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        <title><![CDATA[Promenade de santé]]></title>
        <link>http://fluorette.over-blog.com/</link>
        <description><![CDATA[]]></description>
                  <item>
            <title><![CDATA[Adélaïde, 95 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/ad%C3%A9la%C3%AFde-95-ans</link>
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            <pubDate>Tue, 14 May 2013 07:24:56 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-text">
    <div class="ob-text">
        <p>Nous sommes assises dans sa cuisine. Il y a trop de choses sur la table, j&#039;ai dû me faire une petite place pour poser mes affaires. Elle m&#039;explique que les douleurs sont là, un peu plus fortes que le mois dernier. Elle pense que c&#039;est le temps. Nous savons toutes les deux que ces douleurs ne la gênent pas tant que ça, en grande partie parce qu&#039;elle ne s&#039;écoute pas. Quand je suis arrivée elle nettoyait le perron à grande eau. Il fait un peu froid dans cette cuisine, elle vient d&#039;aérer, elle m&#039;a déjà expliqué une des fois précédentes que c&#039;est grâce à tout ça qu&#039;elle est encore là. L&#039;aération, l&#039;activité, le secret de la vieillesse en bonne forme...</p><p>Je souris et avant que je lui réponde, elle enchaîne &quot;mais nous n&#039;allons rien faire, hein&quot;. Je confirme. Et j&#039;ajoute que j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;elle s&#039;est voûtée cet hiver, plus qu&#039;avant et que c&#039;est assez logique qu&#039;elle ait mal. Ça doit sacrément se tasser dans ses vertèbres. Elle poursuit, non elle n&#039;est pas allée chez le cardiologue même si elle m&#039;avait promis qu&#039;elle irait au printemps, de toute façon pour quoi faire, elle pense que je gère tout ça très bien. J&#039;ai peu d&#039;arguments à lui opposer...</p><p>Elle me dit qu&#039;elle est fatiguée. Elle répète plusieurs fois qu&#039;elle est vieille. Et bientôt plus encore car son anniversaire approche. Dans un sourire, elle me glisse qu&#039;elle aimerait mourir dans son sommeil. Elle me demande ce que j&#039;en pense, si ce serait mieux comme ça. Je bredouille un oui, ça serait mieux, je me sens un peu con face à cette question. Elle poursuit, mourir elle y pense, elle sait que ça va venir, elle a vécu assez longtemps, ça l&#039;embêterait bien d&#039;aller à l&#039;hôpital. Elle change de sujet et me raconte les derniers potins du village.</p><p>Quand je sors de chez elle, je regarde le ciel. Oui, elle va mourir. Et si je crois qu&#039;elle fêtera son prochain anniversaire, je ne pense pas qu&#039;elle verra le suivant. Quel que soit le moment où ça arrivera, j&#039;espère que ce sera comme elle le souhaite.</p><p></p><p></p>
    </div>
</div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Funambule]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-funambule-116928561.html</link>
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            <pubDate>Tue, 16 Apr 2013 08:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Lundi matin. Habituellement, quand j'arrive, à 7h30, le planning est plein. Alors j'ouvre les créneaux réservés pour la prise de rendez-vous le jour-même. Et je
    croise les doigts pour ne pas devoir ouvrir des créneaux supplémentaires, pour de prétendues urgences, ou de vraies urgences, enfin je croise surtout pour que ça ne soit pas le bordel en
    fait.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Oui habituellement c'est comme ça, mais pas ce matin. Ce matin, il reste plein de places. Et fourbement, l'angoisse s'insinue. Je la chasse en enchainant les
    automatismes : mettre l'eau dans la bouilloire, appuyer sur le bouton, aller ouvrir mon cabinet, lancer l'ordinateur, revenir verser l'eau sur le thé, retourner à mon bureau, allumer les lampes,
    cliquer sur Firefox, souffler sur le thé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le logiciel me dit qu'il faut renouveler l'ALD* de Mme Bidule. C'est bizarre, je ne me rappelle plus Mme Bidule. Alors je vais sur le site de l'assurance maladie et
    je m'aperçois que non seulement Mme Bidule n'est effectivement plus suivie par moi mais que la liste des patients m'ayant déclaré comme médecin traitant est un peu moins longue que la dernière
    fois que je l'ai regardée. Vraiment juste un peu, mais quand même.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Certains jours où il a moins de boulot, je parviens à me détendre et à rentrer plus tôt à la maison. Oui, d</span><span style=
    "font-size: 13.63636302947998px;">'autres jours, je m'en tamponnerais bien fort.</span><span style="font-size: 13.63636302947998px;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">Mais aujourd'hui,
    l'angoisse monte.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je respire lentement. Je bois mon thé. Et je commence ma matinée. Ca se remplit doucement. Mais pas très vite, c'est étrange. Pour une fois, je mange à une heure
    décente. Et après j'ai le temps de lire les courriers.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Déjà, la fin de semaine dernière n'était pas particulièrement active, vingt patients par jour. J'avais mis ça sur le dos de la fin des épidémies. Mais si ça se
    poursuit...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Si ça se poursuit, je ne pourrai plus rembourser ce cabinet, je vois déjà les huissiers arriver et saisir le cabinet, notre maison etc. Si ça se poursuit, c'est
    peut-être parce que je suis trop rigide, que je refuse trop de choses, que je ne cire pas assez les pompes des gens...</span> <span style="font-size: 13px;">J'imagine un article dans le canard
    local sur ce médecin pas assez sympathique, qui refusait tant de choses et qui a fait faillite. Et d'ailleurs le journal de 13h de TF1 viendrait faire un reportage dans notre montagne pour
    montrer que si les médecins se plantent c'est parce qu'ils ne travaillent pas assez etc...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">Ca y est, le point dans la poitrine est là.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 13px;">Il y a des jours comme ça où quand je ferme les yeux, je me demande s'il ne serait pas plus simple de mettre mes principes dans un
    sac et de le jeter loin,</span><span style="font-size: 13px;">&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">de faire des consultations de 5 minutes</span>&nbsp;<span style="font-size: 13px;">dans
    le couloir</span><span style="font-size: 13px;">, de reconvoquer à tour de bras,&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">de m'excuser tout le temps parce que je suis en retard de 2 minutes
    avec un ton mielleux, d'</span><span style="font-size: 13px;">acquiescer à tout ce qu'on me demande, de me plaindre auprès de la secrétaire de la somme faramineuse que je paie comme impôts
    pendant que je téléphonerai à l'agent immobilier qui s'occuperait de mon dernier achat d'appartement, je pourrais acheter cette voiture qui me plait tant</span><span style="font-size: 13px;">. Je
    rentrerais plus tôt, je gagnerais bien mieux ma vie, et peut-être serais-je moins fatiguée...</span></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 13px;">Je délire là, j'ai besoin d'air, j'attrape ma malette, ça me change les idées de parcourir les routes. Chez Martine, j'appelle un spécialiste pour un avis sur son
    épaule. Avec Hortense, nous prenons le temps d'observer les oiseaux qui nidifient par la fenêtre du salon. Je vadrouille, chez Georges je fais un pansement, chez Fernand je compte des boites de
    médicaments restant dans un placard de salle de bains, etc. Puis, j'arrive chez&nbsp;</span><a style="font-size: 13px;" href=
    "http://fluorette.over-blog.com/article-germaine-86-ans-100114363.html">Germaine</a><span style="font-size: 13px;">. Et quand on a presque fini et que je vais partir, elle&nbsp;attrape ma main et
    me dit "j'aime bien comme vous faites, que vous preniez votre temps et j'aime bien que vous ne veniez pas sans que je vous le demande, pas comme certains". Elle me regarde de ces yeux qui ne
    voient plus en souriant, et ajoute "mais si, vous voyez très bien de qui je parle, et vous n'êtes pas comme ça". Je pars avec un peu moins de poids sur ma poitrine.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 13px;"><span style="font-size: 13px;">Comme il serait facile de basculer en fait, d'abandonner cette envie de bien faire, d'arrêter de lire Prescrire et Médecine, de faire
    du chiffre... si mes foutus principes ne se rappelaient pas à moi en permanence.&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">Comme j'aime qu'ils m'empêchent d'avoir envie de defiscaliser à tout-va
    et de m'entrainer dans une spirale infernale. Comme j'ai de la chance d'avoir des Germaine qui me rappellent où se situe le bon chemin, celui qui me correspond en fait.**</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">Le soir, avant de fermer l'ordinateur, finalement je m'aperçois qu'aujourd'hui j'ai vu 30 patients. Trente en prenant mon temps, et en ayant l'impression de ne rien
    faire. C'est fou, pour une fois.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12.727272033691406px;">Je me demande si un jour, j'arriverai à me séparer de cette ambivalence entre le désir de bien faire mon travail et le besoin de gagner ma croute,
    entre les charges qui montent et le C qui reste à 23. Entre l'envie de garder mes principes et la peur que les patients partent à cause de ça. Entre ce souhait d'en voir 20 à 25 par jour mais
    bien, en prenant son temps, et ce fait d'en voir 37, trop vite, parce que la secrétaire n'a pas réussi à les caser autrement. Entre cette impression de faire son maximum et les reproches de
    patients qui pensent que je ne suis pas assez disponible, pas assez présente. Entre ce souhait de satisfaire leurs demandes en bossant plus et mon besoin de me protéger et de passer du temps avec
    MrPoilu. Entre cette envie de prendre un collaborateur et cette peur qu'après avoir majoré l'activité du fait de sa présence, il me plante. Entre ce plaisir de faire ce métier et la déception
    face à un avenir plus qu'incertain à cause de politiques de santé dénigrant les médecins généralistes et les patients.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12.727272033691406px;">Pour le moment, je suis à l'équilibre mais je marche sur un fil fragile. Un fil duquel je pourrais facilement tomber. Un fil que d'autres liment,
    doucement, depuis leurs tours d'ivoire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">* ALD : affection de longue durée, autrement appelé "cent pour cent", car maladies au long cours, graves, prises en charge à 100% par l'assurance maladie.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">** J'insiste là-dessus, c'est ce qui me correspond, à moi. D'autres travaillent différemment, plus vite, moins vite, chacun trouve sa façon de travailler. Il faut
    juste être en accord avec soi-même.</span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Un petit baluchon]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-un-petit-baluchon-116535497.html</link>
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            <pubDate>Tue, 26 Mar 2013 08:47:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Elle s'est posée dans le jardin. Elle ne bouge pas. Je l'observe à travers la vitre. Il fait encore si froid dehors, il doit encore neiger demain, ça rend les chats
    complètement fous. Je me demande où ils sont d'ailleurs, j'essaie de me souvenir s'ils sont rentrés ou sortis la dernière fois qu'ils m'ont fait ouvrir la baie vitrée, à force je suis perdue. Je
    crois qu'ils sont rentrés, ils doivent être étalés quelque part.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Elle parait fausse tant elle reste figée. J'ai l'impression qu'elle me regarde. Elle me surveille, elle se méfie. Elle est si grande, ses pattes rouges tendues au
    point qu'il semble qu'elles vont se plier dans l'autre sens, ses plumes blanches bordées de ce beau liseré noir, ce si long bec rouge. Que fait-elle ici, si près des maisons? Elle est grande
    comme toutes celles de son espèce mais semble assez maigre après ce long hiver, trop long pour celles qui ne sont pas parties. Il est grand temps que le soleil revienne, les bulbes ont déjà
    commencé à pousser. MrPoilu les surveille, il craint qu'ils n'aient été trop optimistes et qu'un coup de gel empêche leur floraison.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Toi et tes congénères ne venez habituellement pas dans nos jardins, alors pourquoi le mien, pourquoi ce matin?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je sais depuis peu, Cigogne, que tu n'apporteras probablement jamais aucun baluchon dans cette maison. Avais-tu vraiment besoin de venir me le rappeler ce
    matin?</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Bérénice, 33 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-berenice-33-ans-115933252.html</link>
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            <pubDate>Mon, 18 Mar 2013 08:00:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana, geneva;">Elle vient consulter pour a une bricole. Pas grand chose. Un nez qui coule. Elle sourit beaucoup et semble sur un nuage. Quand elle
    ôte son T-shirt, je vois la rondeur débutante de son bas-ventre.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana, geneva;">Je lui demande "alors vous l'avez gardé?". Oui oui, elle l'a gardé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana, geneva;">Malgré le choc du début, quand elle était arrivée dans mon bureau, son retard de règles et son angoisse sous le bras. Elle n'avait pas
