Ce week-end

Publié le 10 Avril 2012

 

Ce week-end, j'ai pensé qu'il faudrait retourner randonner dans le Doubs. Et goûter du vin de paille.

Ce week-end, j'ai mangé du foie gras en buvant du champagne.

Ce week-end, quelqu'un m'a dit "j'aime beaucoup ce que tu écris" et ça m'a fait tout drôle venant de lui, j'ai dû paraitre super con.

Ce week-end, j'ai transformé ma voiture en boule de bouillasse roulante.

Ce week-end, une petite fille s'est assise à côté de moi et m'a dit "tu vois le garçon là-bas, il est bizarre" et moi je trouvais pas.

Ce week-end, j'ai aimé encore plus fort mon Lapin.

Ce week-end, j'ai pas fait semblant d'être quelqu'un d'autre, pour une fois, et c'était bon.

Ce week-end, on m'a parlé de la langue des signes et de politique.

Ce week-end, j'ai failli mourir de froid dans un musée, et c'est ma faute, j'avais qu'à pas oublier d'emporter des pantalons.

Ce week-end, je me suis extasiée devant une trousse d'urgence homéopathique et une machine à faire les suppos.

Ce week-end, j'ai fait plein de demi-tours.

Ce week-end, j'ai profité de tas de sourires et j'ai rempli mon coeur de souvenirs.

Ce week-end, j'ai regardé une petite lécher une vitre avec délectation.

Ce week-end, j'ai pensé qu'il y avait des installations pire que la mienne. Si si.

Ce week-end, j'ai de nouveau pensé que l'adoption par les couples homos devrait être autorisée.

Ce week-end, on a versé dans mon verre du Pernand-Vergelesses et j'ai adoré ça.

Ce week-end, j'ai eu des conversations dont je me rappelle plus (la faute au remplissage de verres) mais putain elles devaient être bien.

Ce week-end, un type en bermuda m'a impressionnée par son sourire.

Ce week-end, j'ai écouté FafLaRage dans la voiture, entre autres programmations lamentables.

Ce week-end, j'ai promis à une femme enceinte qu'on se reverrait. Et je le pense. Et j'ai hâte.

Ce week-end, j'ai compris que j'aurais pas dû écouter les gens qui me disaient qu'on peut faire ce métier n'importe où. N'importe où peut-être mais pas avec n'importe qui et pas avec n'importe quels patients.

Ce week-end, j'ai grandi. Un peu.

Ce week-end, j'ai traité de blonde une fille avec un implant qui le méritait pas, ou si peu :)

Ce week-end, pour la première fois depuis longtemps, j'ai eu mal nulle part et je me suis sentie bien. Enfin presque, parce qu'à force de manger, j'avais un peu mal au ventre.

Ce week-end, j'ai pas serré un grand Corse dans mes bras, et tant mieux, de toute façon, je suis sure qu'il pique avec sa barbe, pis il aurait mis de la morve sur mes fringues.

Ce week-end, j'ai dû mettre mes lunettes de soleil malgré la pluie pour cacher mes larmes.

Ce week-end comme j'avais pas assez mangé (mouhahaha), sur la route on s'est arrêté au McDo.

Ce week-end, j'ai soupiré très fort à la frontière alsacienne et on m'a demandé si ça allait. Et ça allait pas.

Ce week-end, quelqu'un m'a demandé si détacher ma ceinture pour enjamber les banquettes et fouiller le coffre c'était une envie ou vraiment un besoin et donc si ça valait la peine et je me suis dit qu'un jour il sera un bon papa.

Ce week-end j'ai ouvert la boite aux lettres pour trouver une enveloppe de l'urssaf que je n'ai pas ouverte.

Ce week-end, j'ai récupéré une Vanille blessée et un Chocolat boudeur.

Ce week-end j'ai été triste que Norbert soit éliminé alors je suis allée dormir.



 

 

Ce matin, je me suis sortie du lit pis je me suis douchée, j'ai fait un calin à ma Vanille boitillante et l'ai laissée se reposer sur le canapé, je suis montée dans la voiture, la douleur thoracique est réapparue, je me suis mise à pleurer, je me suis bénie de ne pas m'être maquillée, j'ai roulé jusqu'au cabinet où j'ai fait du thé en lisant un magazine people d'octobre 2011 concernant cette pauvre Pippa alors j'ai relativisé, et j'ai flippé devant la légèreté du planning du jour.

J'avais pas vraiment envie de faire mes visites mais j'y suis quand même allée.

 

 

Maintenant je mange du chocolat et je me demande vraiment ce que je fais là. Je regarde le planning qui est maintenant ultra-plein, je suis bien punie. Je suis rien qu'une grosse chochotte mais j'ai une méga-boule au ventre.

 

Ce week-end, c'était Pâques et c'était un peu trop bien par rapport aux autres jours. C'est dur de revenir.



Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Frichi 10/04/2012

Ce Week-End, j'ai repassé, cousu, tricoté
Ce Week-End, j'ai puni mes fils, deux fois
Ce Week-End, j'ai fait une mise en scene avec des lapins en chocolat dans le jardin et il se sont fait écrabouillé en moins de deux
Ce Week-End, j'ai mangé n'importe quoi et surtout pas des fruits et des légumes
Ce Week-End, j'étais fatiguée, moralement
et ce matin j'étais contente d'aller travailler, j'ai eu une journée de dingue, des patients très patients et gentils, compréhensifs, deux docs de mauvais poils mais qui se sont vites calmés (ça
doit être quand ils m'ont vu ^^)

J'espère que tu vas te souvenir de ce bon WE (oui il n'y a eu qu'un bon WE) et que tout va bien aller, très vite (et pi si ça se trouve la lettre que tu n'as pas ouverte, c'était de la pub)

Valérie de haute Savoie 11/04/2012

Mais tu ne peux pas quitter cette région dans laquelle tu es si malheureuse ? La vie est si courte Fluorette, cela me fait de la peine de lire ta tristesse.

BabydOoc 11/04/2012

Je sais pas si ça t'as enlevé une partie de ta boule au ventre mais en te lisant j'ai l'impression que tu m'en as donné un peu. C'est peu être juste une boule au ventre contagieuse :)
J'espère que tu arrives quand même à avoir un peu de plaisirs ou de bon moments "rémanents" qui permettent de tenir le coup pour les moments pas drôles.
Il semble exister un lieu où, et des gens avec qui tu es 100% bien. Préserve le, profites-en, je n'ai pas d'endroit comme ça actuellement et c'est dur.

Heidi70 11/04/2012

On ne se connaît pas, mais je te lis depuis quelques temps avec plaisir... et j'ai une boule au ventre à lire les soucis de santé de ton chat, ton mal-être dans ce cabinet, cette région...
Alors, j'ai juste envie de t'envoyer plein d'ondes positives de ma Suisse (pas si) lointaine..

Cloeliae 15/04/2012

Chaque fois, chaque fois, c'est pareil! Je lis et j'ai les boules. Je me retrouve 15 ans en arrière, avec les mêmes sentiments que les tiens, sur le quai de la gare à Lyon pour prendre ma
correspondance vers Mulhouse. Du vide. De la solitude. De la tristesse. Et je n'y suis restée que deux ans !
Puis la vague se retire...
Il doit en être de même pour toi, et c'est d'ailleurs ce que montre ce post : le bon et le moins bon alternent, le bon permet de passer le moins bon.