S'échapper

Publié le 17 Octobre 2012

Je voulais publier un post "militant"... Ca aurait fait plaisir à Thomas Nenninger. Aujourd'hui, j'ai plutôt besoin de me souvenir qu'il y a de bons moments dans la vie qui compensent les mauvaises nouvelles. Les posts médicaux reprendront bientôt.

 

 

Assise sur les marches du Grand Palais, je lis. Il fait chaud. A cette heure-ci, l'escalier est à l'ombre. De temps en temps, je lève la tête pour regarder le ballet des gardes du corps et des servants en tenue devant le Petit Palais. J'étais quand même mieux sur le banc du parc d'en face, avec ce petit vent qui soufflait dans mon cou. Il y avait cette petite fille qui jouait et qui est venue me demander si je voulais être sa maman parce que la sienne à côté ne réagissait pas aux chatouilles. Pourquoi moi? J'ai souri, sa maman l'a attrapée et la petite a ri sous les guilis. Puis les maitres-chiens nous ont demandé de quitter le parc. Il semble que nous ayons été virés du parc pour un président. Les petites gens ne doivent pas encombrer les bancs quand les puissants sont en visite.

J'ai encore du temps devant moi. Je ne suis qu'à la moitié de Les dieux voyagent toujours incognito. Je le trouve moins agréable à lire que L'homme qui voulait être heureux. Mais chacun d'eux apporte des pistes vers de petits changements de vie. Ma poche vibre, Alibabette est en retard. Il a fallu que sa chef la retienne ce soir, justement ce soir. Elle me tient au courant en temps réel par SMS. Ce n'est pas grave, je suis bien. Malgré les touristes qui courent entre le Palais et les Champs, malgré les cris des touristes, les bruits des voitures, malgré les balaises qui surveillent que nous ne traversons pas la route pour aller attaquer un président qui n'est pas encore là, je me sens si détendue. Tellement bien.

Pour une fois, je suis venue pour moi, pour visiter, pour voir Paris. J'ai pris une pause.

Alibabette arrive presqu'en courant. Nous nous embrassons puis nous dirigeons vers l'entrée. Il faut monter le grand escalier. L'entrée est chère. On se raconte, on papote en virevoltant entre les photos. Il y en a peu que j'aime. Bien qu'elles soient techniquement très étudiées. Trop peut-être. Nous sommes en désaccord, comme d'habitude, sur les corps féminins. Elle les trouve rondes, je les trouve trop maigres. Mais il faut reconnaitre qu'elles ont des seins, un peu. Je vois tellement de corps imparfaits mais vivants par semaine que je suis toujours choquée des squelettes montrés comme idéaux.

J'ai préféré l'exposition Berthe Morisot à Marmottan visitée quelques heures auparavant. Je suis restée longtemps à me perdre dans ses peintures. L'impressionnisme, mes peintures préférées. Comment ne pas penser à Giverny en les regardant. J'y allais tous les six mois. Avant. Tout comme j'allais régulièrement au Musée des Beaux Arts de Rouen m'asseoir devant la Cathédrale de Monet, entre autres.

Nous ressortons du Palais, le président n'est pas encore arrivé. Pour nous, c'est l'heure d'aller manger. Elle me guide dans les allées du métro, je la suis. Quand nous ressortons à l'air libre, le quartier est très différent. Eclectique et hétéroclite. 

Après quelques minutes de marche, le style est plus bobo. Les restaurants plus chers aussi. Les terrasses sont pleines. Nous nous installons à l'intérieur. Il fait extrêmement chaud. Le mal de tête commence à monter. Va quand même pour le rosé. Le repas est copieux, très copieux. Mais le mal de tête devient insupportable alors nous rejoignons son appartement.

Le lendemain matin, nous nous séparerons, je rejoindrai le musée Branly pendant qu'elle ira travailler.


Je savoure ces moments passés. Ces bouffées d'oxygène en milieu pollué. Ces moments toujours trop courts.

 

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Narguiléman 05/12/2012 13:00

Très bon texte, ça me donne envie d'y aller, moi qui n'y est jamais mis les pieds là-bas

Marotte 20/10/2012 11:12

Bonjour ! J'ai découvert depuis peu vos blogs aux uns et aux autres, riches d'enseignements ( je ne suis qu'une patiente souvent impatiente...),votre visite de l'expo avec Berthe Morisot,je viens
de mettre "Le berceau" en fond d'écran, cette détente bienfaisante prise à Paris, je vais faire des efforts avec mon généraliste...Je vais continuer à vous lire tous.

Fluorette 24/10/2012 09:12



J'aime beaucoup Berthe Morisot. Le Berceau est une belle vision de la maternité.



nfkb 19/10/2012 16:20

Du rosé ??? écrire et surtout boire des trucs pareils !! mais quelle idée !!! Va pour les MikadoTropChic bidule, mais du rosé... ;)

Fluorette 24/10/2012 09:12



Si tu viens là un jour, je t'en ferai gouter un bon. Un Pinot noir aussi, c'est comme un rosé, ça accompagne très bien une tarte flambée!



demoisellelibellule 19/10/2012 01:58

Pouvoir savourer chaque instant de douceur, de plaisir est une belle qualité. J'ai lu "les nymphéas noirs" qui est un polar mais surtout une belle promenade dans Giverny

Fluorette 24/10/2012 09:13



Je ne connais pas ce livre, j'essairai de le trouver :)



Marine 18/10/2012 09:35

Paris c'est bien ... mais surtout en vacances , en week-end !
Merci de nous rappeler qu'il y a aussi du bon à vivre par-là ...

Fluorette 24/10/2012 09:13



Je n'arriverai pas à y vivre, mais c'est bien agréable d'y passer