    de contraception, après ses échecs d'essais bébé avec le précédent. Elle se remettait doucement de cette histoire tristement terminée. Elle profitait de la vie, pas vraiment seule mais pas
    vraiment accompagnée non plus. Son boulot n'était pas idéal. Ses finances non plus. Il y avait encore les travaux et la poussière à la maison. Elle énumérait lentement&nbsp;</span><span style=
    "font-family: verdana, geneva; font-size: 13px;">tous ces arguments contre une grossesse</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 10pt;">. J'avais conseillé de temporiser et
    prescrit une échographie.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 10pt;">Elle était</span> <span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 10pt;">revenue déballer tout ça, m'apportant la photo d'un
    petit haricot dans une pochette.</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 10pt;">Elle voulait que je
    lui donne une réponse qu'elle seule pouvait trouver. Je lui avais exposé les possibilités, elle m'avait posé des tas de questions. Il y avait eu beaucoup de silences. Et puis je m'étais permis de
    lui dire qu'elle n'avait jamais semblé aussi heureuse. Elle était repartie, toujours u</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 13px;">n peu paumée, indécise, mais
    rayonnante.</span><span style="font-family: verdana, geneva; font-size: 13px;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana, geneva;">Aujourd'hui elle est seule, Il est parti. Elle a choisi, elle aura un enfant toute seule.&nbsp;Elle semble bien entourée.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: verdana, geneva;">Une petite graine pousse tranquillement. Et sa maman a un sourire lumineux.</span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Le capitaine]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-le-capitaine-116089848.html</link>
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            <pubDate>Mon, 11 Mar 2013 16:15:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="color: #000000; font-family: verdana, geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Les rayons du soleil de mars traversent le rideau pour tenter d'ouvrir mes paupières. Ça fait déjà un
    petit moment que je lutte contre mais cette fois-ci je ne me rendormirai pas, le soleil a gagné. Je m'assois, encore un peu ensommeillée. J'ai terriblement bien dormi. J'ai un peu mal au dos.
    J'enfile un pantalon et un gilet, j'ouvre les rideaux.&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-family: verdana, geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Quand je sors de la chambre, l'odeur du café titille mes narines. Malo boit un café en lisant le
    journal. Il est allé acheter des petits pains. C'est un lève-tôt, j'ai regardé ma montre quand je l'ai entendu partir ce matin. Il me demande si je veux du café et, devant mon refus, remplit la
    bouilloire et la met en marche. Il me dit "choisis ce que tu veux comme thé, je vais réveiller LeCorse". Je choisis un «&nbsp;thé des légendes&nbsp;» qui semble olfactivement prometteur et je
    verse l'eau chaude. Je retourne dans la salle qui est à cette heure-ci bien plus lumineuse que la cuisine et m'approche de la fenêtre pour regarder les tourelles du château sur la droite. Je
    tourne doucement la tête, le jardin est parsemé de taupinières, les arbres n'ont pas encore de feuilles. Il reste quelques poireaux dans le potager. Le chat sautille dans l'herbe, paraissant gêné
    par la rosée. C'est à ce moment que je l'aperçois au fond du jardin d'à côté. Il porte un pull bleu marine. Ses cheveux sont en bataille. Il a posé une main sur une barrière, son regard porte
    loin, vers l'horizon. Il semble être un capitaine de navire qui, au jour levant, chercherait du regard une côte éventuelle. Il porterait un chapeau sur la tête et une longue-vue à sa ceinture. Il
    manquerait un bouton à sa redingote et écartant cette dernière pour se gratter le flan, il dévoilerait un long poignard. Les matelots s'activeraient autour de lui pour ranger les cordes sur le
    pont et retendre les voiles, il resterait imperturbable, ne perdant pas de vue son objectif&nbsp;: découvrir une nouvelle terre riche d'or et de découvertes sans oublier de perdre le moins
    possible d'hommes d'équipage pendant l'expédition. Ne voyant toujours pas la terre espérée apparaître, il froncerait les sourcils en pensant aux réserves de vivres qui deviendraient bientôt
    insuffisantes et...</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">- Alors ça va, bien dormi&nbsp;?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-family: verdana, geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Je me retourne en souriant. LeCorse est levé.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">- Très bien et toi&nbsp;?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">- Pas vraiment.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: verdana, geneva;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: 10pt;">Ses petits yeux confirment ses dires.&nbsp;</span></span><span style=
    "font-size: small;">Il s'assoit et semble dormir encore.&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">- Dis, je regardais ton voisin, il est un peu étrange non&nbsp;?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">- Oui, il était couvreur, il est tombé d'un toit un jour et sa tête a cogné. Il était peut-être déjà bizarre avant mais là...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-family: verdana, geneva;"><span style="font-size: 10pt;">Je me rappelle le thé mis à infuser, depuis trop longtemps. Je l'apporte sur la table.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000; font-family: verdana, geneva;"><span style="font-size: 10pt;">- Tu veux un petit pain, Fluo&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">Bien sûr, manger, je suis toujours d'accord. Je m'attable et je tartine un morceau de pain de gelée de pommes à la vanille. Malo se
    ressert un café.</span><br>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">Après le petit-déjeuner, je regarderai à nouveau dehors. Le capitaine ne sera plus là, parti pour de nouvelles explorations.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">&nbsp;</span><br>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;">Heureux les fous, ils transcendent la lumière.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small; font-family: verdana, geneva;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Muguette, 92 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-muguette-92-ans-115594519.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-muguette-92-ans-115594519.html</guid>
            <pubDate>Fri, 08 Mar 2013 07:00:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Muguette, 92 ans, vient consulter au cabinet. Muguette est très voutée, abimée par les années, mais elle dégage une grande force de caractère. Elle ne se plaint pas
    souvent. Elle est parfois un peu essoufflée, je pense que c'est de l'asthme. En refaisant le point sur la liste des médicaments, je lui demande si elle prend toujours le Diskus prescrit il y a
    quelques mois et qui avait eu une bonne efficacité au début. Elle dit qu'elle l'utilise, mais "ça ne fonctionne pas votre bazar, et ça n'a aucune goût". Bon. Je continue, on reprend chaque
    traitement un par un, rien ne semble inutile, je note un nouveau Diskus et puis voilà. Une consultation facile, me dis-je.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Deux semaines plus tard, le fils de Muguette téléphone. Son mari a eu une grosse bronchite et là, Muguette semble l'avoir attrapée, mais ça fait huit jours et ça ne
    s'arrange pas. Pour une fois, c'est moi qui fais le déplacement. A l'arrivée, Muguette ne se plaint pas. Mais à l'auscultation c'est le drame, ça sibile partout. Je demande à son fils d'apporter
    l'appareil, je voudrais être sure qu'elle l'utilise correctement. J'avais pensé qu'avec ses doigts si déformés par l'arthrose, ce système serait le plus facile, mais peut-être que je me suis
    trompée. Elle me montre, elle clipse tout bien comme il faut, elle respire et elle me dit "vraiment ça ne fonctionne pas".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'attrape l'inhalateur et j'aperçois dans la fenêtre montrant le nombre de dose restantes un zéro. Rouge. Le nouveau Diskus prescrit il y a quinze jour est dans le
    placard. J'avais oublié qu'ils ont lutté toute leur vie pour faire des économies et ne pas gaspiller.&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">On ne change pas quelque chose qui fonctionne
    encore en apparence au moins. Celui-ci est peut-être vide depuis des mois.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Son fils me dit "oh mais on n'a pas regardé et en plus ils l'utilisent tous les deux..." en m'apportant le nouvel inhalateur. Muguette respire dedans et me dit "ah
    oui, là ça fonctionne". Quelques minutes après, elle se sent déjà mieux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il faut toujours écouter les Muguette quand elles disent que "ça ne fonctionne pas notre bazar".</span><span style="font-size: 13px;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 13px;">Il faut parfois penser que si ça fonctionnait au début mais que ça ne fonctionne plus, c'est peut-être à cause d'un trop grand souci d'économie...&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 10pt;">Il faut penser que même si on a bien fait la démonstration du fonctionnement de l'appareil, on peut avoir oublié de montrer la zone de décompte des doses qui, il faut le
    reconnaitre, n'est pas faite pour les myopes. Et il faut expliquer qu'un inhalateur chacun c'est probablement mieux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il n'y a pas eu de consultation facile. Il n'y a que moi qui n'ai pas voulu écouter.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Les petits croissants]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-les-petits-croissants-115724352.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-les-petits-croissants-115724352.html</guid>
            <pubDate>Wed, 27 Feb 2013 08:49:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Un jour, avec mes copains du net, nous sommes
    allés manger des croissants, des tout petits croissants, des pratiques pour pas en foutre partout, et j'en ai quand même foutu partout et c'était pas de chance parce que j'étais juste en face de
    la Ministre</span><span style="font-size: 13.63636302947998px;"><span style="font-size: 8pt;">*</span>.&nbsp;</span></span><span style="font-size: 13.63636302947998px;">Nous lui avons raconté nos
    histoires, de remplacement, d'installation, nos projets.&nbsp;</span><span style="font-size: 13.63636302947998px;">Nous lui avons expliqué que la gestion d'un cabinet c'était franchement
    pénible,</span><span style="font-size: 13.63636302947998px;">&nbsp;que plusieurs d'entre nous, pour des raisons personnelles et familiales, ne pouvaient pas s'engager des années dans un lieu et
    que des salariats seraient une solution. Nous lui avons expliqué que la charge de paperasses : de la sécu, des salaires des employés, des formulaires à remplir, des certificats à tire-larigot etc
    était vraiment un frein.&nbsp;</span><span style="font-size: 13.63636302947998px;">Faut croire que j'ai vraiment mangé trop salement et que le spectacle l'a tellement choquée qu'elle n'a pas pu
    nous écouter en même temps et qu'elle a tout oublié.&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Je savais que ce n'était pas notre petite réunion qui changerait quoi que ce soit. Mais elle a fait
    d'autres rencontres, avec d'autres professionnels, plein même, ces rencontres sont médiatisées. Naivement, je me suis dit qu'il en sortirait quelquechose.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Bon, ben depuis, que s'est-il passé? Rien de concret concernant les stages d'internes, pas grand chose
    concernant des salariats, pas de piste pour l'installation, pas d'excuse publique non plus sur la difficulté de notre boulot, sur ses risques, sur la nécessité de respecter les médecins si on
    veut en avoir&nbsp;<a href="http://www.rue89.com/rue89-eco/2013/02/25/profs-cheminots-et-autres-privilegies-que-repondre-aux-jaloux-239941"><span style="font-size: 8pt;">(le fait de taper du bois
    sur certains permet de ne pas s'apercevoir qu'il y a des vrais riches)</span></a>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Mais depuis, on a plus de paperasseries! Des lignes à faire à la main, comme à l'école quand on n'était
    pas sages.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Maintenant il faut écrire "non substituable" à la main. Au début, j'avoue, je me suis un peu battue avec
    mes patients, et pis maintenant je laisse. S'ils veulent le non substituable, ils l'ont. De temps en temps, je retente d'en négocier. Mais ils "ont droit à", "ils ont cotisé", "c'est sur que
    c'est pas pareil". Pourquoi ce serait à moi de batailler et de perdre des minutes précieuses pour ça? Aucune étude ne vient prouver la réelle bioéquivalence. J'ai aucune base pour leur prouver et
    à la télé, ils disent que les génériques c'est dangereux. Mon manque d'argument ne fait pas le poids. Ah, et cerise sur le gateau, il faudrait écrire "non substituable" DEVANT le nom du
    médicament. Clairement, sur les ordonnances informatisées, c'est chaud...(</span>Précision suite à commentaire : je prescris souvent en DCI. Le problème est que les gens viennent pour des
    renouvellements de médocs prescrits depuis longtemps, ou par d'autres et donc c'est à moi de me dépatouiller de cette histoire de génériques. Et puis, pour certains, la dci c'est le générique,
    parce que c'est le même nom, et malgré les explications, ils ne comprennent pas la différence.)
