grimpée en haut du château et une mouette a posé pour moi devant l'ilôt Chateaubriand. J'ai mangé une énorme glace abritée sous un parapluie.

Cette semaine, j'ai imaginé pourquoi certains ont dressé des menhirs et les ont alignés de façon presque parfaite sur des kilomètres. J'ai senti la force spirituelle de ces créations. J'ai pris des photos qui ne rendent pas compte de l'émotion ressentie face à ces gros cailloux.

Cette semaine, certains ont quitté le mobil-home sur des coups de tête et on se serait cru dans SecretStory : "si tu veux que Frère parte au 3ème jour pour une sombre histoire de sèche-linge, tape 1". Entre autres. C'était triste.

Cette semaine, j'ai tenu un petit Georges dans mes bras et j'ai bien aimé. Il était tellement petit et il avait si peu de cheveux. J'aurais pu le tenir des heures s'il n'y avait pas eu de galettes à manger.

Cette semaine, on s'est incrusté chez des gens qui n'ont pas arrêté de s'excuser alors qu'on était si contents de les voir, que la soirée était agréable et qu'on a si bien dormi. J'ai adoré regarder les granules tomber dans le feu. J'espère leur avoir assez dit qu'ils sont les bienvenus au pays du froid sec.

Cette semaine, en marchant sur la pointe d'Erquy, j'ai rêvé d'une autre vie. Une vie maritime, une vie dans une maison en granit, une vie à tailler des hortensias, une vie où les goélands remplaceraient les cigognes, une vie pluvieuse, une vie où je tiendrais un gîte et où j'accueillerais des classes vertes, ou un salon de thé, une vie à l'opposé, une vie idéalisée.

Et puis finalement, je suis montée dans la voiture. J'ai appuyé un peu fort sur l'accélérateur et me suis fait sermonner par MrPoilu parce que la voiture était froide et gnagnagna, mais j'étais énervée, je ne voulais pas rentrer. Sur la route, j'ai senti le poids des choses à faire revenir sur mes épaules. La liste dans ma tête est revenue. Petit à petit. Une cigogne a survolé la voiture.

En arrivant à la maison, il faisait si chaud que mes envies de feu et de bains se sont envolées. Dans la boîte aux lettres, un courrier urssaf m'attendait comme à chaque retour, un catalogue la redoute, des relevés bancaires, un rappel de facture de gdf... Vanille est venue tout de suite chercher des calins, Chocolat a mis plus de temps, boudeur, comme souvent. Les voisins nous ont invités pour une baignade dans la piscine, offre déclinée pour ranger la valise. 

Nous avons bu une bière sur la terrasse, ralentis par la chaleur, j'ai attrapé le téléphone et prévenu que nous étions bien rentrés. Fin des vacances.

 

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Publié le 5 Juin 2012

Se lever sous le soleil. Préparer le pique-nique. Envoyer l'homme chercher du pain. Gonfler les pneus. Déguster un petit pain au chocolat avec un Earl Grey. Faire avaler la vitamine K à Vanille. Remplir les sacoches avec le pain frais, l'eau et le pique-nique. Vérifier que la porte est bien fermée. Mettre le vélo dans l'auto, rouler sous le soleil. Jusqu'au bac. Se rappeler qu'on a laissé la crème solaire là on l'avait posée pour surtout ne pas l'oublier, raté, se satisfaire de la blouse à manche longue et du bob. Attendre l'arrivée du bac puis y monter. Il n'y a pas beaucoup de monde aujourd'hui. 

Poser le pied en Allemagne. Profiter des chemins du bord du Rhin. Sentir les muscles tirer pour la première balade de l'année. S'arrêter au bord d'un étang pour pique-niquer sur une table à l'ombre en écoutant les grenouilles qui coassent. Les faire fuire en essayant de les observer malgré la tentative de camouflage derrière les roseaux. Se reposer un peu dans le bourdonnement des insectes dans l'arbre au dessus. Ecouter les blagues de MrPoilu à propos des pêcheurs de l'autre côté de l'eau à 6 pour 2 cannes à pêche, mais avec des bières. Répondre au Hallo du gars venu promener son chien.

