Rire

Publié le 24 Février 2016

Rire

Rire.

De tout.

Mais surtout des autres.

De leur souffrance.

Les mettre tous dans le même sac, la caste des connards nantis.

Dénigrer leur amour du métier, leurs capacités, leurs connaissances.

Méconnaître leur exercice.

Leur expliquer qu’ils devraient être contents.

Savoir mieux qu'eux combien de temps dure une consultation et combien ils gagnent.

Justifier ce dédain par des moyennes de chiffre, quand la médiane serait un meilleur argument.

Mais oublier les chiffres des burn-outs, des suicides.

Faire la promotion de l'éthique médicale.

Oublier la définition de l'éthique tout court.

Ignorer l’épuisement qui découle des exigences des patients, des clients, des usagers, on ne sait finalement plus comment les appeler tant la relation s’est faussée.

Rire de l’affiche de celui qui souffre de ne plus faire de la médecine, mais qui n’est plus que le tampon écrasé entre les désirs des uns et les menaces des caisses.

Mépriser ce qui peut conduire à en arriver là.

Le nier.

Rire.

Rédigé par Fluorette

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Abaq 19/10/2016 21:21

Bonjour,

Tout cela confirme la complexité du métier des professionnels de santé et l'évolution des relations entre les soignants et les soignés.

Bonne journée. .

Vincent 12/05/2016 23:57

Le quotidien des professionnels de la santé est difficile. Les patients se sentant le plus souvent mal sont dans l'incapacité de comprendre le travail de ces professionnels et peuvent même le dévaloriser. Mieux vaut en rire comme vous dites mais ce n'est pas si facile. Le mal-être des médecins, des infirmières ou encore du personnel hospitalier devrait alerter.

Anonyme 24/02/2016 10:15

Il y a des gens, en effet, qui se font un plaisir de nous apprendre la vie, toujours, tout le temps.
Qui savent mieux que nous ce que nous vivons.
Qui connaissent mieux les couloirs du CHU que l'interne qui y passe ses nuits.
Qui connaissent mieux les salles d'attente des MG que les patients et les MG eux-mêmes.
Qui connaissent mieux la rémunération en fin de mois, parce qu'elle est forcément au sommet de la courbe de Gauss.
Qui connaissent mieux la situation dans les déserts médicaux, mieux que ceux qui la subissent.

Qui sont comme nous, mais mieux en tout point.
Laissons les s'amuser de nous, nous nous amusons aussi d'eux, il faut bien le dire.