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Et maintenant, il va falloir écrire, à la main encore, sur les prescriptions de pilule 3 et 4G, que je
    leur ai bien expliqué que c'est dangereux? C'est pas pour le nombre que j'en prescris que c'est grave, c'est pour le principe. Je dois en prescrire 2 par an, chez des nanas chez qui les autres
    pilules ont vraiment été une catastrophe et qui ont refusé d'autres méthodes. Quand quelqu'un d'autre leur en a prescrit, j'en rediscute et je change. M'enfin, écrire à la main sur mes
    ordonnances sécurisées que je leur ai bien dit que c'était dangereux... J'ai déjà passé du temps à comprendre pourquoi les autres pilules n'allaient pas, du temps à expliquer que la pilule ne
    protège pas des MST, à expliquer ce qu'il faut faire quand on l'oublie, et est-ce qu'elle ne voudrait pas un implant ou un stérilet? Et maintenant faudrait que je fasse une rédaction?
    &nbsp;(<a href="http://www.atoute.org/n/Nouvelle-mention-manuscrite-sur.html">allez signer là</a>, merci) Puisque ces médicaments sont dangereux, qu'on les vire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">J'ai investi dans un ordinateur et dans une imprimante. Maintenant on veut me faire gribouiller. Le
    Ministère a-t-il été touché par le lobby stylo-Bic?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">La vraie question est : où vont-ils s'arrêter?&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Le ministère peut remercier la CSMF pour cette involontaire suggestion "l'absurdité d'une telle mesure qui
    rend aujourd'hui plus facile de prescrire des opiacés qu'un contraceptif"...&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: 13.63636302947998px;">Il faudrait peut-être compliquer un peu la prescription d'opiacés.&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 13.63636302947998px;">Et puis tant qu'on y est pourquoi ne pas justifier chaque prescription d'inhibiteur de pompes à protons, vu que c'est pas toujours nécessaire, qu'on peut
    délivrer des anti-inflammatoires sans protecteur gastrique? Pourquoi ne pas justifier chaque antidiabétique oral, vu que certains sont plus dangereux qu'efficaces? Pourquoi s'arrêter
    là?</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: 13.63636302947998px;">Il semble que le futur formulaire arrêt de travail sera plus compliqué à remplir que
    l'actuel, plus de lignes à écrire (le lobby stylo-Pilot?). Alors oui, on peut les faire en ligne aussi. D'une part : quand ça marche. D'autre part : ici ça marche vraiment très mal. La preuve :
    30 secondes maximum à la main, 2min30sec au minimum avec l'ordi. Mon choix est fait. En fait, c'est peut-être pour cela qu'ils veulent le compliquer, pour qu'à la main je mettre 3 min à le
    remplir et là, je devrais me rechronométrer pour comparer</span><span style="font-size: 10pt;">...<span style="font-size: 8pt;">**</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">A quel moment un médecin a-t-il dit qu'il voulait retourner à l'école primaire faire des punitions? A quel
    moment l'un d'entre nous a-t-il dit ne pas avoir assez de paperasses à faire? A quel moment s'est-il plaint d'avoir du temps à perdre?<span style="font-size: 8pt;">***</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Je dois manger trop de croissants, ça a bouché mes oreilles, j'ai dû rater ces épisodes...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13.63636302947998px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">* Ou alors c'est la faute de docteursachs à côté de moi, qui derrière ses airs sérieux voulait me raconter son dernier
    week-end à la plage, et sa dernière soirée déguisé en LadyGaga, et elle nous a fait les gros yeux, comment ça j'invente?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span style="font-size: 8pt;">** O</span><span style="font-size: 10.909090995788574px;">ui, parfois j'ai quelques minutes à perdre et je
    fais des test, pour gagner du temps après</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10.909090995788574px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;">*** Ah, moi, juste au dessus, enfin, c'est quelques secondes hein, sinon je cours après le temps... Et je
    me fais engueuler par les gens parce que je ne peux pas voir tout le monde.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Amelia, 35 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-amelia-35-ans-115143158.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-amelia-35-ans-115143158.html</guid>
            <pubDate>Sat, 09 Feb 2013 07:00:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: small;">Amelia est originaire d'un pays lointain et parle un français parfait. Son calme et son apparente sérénité m'impressionnent.&nbsp;</span><span style=
    "font-size: small;">Elle vient de loin pour consulter dans ce cabinet.&nbsp;</span><span style="font-size: small;">Je ne sais pas vraiment pourquoi elle m'a choisie, ni pourquoi elle vient se
    faire suivre en France d'ailleurs. Aujourd'hui, elle vient pour son frottis.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Elle a eu trois enfants qu'elle a adoptés. Elle me parle de son couple, de leur impossibilité d'avoir un enfant. Elle semble très détachée de tout ça. Ils sont
    grands déjà.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Vient le temps de l'examen. Je lui demande d'enlever le bas et de s'installer. Elle est étonnée que je n'utilise pas d'étriers. Je lui explique que ça se fait très
    bien sans. Je lui détaille chacun de mes gestes. Je pose le speculum puis la préviens que la brosse va frotter le col et que ça peut être sensible. Elle émet un petit "ssh" quand je tourne la
    brosse que je pose ensuite dans le flacon.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">A l'instant où je retire le speculum, maladroitement je pince le col. J</span><span style="font-size: 10pt;">e dépince
    très vite en me mordant la lèvre, merde, je sors le speculum. Et je m'excuse, sincèrement. Je suis désolée de lui avoir fait mal.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Elle garde son éternel flegme pour me répondre en souriant que c'est l'examen gynécologique le plus doux qu'elle ait jamais eu...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je reste plantée quelques secondes, le speculum à la main, à me</span><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;demander comment on a pu l'examiner auparavant pour que
    ce douloureux pincement de col ait pu être l'examen gynécologique le plus doux de toute sa vie.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Un an de plus]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-un-an-de-plus-113982248.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-un-an-de-plus-113982248.html</guid>
            <pubDate>Thu, 10 Jan 2013 09:14:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'avais imaginé plein de choses pour ce réveillon. J'avais repensé à un précédent, où regardant Colmar depuis les forêts, un verre de champagne à la main, je
    m'étais demandée si je ne faisais pas une erreur en m'installant. Je me sentais seule, face à la plaine, pourtant au milieu de la musique et des cris. Je me sentais loin des miens. Et
    surtout</span> <span style="font-size: 10pt;">j'avais une boule énorme au ventre, parce que j'avais peur, sacrément peur. De faire une grosse connerie, que ça ne se passe pas bien, de m'enchaîner
    pour des années à un endroit auquel je ne m'habituais pas...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le 31, quand la journée de travail s'est terminée, assez tôt, j</span><span style="font-size: 10pt;">'ai fait la bise à AssociéEnBaskets pour dire au revoir avant
    ses vacances. J'aime beaucoup sa remplaçante mais je ne suis pas sure qu'elle souhaitera un jour prendre sa succession. C'est dommage, elle travaille bien. Et je l'aime bien.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Petra et Piotr, avec qui nous avons gravi le macchu pichu et bu des PiscoSour, sont arrivés. Nous avons profité d'un verre de champagne autour du feu. J'ai eu
    plaisir à discuter avec eux en anglais,&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">à les regarder se parler en allemand,&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">à se remémorer leur mariage et
    le fameux dessert tchèque : les knodles aux fraises saupoudrées de fromage, en rire, à les écouter parler de leurs projets, après ces neuf mois de tour de monde.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Puis nous avons rejoint la ferme où les autres étaient déjà.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le repas fût délicieux. Les ravioles aux truffes et foie gras fondaient dans la bouche comme de petits orgasmes. Le Pinot noir apporté par Piotr était étonnamment
    bon, pour du vin allemand. La multitude des desserts a laissé le choix à chacun de choisir. J'ai préféré opter pour le champagne, je ne suis pas très dessert.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">A minuit, enfin presque, les coupes ayant dû être nettoyées, chacun a souhaité aux autres une bonne année. MrPoilu a bien répété que "2013 année de la b...",