Repartir sous les nuages pour atteindre la boutique de fraises. Se faire klaxonner à un carrefour par un conducteur gêné de devoir attendre que nous ayons fini de traverser. Y arriver, épuisés. S'attabler, commander deux demi-litre de Weissbier avec une glace aux fraises, mit zwei Löffel. Répondre à la question posée par la serveuse en allemand, petite fierté déplacée vu la simplicité de ladite question. Tenir la main de l'homme en souriant. Sentir la Weiss couler dans la gorge, gouter les fraises, savourer la chantilly et se détendre. Puis aller à la boutique, se décider à ne pas aller chercher les fraises dans le champs mais plutôt acheter une barquette, ajouter des framboises et un schnaps de fraises. Glisser le tout dans les sacoches.

Repartir après avoir échangé les vélos, se rapprocher de l'autre pour attraper une framboise dans le panier, la faire fondre dans la bouche. Traverser le Rhin. Les derniers kilomètres sont les plus difficiles. Etaler la couverture et faire une pause à l'ombre. Se coller l'un contre l'autre malgré la chaleur.

Réussir à rentrer, enfin. N'avoir qu'une envie, s'étaler sur le canapé. Maudire silencieusement l'homme qui veut avancer la cabane de jardin. Devoir sortir la scie à onglets, couper pendant qu'il tient les poteaux. S'échapper pour scanner un document sur l'hyper-hydratation en marathon pour nfkb. S'apercevoir que lors de la dernière ré-installation du pc, le driver de scanner s'est envolé. Chercher le cd. Le glisser dans l'ordi. Aller tenir un poteau pendant que Mr Poilu visse. L'écouter râler sur la pluie prévue pour demain. Finir de scanner le document. Vouloir jouer à DJHero et finalement se retrouver à découper un plastique pour protéger la table basse. Mentionner délicatement au visseur fou qu'il serait temps d'arrêter pour que les voisins ne portent pas plainte. N'avoir plus le temps de Dj-ter.

Se rafraichir sous la douche. Marcher jusqu'à la tarte flambée, affamés. Etre vite calés, finalement. Rentrer déguster des fraises avec une tisane aux fraises. S'endormir devant la télé...

 

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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Publié le 23 Mai 2012

Samedi après-midi, le téléphone sonne, une voix de femme :

- Bonjour c'est l'institut JePipeauteLesQuestionEtLesRéponses, avez-vous 5 minutes à m'accorder?

- Oui

- Quel âge avez-vous?

- 30 ans

- Quel est votre prénom?

- Fluorette

- Alors première question : que fait le chef de famille comme travail?

- Je suis médecin

- Salarié?

- Non, libéral

- Bien, donc vous vivez seule.

- Non

- Mais vous m'avez dit que vous êtiez chef de famille et...

- Ben non, j'ai dit que j'étais médecin

- Vous vous considérez comme le chef de famille ou la maitresse de maison?

- Ni l'un ni l'autre, on bosse tous les deux et la maison est dégueulasse parce qu'on n'a pas le temps de nettoyer parce qu'on tra-vail-le!

- Oui mais vous êtes l'un ou l'autre

- Non, c'est des question d'il y a 50 ans ça

- C'est votre point de vue madame [Mode sarcasme enclenché] Donc que fait la maitresse de maison?

- Il repasse des billets de banque

- ...

- Il est dans la finance

- Bien, passons aux questions

 

 

Nous sommes en 2012.

Aujourd'hui, tu es une femme, tu es médecin, tu vis seule, tu es ton propre patron à la maison.

Aujourd'hui, tu es une femme, tu es médecin, tu vis avec un homme, c'est lui le patron à la maison.

La parité, mon oeil.


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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Publié le 10 Avril 2012

 

Ce week-end, j'ai pensé qu'il faudrait retourner randonner dans le Doubs. Et goûter du vin de paille.

Ce week-end, j'ai mangé du foie gras en buvant du champagne.

Ce week-end, quelqu'un m'a dit "j'aime beaucoup ce que tu écris" et ça m'a fait tout drôle venant de lui, j'ai dû paraitre super con.

Ce week-end, j'ai transformé ma voiture en boule de bouillasse roulante.

Ce week-end, une petite fille s'est assise à côté de moi et m'a dit "tu vois le garçon là-bas, il est bizarre" et moi je trouvais pas.

Ce week-end, j'ai aimé encore plus fort mon Lapin.

Ce week-end, j'ai pas fait semblant d'être quelqu'un d'autre, pour une fois, et c'était bon.

Ce week-end, on m'a parlé de la langue des signes et de politique.

Ce week-end, j'ai failli mourir de froid dans un musée, et c'est ma faute, j'avais qu'à pas oublier d'emporter des pantalons.

Ce week-end, je me suis extasiée devant une trousse d'urgence homéopathique et une machine à faire les suppos.

Ce week-end, j'ai fait plein de demi-tours.

Ce week-end, j'ai profité de tas de sourires et j'ai rempli mon coeur de souvenirs.

Ce week-end, j'ai regardé une petite lécher une vitre avec délectation.

Ce week-end, j'ai pensé qu'il y avait des installations pire que la mienne. Si si.

Ce week-end, j'ai de nouveau pensé que l'adoption par les couples homos devrait être autorisée.

Ce week-end, on a versé dans mon verre du Pernand-Vergelesses et j'ai adoré ça.

Ce week-end, j'ai eu des conversations dont je me rappelle plus (la faute au remplissage de verres) mais putain elles devaient être bien.

Ce week-end, un type en bermuda m'a impressionnée par son sourire.

Ce week-end, j'ai écouté FafLaRage dans la voiture, entre autres programmations lamentables.

Ce week-end, j'ai promis à une femme enceinte qu'on se reverrait. Et je le pense. Et j'ai hâte.

Ce week-end, j'ai compris que j'aurais pas dû écouter les gens qui me disaient qu'on peut faire ce métier n'importe où. N'importe où peut-être mais pas avec n'importe qui et pas avec n'importe quels patients.

Ce week-end, j'ai grandi. Un peu.

Ce week-end, j'ai traité de blonde une fille avec un implant qui le méritait pas, ou si peu :)

Ce week-end, pour la première fois depuis longtemps, j'ai eu mal nulle part et je me suis sentie bien. Enfin presque, parce qu'à force de manger, j'avais un peu mal au ventre.

Ce week-end, j'ai pas serré un grand Corse dans mes bras, et tant mieux, de toute façon, je suis sure qu'il pique avec sa barbe, pis il aurait mis de la morve sur mes fringues.

Ce week-end, j'ai dû mettre mes lunettes de soleil malgré la pluie pour cacher mes larmes.

Ce week-end comme j'avais pas assez mangé (mouhahaha), sur la route on s'est arrêté au McDo.

Ce week-end, j'ai soupiré très fort à la frontière alsacienne et on m'a demandé si ça allait. Et ça allait pas.

Ce week-end, quelqu'un m'a demandé si détacher ma ceinture pour enjamber les banquettes et fouiller le coffre c'était une envie ou vraiment un besoin et donc si ça valait la peine et je me suis dit qu'un jour il sera un bon papa.

Ce week-end j'ai ouvert la boite aux lettres pour trouver une enveloppe de l'urssaf que je n'ai pas ouverte.

Ce week-end, j'ai récupéré une Vanille blessée et un Chocolat boudeur.

Ce week-end j'ai été triste que Norbert soit éliminé alors je suis allée dormir.



 

 

Ce matin, je me suis sortie du lit pis je me suis douchée, j'ai fait un calin à ma Vanille boitillante et l'ai laissée se reposer sur le canapé, je suis montée dans la voiture, la douleur thoracique est réapparue, je me suis mise à pleurer, je me suis bénie de ne pas m'être maquillée, j'ai roulé jusqu'au cabinet où j'ai fait du thé en lisant un magazine people d'octobre 2011 concernant cette pauvre Pippa alors j'ai relativisé, et j'ai flippé devant la légèreté du planning du jour.

J'avais pas vraiment envie de faire mes visites mais j'y suis quand même allée.

 

 

Maintenant je mange du chocolat et je me demande vraiment ce que je fais là. Je regarde le planning qui est maintenant ultra-plein, je suis bien punie. Je suis rien qu'une grosse chochotte mais j'ai une méga-boule au ventre.

 

Ce week-end, c'était Pâques et c'était un peu trop bien par rapport aux autres jours. C'est dur de revenir.



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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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