    probablement pour me rappeler que j'ai épousé un poète.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Plus tard, j'ai enfilé mon écharpe, mon manteau et nous avons marché jusqu'au champ. Des feux d'artifice éclataient au loin. J'ai pris Léon dans mes bras parce
    qu'il avait peur, me tenir la main ne lui suffisait pas. Il ne faisait pas vraiment froid. Je lui ai montré le feu d'artifice, allumé par MrPoilu, qui n'a pas duré bien longtemps. Mais c'était
    notre feu, juste pour nous. De petites fusées rouges pour une nouvelle année.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai dansé sur des musiques démodées. J'ai joué à envoyer des petits anneaux lumineux sur un lustre. Je suis plutôt douée à ce jeu, plus que Piotr. J'ai embrassé
    MrPoilu sous le gui. Plusieurs fois.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Plus tard, roulée dans ma couette, par terre dans le couloir pour échapper aux ronflements, maudissant MrPoilu d'avoir bu tant de schnaps, j'ai réfléchi.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'année 2012 a fini mieux qu'elle n'a commencé. Il reste quelques problèmes de boulot et de finances mais les choses se sont arrangées. Je vais enfin pouvoir me
    détendre un peu. Contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas les prêts qui m'ont enchainée, ce sont mes patients, certains en tous cas, leur gentillesse, leurs sourires, leurs mercis. Pour
    l'instant, à cause d'eux ou grâce à eux, je n'ai pas envie de partir.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je ne suis pas un médecin parfait, j'ai encore beaucoup de boulot pour m'en approcher. Je suis fatiguée, je râle, certains jours je fais trop vite car ils sont trop
    nombreux, je ronchonne chez SuperSecrétaire, je continue de refuser plein de trucs aux patients, j'en perds pour ça, j'en gagne aussi, les nouveaux me correspondent plus. J'aime ce métier,
    profondément.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai rencontré de belles personnes cette année. De belles amitiés. Des gens que j'ai plaisir à voir, plaisir à appeler, plaisir à lire. J'ai passé avec eux des
    moments merveilleux. Grâce à eux, je me suis souvenue qu'on pouvait rire de bon coeur, voire pleurer de rire. J'en croise certains toutes les semaines, pour d'autres, il faut que nous planifiions
    quelques week-ends. Twitter nous permet de rester en contact. J'espère que ça va durer parce que je les aime vraiment beaucoup.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je reçois régulièrement des nouvelles d'Alibabette, chacun de ses messages me met du baume au coeur. Une amitié de 30 ans, quoi de plus beau? Quels que soient les
    évènements, les hommes, les peines qui traversent nos vies, elle est toujours là.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Mes parents vieillissent et c'est difficile d'être loin d'eux, le temps s'écoule inexorablement. Frère ne me parle plus et je ne vois pas comment nous pourrions
    renouer. Peut-être avons-nous besoin d'une pause, mais jusqu'à quand? Frérot viendra bientôt nous voir. La chambre d'amis est prête. J'ai hâte qu'il glande sur notre canapé.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La pluie ne me manque plus. Contrairement à l'odeur de la mer, le bruit des tempêtes et la froideur des embruns sur les joues dont je crois que je ne me ferai
    jamais à l'absence.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je sais maintenant où je me verrais bien vivre, après ici, plus tard, dans quelques années. Je n'en parle pas bien la langue, et j'y serai encore plus loin des
    miens. Mais MrPoilu et moi en avons discuté, c'est un peu plus qu'un rêve, ce pourrait bien devenir un projet.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je me sens toujours seule et loin. Mais après un premier jour rempli par un immense bretzel sucré, une soupe à l'oignon avec plein de gruyère, un Retour du Roi
    regardé dans les bras du MrPoilu, des paquets de sms de voeux, du feu dans la cheminée, du champagne encore, j'ai pensé que cette année avait fort bien commencé.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je voulais aussi vous remercier. Récemment, quelqu'un m'a dit "tu écris joli avec rien". Je dois dire que ça m'a blessée. Parce que ce n'est pas faux. Mais écrire
    rien, c'est un peu triste. Et inutile.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et comme par hasard, alors que je songeais une fois de plus à arrêter ce blog, j'ai reçu plusieurs mails me remerciant, pour des raisons variées, d'écrire. Alors
    merci à vous, d'écrire, de lire, d'être là.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je vous souhaite une bonne année 2013, en espérant que les vents vous soient favorables. Prenez soin de vous.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Anselme, 73 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-anselme-73-ans-113868118.html</link>
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            <pubDate>Wed, 02 Jan 2013 08:00:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Jai rencontré Anselme ça fait longtemps déjà. Anselme c'est un peu le genre qui s'écoute pas trop, beaucoup ce genre là même, voire qui s'écoute pas du tout. Il a
    plein d'autres trucs à faire que s'écouter, comme couper du bois et le ranger, ou bêcher le jardin. Des activités pas fatigantes du tout pour un gars de son âge.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La première fois que je l'ai vu, je faisais des petites journées. A l'époque, je voyais pas grand monde, ils n'étaient pas habitués à changer de médecin, avant moi
    il n'y avait pas de remplaçant. Pis j'étais pas du village alors je pouvais pas vraiment les comprendre. Pis j'étais trop jeune alors comment je pouvais être médecin. Pis j'avais un nom pas d'ici
    alors ça c'était grave aussi. Enfin c'est ce qu'ils disaient, les gens du village.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Anselme s'en foutait. Il est venu consulter. Il m'a dit bonjour en souriant.</span> <span style="font-size: 10pt;">Il a répondu "oui ça va" quand j'ai demandé
    comment ça allait. Et après "j'ai un peu chaud pis je tousse" quand j'ai voulu savoir pourquoi il était là. Ce coup-là, Anselme faisait une bonne pneumopathie, avec fièvre à 40 depuis 6 jours,
    douleur basithoracique, crépitants. Une jolie pneumopathie comme dans les livres. Une pneumopathie qui n'avait pas trop mal évolué malgré toutes ses activités. Costaud le Anselme.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et puis je suis allée remplacer ailleurs. J'ai fini par revenir.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un jour, je lui ai trouvé de la tension. Au début on s'est dit que c'était le changement de médecin. Un peu con parce qu'on se connaissait déjà. Finalement j'ai
    traité, mais les traitements ne marchaient pas. Je voulais faire un doppler rénal. Alors j'ai farfouillé dans son dossier. C'est là que je suis tombée sur cette échographie datant de plus de deux
    ans auparavant. Compte-rendu sur lequel il était écrit "anomalie à recontrôler dans six mois". Oui, six mois. Soit vingt-quatre mois avant. Alors j'ai dit "mais ça n'a pas été recontrôlé ça?". Et
    Anselme a répondu "ben non, qu'est ce qu'il fallait contrôler?".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Bref, j'ai prescrit un contrôle.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et j'ai reçu le résultat par la poste, dans une grande enveloppe kraft, avec des petites images d'écho. Des petites images où on ne voit pas toujours très bien
    parce que l'échographie c'est bien mieux quand on est là au moment où elle est faite. Mais là on voit vraiment très bien. Parce que la petite anomalie a bien grandi. C'est devenu un joli
    patatome*.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Tellement joli le patatome et tellement gros que j'ai appelé un spécialiste puis plusieurs même. Et ils sont tous d'accord. Un patatome comme ça, il faut qu'on
    l'enlève. Et c'est grave, oui.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et là devant mon bureau, affalée dans mon fauteuil et mon téléphone à la main,&nbsp;</span><span style="font-size: small;">malgré la petite voix de ma mère dans ma
    tête me disant que c'est pas très joli dans la bouche d'une jeune fille,&nbsp;</span><span style="font-size: small;">j'ai quand même dit tout haut "putain, bordel de merde, fait chier".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: small;">J'ai vu Anselme, j'ai expliqué tout ça. Le patatome, la chirurgie, la suite. Et j'avais mal au ventre en parlant. Pourtant c'est pas mon patatome à moi. Et Anselme
    a gardé son sourire triste, le même que d'habitude. Et il m'a serré la main en me disant merci. Merci...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Bien sûr ça me fait jamais plaisir les mauvaises surprises comme ça, bien sûr que ça m'aurait touché pour n'importe qui d'autre, bien sûr. Bien sûr que je
    culpabilise que personne ne l'ait demandé avant ce contrôle et que ça aurait été futé d'utiliser les alertes du logiciel. Bien sûr que je suis une grosse chochotte qui s'attache trop aux gens.
    Bien sûr.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">M'enfin pas Anselme quoi, bordel.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">* patatome : de patat- pour la forme arrondie et -ome pour le cancer.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Les premières neiges]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-les-premieres-neiges-113344662.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-les-premieres-neiges-113344662.html</guid>
            <pubDate>Tue, 11 Dec 2012 09:26:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je suis allée vider les déchets au compost. Il fait froid. Brrr. Je referme la porte-fenêtre et j'observe à travers elle les premiers flocons tomber dehors. On
    entend le vent secouer les plastiques qui protègent les fauteuils de jardin. Il fait bientôt nuit. Les guirlandes de Noël dans les jardins autour clignotent. Je caresse le chat qui s'est roulé
    sur mes pieds, il est mouillé alors je râle. Il s'en fiche. Moi pas. Je le laisse se rouler seul en ronronnant pour aller remettre une bûche dans le feu. Je m'allonge sur le canapé, j'étale la
    couverture grise en laine décorée de petits rennes sur mes pieds et j'attrape "Moi René Tardi prisonnier de guerre au Stalag IIB". Je caresse la couverture. Le doux toucher me plait. Je retrouve
    le marque-pages fait hier avec un sachet de tisane vide.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime le dessin qui me rappelle "<a href=
    "http://www.amazon.fr/Ici-m%C3%AAme-Jacques-Tardi/dp/220300231X/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1355220137&amp;sr=1-1">Ici Même</a>" offert par mon papa il y a bien longtemps. Ce n'était
    pas vraiment ce qu'on peut appeler un livre pour enfants. J'aime son trait de crayon, les dégradés de gris, le rouge tranchant des drapeaux nazis. Hier, je m'étais arrêtée parce qu'il était
    l'heure de préparer le dîner et surtout parce que c'était dur. Dur à lire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Chaque case me fait sentir la faim, les poux, le froid, les odeurs, le désir d'évasion, la peur de la mort et l'incertitude sur l'avenir. La faim présente dans
    chaque case. Le désir d'évasion, les projets avortés, les maigres espoirs. La peur d'être le prochain à se prendre gratuitement une balle dans la tête. Le troc des vêtements pour contrer le
    froid. L'incertitude sur la fin de la guerre. L'incertitude sur le jour suivant.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Dire que cette lecture me bouleverse est largement en dessous de la réalité. Et pourtant, je continue, avidement. Il me parle bien plus que "<a href=
    "http://www.amazon.fr/Putain-guerre-Tome-2-1917-1918-1919/dp/2203020407/ref=pd_bxgy_b_img_y">Putain de guerre</a>". J'avais beau "savoir" que les prisonniers avaient été envoyés dans des camps,
    je ne savais pas vraiment. Et je ne sais toujours pas, comment imaginer ce que ça a pu être?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai les larmes aux yeux en lisant par moments. Je pense à mon grand-père, je ne comprend pas qu'il en soit revenu vivant. Je ne comprends pas comment. Surtout
    après avoir lu le sort des prisonniers de certaines nationalités. J'aurais pu entendre ces histoires directement de sa bouche. Mais je n'ai pas eu le temps d'écouter ce que Casimir aurait pu
    raconter. Il est mort quand j'avais 5 ans. Trop tôt pour parler de tout ça.</span><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">Alors j'envoie un mail à ma mère pour
    savoir ce qu'il nous reste, quelles traces possédons-nous encore.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je referme le livre, l'histoire n'est pas terminée. Il y aura un autre tome. J'attendrai.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La réponse arrive le lendemain. Il ne reste rien de ces douloureux moments vécus par Casimir. Il restait des papiers, mais l'inondation a tout emporté. Les quelques
    cartes envoyées du camp, pré-remplies, pas de liberté là-dedans non plus, pour ne surtout pas y lire les conditions de détention loin d'être idéales. Le passeport. Ce passeport au prénom et au
    nom français, qui expliquent probablement qu'il en soit revenu. Ce prénom français qui sera celui du bébé d'après la guerre. Ce bébé qui est mort.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">De l'histoire de Casimir, il ne reste donc rien. Ou pas grand chose. La tombe d'un enfant qui s'appelait René dans un cimetière du Nord. Un passeport peut-être
    échoué sur un bord de rivière ou dissout dans les eaux boueuses. Quelques anecdotes dans la tête de ma mère. Le fait que je sache qu'il parlait allemand, français, les signes etc. Le souvenir de
    ses yeux bleus, que je trouvais si tristes. Pas grand chose en fait.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Aujourd'hui, je souffle sur mon thé, je regarde par la fenêtre, il neige encore un peu.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">De Casimir, il ne me reste pas grand chose.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alors j'attends la suite, Mr Tardi, j'attends. Impatiemment.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Denise, 86 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-denise-86-ans-113140478.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-denise-86-ans-113140478.html</guid>
            <pubDate>Wed, 05 Dec 2012 07:48:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Au début, j'ai pensé que Denise me détestait. Toujours à faire la tronche quand j'arrivais. Toujours à ronchonner à propos de tout. Toujours ce "halala non ça va
    pas du tout, mais alors pas du tout". Le changement de médecin l'avait perturbée. Elle me demandait des nouvelles de mon prédécesseur que je ne n'étais pas en mesure de lui donner, n'en ayant
    moi-même pas. Il avait promis de venir prendre un café, il n'est jamais venu. Ca l'a un peu blessée je crois.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Petit à petit, j'ai compris que le problème ce n'était pas moi, mais ce que je représente. La Maladie, ses maladies. C'est plus facile de cristalliser ses douleurs
    et son angoisse sur quelqu'un que sur son genou en le regardant et en disant "tu me fais mal, j'en ai marre, et pis j'ai pas faim, et j'arrive pas à marcher". Il s'en fout le genou.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Médicalement, j'ai fait un peu de vide sur les ordonnances. Elle a été hospitalisée, elle est ressortie avec des traitements qu'elle a elle-même arrêtés. Finalement
    elle n'a plus ces symptômes. Je sais pas si c'était une bonne idée, mais elle n'est pas pire et vu les effets secondaires, je ne les ai pas réintroduits. Oui, c'est critiquable. Elle a des tas de
    soucis qui, additionnés, pèsent lourd. Et qui l'empêchent de sortir, de voir des gens. Elle ne voit que ceux qui viennent la voir. Et elle me dit que ceux-là elle n'a pas forcément envie de les
    voir, d'un air méchant. Je la regarde, je souris, alors elle rit. Ca désamorce. Finalement, ça ne se passe pas trop mal entre nous.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour l'hiver, elle devait partir chez sa fille, ça a été repoussé plusieurs fois. Elle a appelé de plus en plus fréquemment. Oh, bien sûr, il y avait toujours des
    bricoles, mais toujours les mêmes. Rien de vraiment neuf. La dernière fois, c'était la bonne, elle allait partir, c'était prévu pour jeudi. Alors j'ai souhaité bonnes fêtes, j'ai dit qu'on se
    reverrait quand elle reviendrait. "Si je suis encore là d'ici là docteur". J'ai dit "on verra, il n'y a pas de raison". Mais il y a plein de raisons.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alors jeudi, Denise a téléphoné. Elle allait partir mais elle voulait quand même savoir, pour son ulcère, ce qu'il fallait faire. J'ai répété la même chose que les
    fois précédentes. J'ai ré-expliqué les ordonnances que je lui avais faites, les courriers de résumés, j'ai dit qu'elle pouvait m'appeler de là-bas, j'ai dit que les infirmières pouvaient
    m'appeler, que le confrère pouvait m'appeler etc.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je suis confiante, je pense qu'au printemps, comme les migrateurs, Denise va revenir et je retournerai m'asseoir à côté d'elle sous la lampe qui fonctionne une fois
    sur deux. Je l'écouterai me parler de ses voisins qui sont tellement bruyants. Je regarderai son carnet de diabète en disant "c'est pas si mal". Elle répondra "vous dites ça parce que vous ne
    voulez pas me faire de la peine". Je dirais "mais non" et elle verra bien que je pense "c'est vrai". Je ramasserai sa béquille, une nouvelle fois tombée.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">Denise, elle a vraiment peur de ne pas revenir. Moi je suis confiante. Mais c'est peut-être elle qui a raison. Certains migrateurs ne reviennent pas, le voyage les
    a trop épuisés...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Les pensées parasites]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-les-pensees-parasites-112564970.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-les-pensees-parasites-112564970.html</guid>
            <pubDate>Sun, 18 Nov 2012 10:39:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Samedi soir, nous sommes debout, serrés l'un contre l'autre, ma main droite dans la gauche de MrPoilu, son bras autour de ma taille, ma main sur son épaule,
    nous dansons.&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je pense à ce patient, vu par AssociéP, à cette imagerie prescrite et sur laquelle il y a quelquechose. J'ai relu le dossier, je ne vois pas comment j'aurais pu
    m'orienter là dessus. Le patient n'a jamais mentionné aucun symptôme qui aurait pu l'évoquer. J'ai relu le dossier, mais comme AssociéP ne met pas de mot, jamais, c'est difficile de savoir sur
    quels arguments il a prescrit cet examen. Comme il ne m'adresse plus la parole, c'est délicat de lui demander.</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Mon corps est ici et ma tête ne l'est pas.&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je retourne tout ça dans ma tête depuis hier. J'ai eu du mal à dormir cette nuit. J'aimerais savoir si je suis passée à côté de quelquechose. J'aimerais comprendre.
    Je voudrais savoir si je dois prescrire plus d'examens complémentaires. Je voudrais savoir s'il était possible cliniquement de détecter quelquechose et si j'ai fait une erreur. Je voudrais savoir
    si AssociéP a juste eu "de la chance", lui qui prescrit tant. Tous ces doutes, ces questionnements. L'absence de réponse...</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 13px;">MrPoilu m'embrasse dans le cou. Je frissonne.</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aimerais voir ce patient et avoir son avis. Mais je pense que je ne le reverrai pas. Il ira se faire suivre par AssociéP. Je sais qu'il est toujours plus facile
    de passer en deuxième dans une histoire médicale. Le deuxième avis est orienté par le premier échec. Il n'empêche...</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 13px;">La musique change, MrPoilu ne me lâche pas. Il me regarde et me sourit. Tout à l'heure il a dit que je n'avais qu'à détendre mon esprit.&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y avait surement des situations comme ça quand je remplaçais, mais j'avais peu de retours. Là ce sont mes patients et ça me ronge quand ça se passe comme ça. Je
    ne dis pas que j'aime quand c'est moi qui leur trouve des maladies, juste que si c'est moi qui les suis, je préfère les suivre vraiment, pas avoir la sensation d'être passé à côté de
    quelquechose. Je fais mon maximum, tous les jours, et je m'aperçois que ça ne suffit pas.</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Il est temps d'aller se rasseoir pour manger. La boule au ventre est toujours là.&nbsp;</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Soigner des vivants, c'est accepter qu'ils meurent. Soigner des humains, c'est comprendre que rien n'est jamais certain, ni leurs réponses, ni ce qu'on a appris, ni
    les effets attendus d'un traitement, ni les effets inattendus, rien. Au delà de la crainte du procès, c'est parfois avoir l'impression de tenir la vie des gens dans ses
    mains.&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">Et c'est donc devoir supporter ses propres erreurs et ses manquements.</span><span style="font-size: 13px;">&nbsp;Malgré tous les efforts pour ne
    pas en faire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Détendre mon esprit, oui bien sur.&nbsp;Ca tourne et retourne dans ma tête.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Comment vivre avec ça? Comment vivre avec ses erreurs?&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Le vin est vraiment dégueulasse ce soir...</span></em>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;"><br></span></em>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Complément d'article]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-complement-d-article-112489428.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-complement-d-article-112489428.html</guid>
            <pubDate>Thu, 15 Nov 2012 20:56:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="http://img.over-blog.com/500x333/4/17/60/66/Figaro.jpg" class="CtreTexte" width="500" height="333" alt="Figaro.jpg">
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    Vous noterez comme je scanne droit...
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Une interview, c'est jamais simple. Surtout quand c'est par téléphone, surtout quand c'est entre les consultations, surtout quand c'est à l'heure de la sieste,
    surtout quand à chaque réponse l'intervieweur fait "mmmh mmmh". Et alors quand c'est les quatre en même temps...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je suis un peu déçue du titre mais c'est vrai que j'ai parfois l'impression d'être un larbin. Quand un patient vient en disant "je VEUX une prise de sang", moi je
    sais qu'il en a eu une 6 mois avant et qu'il va bien, et que c'est pas conseillé d'en faire tous les 6 mois. J'explique, alors on me réponds "mais j'ai cotisé MOI!". Ben moi aussi je cotise, et
    je sais qu'on paie tous pour ces exigences de certains. Alors argument suivant "mais le docteur Bidule me le faisait LUI!" et parfois on appuie cette phrase d'un "mademoiselle". Pas docteur, non
    mademoiselle, pour me faire passer pour une jeunette qui n'y connait rien. Pff.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai surtout l'impression d'être le larbin de la sécu, quand je vois ce que je me farcis comme paperasseries. Les tiers payants aussi c'est un joyeux bordel. Pour
    peu qu'ils me paient deux fois par erreur la même consultation, je reçois un courrier qui me menace que si je ne rends pas l'argent, je serais fouettée en place publique (enfin pas complètement
    mais quand j'ai reçu le premier, j'ai eu l'impression d'être un arnaqueur). Je rêve d'un système simple, je rêve qu'on ne nous flique pas et qu'on nous fasse confiance. Quand je vois qu'Associé a
    été convoqué par la sécu pour trop d'arrêts de travail alors qu'un gars qui voit 100 patients par jou n'est jamais emmerdé, je me dis que c'est pas gagné. Forcément, quand on ne suit que des gens
    pour des dépressions ou des cancers, il y a des arrêts prescrits...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je suis bien contente que cette histoire de banques ait été mentionnée. Faut pas croire qu'en tant que jeune médecin, la banque t'accueille à bras ouverts.
    Peut-être que certains ont cette chance. Perso, on m'a demandé des tas de cautions... A écouter la télé, on croirait qu'on est tous pétés de blé. La banque, elle, elle sait que c'est faux. Alors
    elle te demande la caution de tes parents pour reprendre un cabinet médical. A 30 ans, oui oui.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et j'en veux toujours à Marisol Tourraine pour sa petite phrase à cette journaliste qui disait que les médecins bossaient beaucoup "oh pas tous". Ben on bosse
    cocotte, quand même. Alors jeter le discrédit sur une profession comme ça, ça explique que certains soient dans la rue ces jours derniers.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il en manque des choses dans cet entrefilet. Genre pourquoi je fais pas grève (je fais pas grève parce que les revendications sont trop nombreuses, que je trouve
    que ça part dans tous les sens, que mes patients ne comprendraient pas pourquoi alors que certains me laissent parfois gracieusement 10 cents de pourboire et que je me bats pour leur rendre,
    véridique..., parce que je ne peux pas me le permettre financièrement, la faute au prêt sus-mentionné, et pis surtout je crois qu'on a d'autres moyens plus efficaces de faire pression si on s'y
    met tous).</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">M'enfin bon, on me l'a demandé alors voilà, c'était mon interview dans le Figaro.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Comme une poule devant un stylo]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-comme-une-poule-devant-un-stylo-111035341.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-comme-une-poule-devant-un-stylo-111035341.html</guid>
            <pubDate>Tue, 06 Nov 2012 07:10:00 +0100</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il est 20h10.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le dernier est parti. Il est tôt, ça fait du bien. Enfin tôt, c'est relatif. La journée a été longue. Heureusement que le téléphone n'a pas sonné la nuit dernière.
    La femme de ménage a fermé les portes en sortant. Je me cale dans le fauteuil, je m'étire. Je clique pour vérifier qu'il n'y a pas de résultats biologiques arrivés tardivement. Je lance la
    musique. Je me demande où a disparu mon cd de serge reggiani. Pff, mystère. Pourtant j'aimerais tellement l'écouter dans la voiture : "<a href="http://www.youtube.com/watch?v=QDb0wTBPhQ4">Et si
    c'était une nuit</a> comme on n'en connut pas depuis 100000 nuits, une nuit de fer, une nuit de sang, une nuit. Un chien hurle, regardez bien gens de Denfert regardez-le, sous son manteau de
    bronze vert, le lion, il tremble."&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Tant pis. Je réécouterai pour la millième fois le contenu de la clé USB. A cette heure-ci à la radio, c'est plutôt rap allemand, je ne suis pas très
    fan.&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">Je clique pour afficher mon twitter. Je lis 2-3 tweets, je ris bêtement. Je regarde le plafond, il est de la même couleur que les autres soirs. Je
    fais le tour des onglets de Firefox ouverts pendant la journée sans avoir le temps de les lire. Je passe à côté de plein d'écrits en ce moment. Un post me touche. J'écris un commentaire, je
    trouve ce que j'ai écrit assez nul. J'efface mon commentaire. Comme souvent. J'aimerais commenter plus. Je trouve rarement les mots...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le téléphone sonne, le répondeur prend le relais. Je regarde mes boites mails. Sur la perso, quelques spams, j'en reçois beaucoup ces derniers temps, des
    DcnfXrlfiTkc envoyés par des Adam, Rosa, et autres irréels personnages. Sur la pro, une réponse à une question pour avancer un peu dans le mystère de la location des ordis, j'imprime, je fixe au
    dossier mais je n'ai plus la force de jouer à Cluedo ce soir. Une confirmation d'envoi de commande, ce n'est pas celle qui me semble la plus urgente mais je croise les doigts pour que les cadeaux
    arrivent à temps pour l'anniversaire du MrPoilu.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Tiens j'ai un DM, je réponds. Je reprends une discussion twitterale, certains répondent plus vite que ça ne s'affiche ici, on est en bout de ligne... Il reste les
    mails de ma boite fluorette. J'ai mal au dos. J'ouvre la boite. Un mail agréable de quelqu'un qui ne me connait pas, qui me lit et qui me donne les larmes aux yeux. Ca arrive de temps en temps,
    c'est tellement gentil. Même si j'ai toujours du mal à savoir quoi répondre...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il est 20h55.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ca y est, je suis apaisée, je peux enfin rentrer.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Le côté lumineux de la Force.]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-l-installation-le-cote-lumineux-de-la-fo-111708880.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-l-installation-le-cote-lumineux-de-la-fo-111708880.html</guid>
            <pubDate>Fri, 26 Oct 2012 08:54:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'installation c'était dur. Et ça l'est encore. Parce qu'en fait je n'étais pas préparée. Aucun de nous ne l'est, nos études ne nous préparent pas à ça. Parce que
    je me suis un peu fait entuber. Parce que c'était un engagement difficile que je n'étais pas prête à prendre. Et surtout pas ici en fait, pas si loin de l'Eau. Mais ça a ses bons côtés.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime ne plus angoisser de chercher des remplas et de ne pas en trouver parce que "ici, c'est mieux si vous êtes du village". Tout le monde ne peut pas être du
    village. Incroyable ça. Maintenant j'angoisse que l'argent ne rentre pas. Et que la banque me harcèle... Autres insomnies...</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime ouvrir le cabinet le jour où Associé n'est pas là, infuser mon thé, ouvrir les volets, juste mettre un peu de lumière, allumer mon mac, twitter en soufflant
    sur mon thé. Profiter du silence.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime barrer des lignes sur ma to-do list, mes "tél à Dr Truc à propos de Mme Machin". Rappeler Mme Machin. Ou mieux, la faire convoquer par SuperSecrétaire.
    Problème résolu.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime recevoir des courriers de spécialistes et avoir la réponse à mes énigmes. Ca me fait progresser. D'autres fois, le mystère reste entier. On continue de
    chercher.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime savoir où se trouvent les choses. Même quand la femme de ménage les a déplacées, je sais que c'est forcément quelquepart. J'aime pouvoir acheter le matériel
    qui me plait, quand j'en ai besoin. J'aime réfléchir à comment je vais installer mon ECG, ou comment je pourrais améliorer l'ergonomie de ma salle d'examen. Me dire qu'il faut vraiment que je
    fixe mon porte manteau, pour accrocher mes écharpes et pulls et ne pas les jeter en boules dans un coin.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime téléphoner le matin, avant les consults, pour réveiller quelqu'un, qui se reconnaitra. Poser mes pieds sur le bureau, incliner le fauteuil. Écouter sa voix
    qui me berce. Fermer les yeux. Penser qu'il me faut vraiment un autre fauteuil pour soutenir ma tête. Et puis me réveiller et ouvrir la porte.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime ne plus me perdre en visite et laisser le gps dans la boite. J'aime m'arrêter sur le bord de la route parce que je sais que d'habitude c'est là que sont les
    biches. Même si aujourd'hui, elles ne sont pas là. Une autre fois, peut-être.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime quand des patients m'expliquent où aller acheter de la bière parce que là-bas, elle est bonne, la preuve, les gars qui la vendent ont tous le nez rouge.
    Argument de poids.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime ne plus devoir effacer mes historiques dans mon navigateur. Ni mes pseudos, mes mots de passe. Voir mes liens préférés qui s'affichent à l'ouverture de
    Firefox.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime SuperSecrétaire, ses sourires plus fréquents qu'avant, sa voix froide et blasée. J'aime quand les gens me disent "vous êtes gentille alors que votre
    secrétaire ouhlala" et que je leur répond que c'est pour ça que je la paie. Leurs têtes... J'aime comme elle me libère de certaines tâches qui me gonflent. J'aime qu'elle me rappelle ce que j'ai
    oublié. J'aime le temps qu'elle me fait gagner. J'aime quand elle sourit dans la moustache qu'elle n'a pas quand Associé me passe devant sans me dire bonjour. Et son regard souriant vers moi
    après. Comme une petite complicité. Elle fait partie des briques de mes murs de soutien, même si elle ne le sait pas.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime appeler le comptable, j'adore sa voix qui me rassure et qui me dit toujours que ça va bien.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime AssociéEnBasket qui, voyant ma tête le matin, me dit "donne ton mug, je te verse un peu de café de la maison". La force de ce café. Par son goût et par le
    symbole. Sa tête de déterré certains matins, quand il a été réveillé pour des conneries pendant son astreinte. Et ce "merci d'être venue" en me serrant fort un jour où je pleurais.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime quand on me dit "au moins avec vous c'est carré". Même si ça confirme ma psychorigidité. Je travaille à être un peu plus psychosouple. Pas trop. Le milieu
    est difficile à trouver.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime parler voyages avec certains patients. Leurs questions sur où je suis allée, leurs projets à eux, leurs conseils pour la prochaine fois. Leurs
    rêves.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime aller manger avec les autres. De l'autre côté du couloir. J'aime leurs histoires, j'aime quand LeBarbu me fait la bise. Il me rappelle mon papa.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime quand je dis à un patient que non je ne suis pas vraiment d'accord avec son cardiologue et que je lui explique pourquoi. J'aime prescrire ce que moi je pense
    être bien, et en fait surtout ce que mes lectures et Prescrire pensent être bien. J'aime tenter d'arrêter des catastrophes médicamenteuses ancestrales. Même si parfois c'est se battre contre les
    moulins.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime mon jour de repos, qui est plus savoureux que si tous les jours étaient des jours de repos.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime aller en visites, écouter les plaintes, tenir les mains, sourire. J'aime glisser ma main derrière les portails pour tourner une clé, savoir par où entrer,
    savoir qu'en fait il n'y a pas de chien. J'aime refermer la porte en sortant en entendant "au revoir docteur à la prochaine". J'aime pousser des gueulantes à la maison de retraite parce que
    merde, si vraiment Louise va mal et qu'il faut l'hospitaliser, c'est pas un peu con de la foutre dans un fauteuil et de la descendre à la salle télé? Et pis comment que ça se fait que personne ne
    sache si elle le prend encore ce foutu previscan? Bordel!<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime parler comme j'ai envie de parler. Dire bordel si c'est constructif. Ceux que ça choquait sont partis. J'aime expliquer, faire des dessins, négocier un
    traitement. Parler tabac comme si de rien n'était, et la fois suivante apprendre que le patient a arrêté. Bon, même si c'est peut-être pas la dernière fois qu'il tente, ça fait plaisir de savoir
    que ça sert peut-être à quelquechose de papoter.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime quand Bernadette me déballe sa vie, et que je comprend enfin pourquoi son anxiété est si grande. J'aime réussir, après de longues consultations à enfin la
    convaincre qu'elle a besoin d'aide. Même si elle me raconte tout ça avec un air de défi en me disant qu'elle ne l'a jamais raconté à personne. C'est un premier pas, à 76 ans.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime tilter que, ah mais oui, je suis MrBidule, mais c'est le frère de MrBidule et d'ailleurs ya leur mère qui est passée aussi, et petit à petit, je me rends
    compte que je les suis tous, les Bidule... Et je mets les petites pièces du puzzle de leurs vies en place les unes à côté des autre dans ma petite tête, ça prend forme.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime, après une consultation difficile, regarder mes décorations, mes photos, écouter un peu de musique. Me rassurer dans mon cocon. J'allume l'encens, c'est bon,
    ça va mieux.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime, quand je sors d'une visite, que Marguerite et Rosie me fassent un coucou alors qu'elles papotent dans la rue.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime faire des consultations gynécologiques, entre deux renouvellements. J'aime faire guiziguizi à une crevette, tester sa vue, le relevage sur les avants-bras,
    compter les dents etc. J'aime rassurer les parents, surtout les mamans allaitantes à qui "tout le monde" dit tout et n'importe quoi et surtout n'importe quoi pour qu'elles arrêtent
    d'allaiter.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'aime qu'on m'apporte des fruits tout juste cueillis "parce qu'on en a trop". Parce que ça fait vraiment "parce qu'il y en avait trop" et pas tentative d'obtention
    de passe-droit.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Malgré tous les problèmes auxquels je fais face à cause de cette installation, j'aime toujours mon travail. Peut-être aujourd'hui encore plus qu'avant.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[M comme...]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-m-comme-111530763.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-m-comme-111530763.html</guid>
            <pubDate>Wed, 24 Oct 2012 09:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">M comme Médecin, M comme Ministre ou M comme Marisol ou plutôt</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">M comme Mépris.
    J'hésite.</span></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Choisis le titre, Marisol... Il est pour toi, ce post.<br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tu permets que je t'appelle Marisol? On va dire que oui, hein, vu comme tu parles de nous et comme tu nous parles, à nous. Nous, les médecins, les nantis, les
    feignants, les trop-payés etc.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je râle pas souvent sur mes conditions de travail. Je rentre épuisée du boulot mais je sais que je fais un boulot sympa et intéressant et que bosser à la chaine
    c'est dur. J'ai fait des petits boulots avant de faire celui-là, j'ai lavé la merde, j'ai rangé des archives lourdes, entre autres, je me souviens. Et pis on m'a bien conditionnée à croire que
    j'avais une chance folle. Mais je crois que c'est pas parce qu'il y a pire qu'on ne peut pas améliorer les choses.&nbsp;<br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je vais essayer de faire court, t'as du boulot peut-être, moi en tous cas c'est sur. Mon planning est plein et ça continue de sonner. Mais j'en ai des choses sur le
    coeur, tu sais. Enfin non, tu ne sais pas, t'es trop loin de nous, trop sure de tout savoir sur nous et sur nos façons de travailler, sur combien on gagne, sur ce qu'on pense, alors pourquoi tu
    t'approcherais? Pourquoi tu viendrais nous regarder de près? T'es ministre toi. Tu prends les décisions et nous, on fait ce qu'on peut après. On s'adapte aux décisions qui viennent du
    dessus.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Bon bref, ce matin c'était lundi matin, j'étais déjà fatiguée. Je bénissais le ciel de ne pas être d'astreinte ce soir. Je n'aurais pas pu. Enfin j'aurais bien été
    obligée hein, pas le choix, mais ça aurait été sacrément difficile. Et j'aurais eu peur de me planter en caisse en allant voir un patient comme ça a déjà failli
    m'arriver,&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">peur de mal bosser si on m'appelait à 3h,</span><span style="font-size: 13px;">&nbsp;peur de ne pas être au top</span><span style=
    "font-size: 10pt;">. Tu t'en tapes, je me doute bien, tu dois penser que si je suis fatiguée, c'est que j'ai profité&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">tout
    le week-end</span></span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">de l'argent</span>&nbsp;que je gagne aux dépens de la sécurité sociale en buvant des cocktails au bord
    de la piscine d'un rotary club. Et je vais te surprendre mais non, je suis fatiguée car j'ai de gros problèmes pour dormir. L'angoisse d'avoir repris un cabinet me hante, je t'expliquerai ça tout
    à l'heure.</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">J'ai picolé aussi un peu ce week-end, pour oublier, beaucoup picolé en fait, trop de choses à oublier. Oublier
    cette erreur d'installation, cette erreur d'avoir cru qu'on pouvait changer les choses, cette erreur de penser que nos dirigeants étaient aussi des humains...</span>&nbsp;Et pour me détendre,
    j'ai jardiné, je suis allée randonner, des activités à cause desquelles je suis courbaturée aujourd'hui, je marche comme un canard de mon bureau à la salle d'attente et je m'extrais difficilement
    de l'auto pour les visites. J'ai l'air ridicule mais finalement ce sont ces douleurs-là qui me font le moins mal.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Parce qu'aujourdhui, ce qui me blesse c'est ce que je t'ai entendu dire hier soir sur BFM. Bon c'est pas la première fois que tu dis des conneries avec cet aplomb
    dont seuls les menteurs sont capables quand ils savent que ce qu'ils racontent est faux mais qu'ils veulent convaincre. Et t'es pas la seule à en dire, mais là, la marmitte est
    pleine.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je suis vraiment déçue de ne pas avoir eu la force de me lever du canapé pour attraper un bloc et un stylo pour noter tes phrases-choc, mais j'avais mal après mes
    vingt kilomètres de rando. Mon genou, mon grand âge, ou presque. Là, j'essaie de revoir cette interview et ça rame. Ben oui, tu vois, quand tu t'installes à la campagne, t'as une connexion
    pourrie et tu peux pas revoir les docus intéressants. Mais surtout quand tu fais des recherches pendant tes consults ou quand t'envoies des feuilles de soins, ça prend des plombes. C'est pas
    important pour toi, tu veux des médecins dans les déserts, c'est juste moche qu'ils travaillent dans de moins bonnes conditions que les autres. C'est que quelques minutes perdues, chaque jour...
    S'il n'y avait que cette histoire de connexion... A la campagne, le boulot est aussi plus difficile je trouve. Les gens viennent pour des motifs plus graves, tu fais vraiment du premier recours.
    Niveau paperasses, j'ai une poste, c'est déjà pas mal, mais à chaque fois que j'ai un problème d'urssaf, et c'est très souvent, faut que j'aille à la GrandeVille, ils font aucun effort pour
    m'aider eux, c'était plus facile quand je vivais à la Ville. Ca aurait été plus simple de ne pas s'installer en campagne. Et encore j'ai pas les journées de @<a href=
    "http://genoudesalpages.blogspot.fr/">GendesAlp</a>...<br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai été choquée que pour toi la question des tarifs du secteur 1 ça soit secondaire et que de toute façon "on n'allait pas régler ça comme ça, dans une période de
    crise". Elle a bon dos la crise. J'ai l'impression d'entendre le patron-enflure de mes patients qui leur dit "si t'es pas content, prends la porte, c'est la crise yen a plein qui attendent ta
    place". Justement, personne l'attend ma place, mes patients, quand ils consultent tard, ils me demandent à quelle heure je rentre chez moi. Et avec l'inflation, l'essence et le matériel qui
    coutent plus chers, ce serait bien que les honoraires soient proportionnels à l'envolée des dépenses. Mais t'es pas ministre de l'économie toi, tu peux pas comprendre. Recettes-dépenses, tout ça,
    trop compliqué.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tu vois, je suis en secteur 1 parce que j'ai pas eu le choix. De ma vision un peu égoïste, les tarifs du secteur 1 c'est ce qui me permet de payer ma secrétaire,
    l'électricité, la voiture pour les visites, ma bouffe, mes vacances aussi c'est vrai, mon prêt pour le cabinet... &nbsp;je suis pleinement concernée. Alors je vais t'expliquer ma journée parce
    que tu pouvais pas m'accompagner et c'est bien dommage. Ce matin, j'ai eu de la chance, mes patients allaient tous bien, et il n'y a pas de grosse épidémie en cours. Ils venaient pour des
    renouvellements ou des ablations de fils ou des trucs tout simples. Il y a bien eu trois consultations un peu longues mais ce matin ça s'est compensé. Par contre en visite cet après-midi, je suis
    allée chez Renée qu'il a fallu hospitaliser en urgence, puis chez Rose, fallait déballer et remballer ses plaies dégoulinantes et aussi faire le point sur son diabète et négocier pour qu'elle
    veuille bien retourner pour soigner son cancer pis renouveler ses médicaments, parler de son fils, et après écouter les pleurs chez Mathilde en tenant sa main, pis d'autres encore. C'était long,
    très long. Et c'était loin, jamais dans le même village. Alors là ma moyenne a chuté. Et évidemment, ça devient bien moins "rentable". Après une journée comme ça, je me dis que le paiement à
    l'acte c'est vraiment que de la connerie. Quand je t'entends me dire qu'"on ne va pas régler ça", je me dis que t'es sacrément culottée, pour ne pas dire autre chose. C'est justement de ça dont
    il faudrait parler. Le coût de la santé. Le coût d'une vie. Reviens me lire un jour, j'ai un post en attente là-dessus.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je ne comprends pas que le truc qui t'excite autant soit les dépassements. Si t'étais honnête, tu expliquerais aux gens que ne pas rembourser la consultation dans
    son intégralité c'est du dépassement contrôlé. Si t'étais honnête, tu leur dirais que les tarifs sont si bas que ça oblige aux dépassements. Si t'étais honnête, t'arrêterais de nous pointer du
    doigt, à nous rendre responsables du trou de la sécu, des difficultés d'accès aux soins, comme si c'était pas les politiques il y a 20 ans qui s'étaient plantés à ne pas augmenter ce numerus
    clausus, comme si c'était pas les politiques de santé d'avant qui ont donné l'habitude aux patients du "j'ai droit à" (droit de consulter n'importe quand, pour n'importe quoi, sans contrôle et
    toujours remboursé). Ca changerait un peu si t'avouais que c'était votre faute, à vous les gens des hautes sphères.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Je vous mets tous dans le même pack, tu fais pareil, tu parles de nous comme "les médecins". Tous pareils, tous voleurs, tous roulant en Porsche Cayenne.
    Caricatural. Je ne peux te parler que de ce que je connais, la médecine générale, et encore telle que moi je la pratique, moi qui n'aime pas les Cayenne. Il y a autant de façon de pratiquer que
    de médecins. Nous mettre tous dans le même sac, c'est déjà nous mépriser sacrément. Peut-être que certains exploitent le système du paiement à l'acte au maximum, c'est normal, c'est tentant. Mais
    tu peux pas tous nous considérer comme des arnaqueurs! Nous sommes nombreux à aimer ce qu'on fait et à vouloir le faire bien. Et mieux on veut le faire, plus on est écoeuré du système
    actuel.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce matin, un patient, Roger, m'a dit "ça n'a pas encore augmenté?". Ca marche bien la désinformation, les gens entendent qu'on va encore augmenter les médecins
    (encore? sérieusement, depuis combien d'années on augmente par petites marches en sachant que ce n'est pas suffisant pour faire tourner un cabinet : lire <a href=
    "http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2012/10/24/negociations-sur-les-depassements-d-honoraires-le-foutage-de.html?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29">
    ici</a>, donc ça incite à faire plus d'actes mais plus vite) et en fait ça n'augmente pas... Réponse de Roger : "pourtant j'ai entendu parler des dépassements, et docteur vous gagnez pas
    beaucoup". Amalgames sur informations pas claires données au journal télé. Hop, on mélange tout, on secoue.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tu dis aussi que les déserts médicaux c'est un scandale etc. Je me permets de reprendre cette phrase de Lawrence d'Arabie* "Il n'y pas de déserts médicaux, il n'y a
    que des déserts tout courts". Tout est dit je pense.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">A propos d'installation, je vais t'en raconter une.&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">La semaine dernière, pour son anniversaire, j'ai appelé l'Erudit. Il
    est mon pote d'internat, celui qui m'a permis de tenir. Nous avons été exploités ensemble pendant les 3 ans de notre internat, nous avons débuté nos remplacements en même temps. Nous avons
    débriefé autour de thés, gateaux, sushis et autres bricoles grignottables. Et nous avons failli nous installer au même moment. Il avait trouvé un endroit où il voulait s'installer, pas tout à
    fait la ville, pas la rase campagne non plus, une zone sous-dotée. Il devait reprendre un cabinet, ça a été compliqué, il s'est battu, longtemps. Ca a foiré, mais vraiment foiré. Ca l'a déprimé.
    Il arrête la médecine générale. Je ne peux m'empêcher de penser que si vraiment on manquait de médecins, ce genre de choses n'arriverait pas.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Moi, finalement, je me suis installée. Bizarrement c'était facile avant le jour J. Pis après, ça n'a fait que merdouiller. Je ne vais pas le
    re-raconter,&nbsp;<a href="http://fluorette.over-blog.com/article-installation-le-piege-a-cons-87113276.html">t'as qu'à lire</a>. Je suis un peu pieds et poing liés maintenant, avec mon prêt pour
    les murs. Ca va que mes patients me ramènent des figues, ça me remonte le moral, pendant que je tente de rattraper le coup de ces finances qui s'effondrent, à mailer au notaire, à mon
    prédécesseur, à téléphoner, encore maintenant. Puisque je continue de payer des trucs que je devrais pas puisque mon prédécesseur a "omis" quelques points chez le notaire, j'en fais des
    cauchemars, je dors pas très bien. C'est pas facile de se dire qu'on a fait une erreur, qu'on est vraiment trop naïve</span><span style="font-size: 10pt;">... J'ai cru que s'installer c'était
    facile. Hahaha.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">C'est pas pour moi que je suis embêtée, c'est pour mes patients. Le jour où j'en aurai ras-la-casquette, j'arrêterai. Mais si on arrête tous, à force d'entendre
    qu'on n'est rien que des branleurs, à force de pression administrative, à force de mépris, qui soignera qui?</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Ce qui me bouffe le plus, c'est cette façon de nous pointer du doigt : les médecins nantis, dont on a payé les études, qui ont un boulot garanti, etc. C'est pas
    vrai, pour faire simple, les études ne sont pas gratuites et on "rembourse" en faisant petite main à l'hôpital en évitant d'embaucher des vrais gens qu'on pairait vraiment pour ça. Pour le boulot
    garanti, soi-disant, ya d'autres branches où c'est plus intéressant. Quant au salaire, là, justement je ne suis pas salariée... Je ne peux pas être malade, et si je suis enceinte, faut que me
    débrouille pour payer mes frais de cabinets qui eux tombent tous les mois. Mais le médecin est un "nanti" visible, c'est plus facile de taper dessus. Diviser pour mieux régner. Parfois j'aimerais
    aussi qu'on parle des salaires des ministres et de leurs retraites, mais ça on n'en parle pas. C'est quoi le but à la fin de nous rendre responsables de tous les problèmes de la sécu?<br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tu vois, le soir parfois, je rêve, je pense qu'un jour j'aurais peut-être un gamin, et vu comme ça tourne en ce moment, faudra peut-être l'adopter. Tu l'appuiras
    mon dossier d'adoption quand il sera refusé parce qu'une bonne âme pensera qu'une maman qui rentre à 21 heures le soir 4 jours par semaine ne peut pas correctement s'occuper d'un enfant? Tu seras
    là? Dis moi un peu. Moi j'y pense, figure toi. Ca semble un peu bête d'avoir des enfants, je devrais me suffire d'un boulot si épanouissant. Mais certains jours heureusement que j'ai un mari, il
    m'aide bien à tenir. Pour nous, j'essaie de réduire mes horaires, j'y arrive pas, trop de demandes. SuperSecrétaire fait des efforts mais les gens pensent que c'est à moi de m'adapter à leur
    emploi du temps à eux. Pourquoi? Pourquoi sommes-nous devenus un bien consommable comme les autres alors que tu martèles que tu veux "maintenir l'égalité au soin" et "la qualité des soins"? Ca me
    parait bien compromis. Si c'est si important, valorisons ces soins, faisons en sorte qu'ils soient de qualité, qu'on puisse prendre le temps de s'occuper des gens. Et pas de la médecine à la
    va-vite par des médecins fatigués et dénigrés. J'ai quelques patients anglais, eux ne consultent pas pour n'importe quoi. Autre éducation.<br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Faudrait que tu viennes voir pourquoi les gens consultent parfois. Tu pourrais prendre conscience que ça serait bien que l'un de vous ait un jour les couilles de
    dire à la télé : "patients, arrêtez de consulter pour des conneries, on fera des économies" **. D'ailleurs ça rime, c'est un beau slogan pour une nouvelle campagne genre "les antibiotiques c'est
    pas automatique". Je le vois bien en jolies lettres bleues sur fond jaune. Non? Tu veux pas? Tu peux choisir la couleur des lettres si t'aimes pas le bleu.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Non, vraiment tu veux pas? Bon, continue dans cette voie, reste bien droite. Surtout ne pose pas les vraies questions, n'expose pas les vrais problèmes, continue la
    désinformation et l'intoxication. Ca marche bien apparemment.</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">M comme Minable, M comme Maltraitance, M comme Mascarade...</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    * Ou pas... Merci à @Dr_Tiben
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">** : Certains commentaires ont été choqués par mon slogan. Pourtant, je crois sincrèrement que nous n'avons plus le temps d'expliquer 15 fois (parmi nos
    consultations) que 4 jours de fièvre et de rhino c'est normal, que consulter dès que la fièvre apparait c'est non seulement inutile mais abusif, ... Là où on répète 4 fois pareil, de l'éducation
    collective à la santé serait plus utile et moins chronophage.&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Edit : Je sais en écrivant ça que ça m'expose aux habituels "les médecins ces nantis" "vous gagnez déjà trop" et autres fadaises venant de gens qui ne savent pas de
    quoi ils parlent, les commentaires insultants et non contructifs seront effacés. Merci</span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[S'échapper]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-s-echapper-108914987.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-s-echapper-108914987.html</guid>
            <pubDate>Wed, 17 Oct 2012 09:10:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    Je voulais publier un post "militant"... Ca aurait fait plaisir à Thomas Nenninger. Aujourd'hui, j'ai plutôt besoin de me souvenir qu'il y a de bons moments dans la vie qui compensent les
    mauvaises nouvelles. Les posts médicaux reprendront bientôt.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Assise sur les marches du Grand Palais, je lis. Il fait chaud. A cette heure-ci, l'escalier est à l'ombre. De temps en temps, je lève la tête pour regarder le
    ballet des gardes du corps et des servants en tenue devant le Petit Palais. J'étais quand même mieux sur le banc du parc d'en face, avec ce petit vent qui soufflait dans mon cou. Il y avait cette
    petite fille qui jouait et qui est venue me demander si je voulais être sa maman parce que la sienne à côté ne réagissait pas aux chatouilles. Pourquoi moi? J'ai souri, sa maman l'a attrapée et
    la petite a ri sous les guilis. Puis les maitres-chiens nous ont demandé de quitter le parc.&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">Il semble que nous ayons été virés du parc pour un
    président.</span><span style="font-size: 13px;">&nbsp;Les petites gens ne doivent pas encombrer les bancs quand les puissants sont en visite.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai encore du temps devant moi. Je ne suis qu'à la moitié de Les dieux voyagent toujours incognito. Je le trouve moins agréable à lire que L'homme qui voulait être
    heureux. Mais chacun d'eux apporte des pistes vers de petits changements de vie. Ma poche vibre, Alibabette est en retard. Il a fallu que sa chef la retienne ce soir, justement ce soir. Elle me
    tient au courant en temps réel par SMS. Ce n'est pas grave, je suis bien. Malgré les touristes qui courent entre le Palais et les Champs, malgré les cris des touristes, les bruits des voitures,
    malgré les balaises qui surveillent que nous ne traversons pas la route pour aller attaquer un président qui n'est pas encore là, je me sens si détendue. Tellement bien.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour une fois, je suis venue pour moi, pour visiter, pour voir Paris. J'ai pris une pause.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alibabette arrive presqu'en courant. Nous nous embrassons puis nous dirigeons vers l'entrée. Il faut monter le grand escalier. L'entrée est chère. On se raconte, on
    papote en virevoltant entre les photos. Il y en a peu que j'aime. Bien qu'elles soient techniquement très étudiées. Trop peut-être. Nous sommes en désaccord, comme d'habitude, sur les corps
    féminins. Elle les trouve rondes, je les trouve trop maigres. Mais il faut reconnaitre qu'elles ont des seins, un peu. Je vois tellement de corps imparfaits mais vivants&nbsp;par semaine que je
    suis toujours choquée des squelettes montrés comme idéaux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">J'ai préféré l'exposition Berthe Morisot à Marmottan visitée quelques heures auparavant. Je suis restée longtemps à me perdre dans ses peintures. L'impressionnisme,
    mes peintures préférées. Comment ne pas penser à Giverny en les regardant. J'y allais tous les six mois. Avant. Tout comme j'allais régulièrement au Musée des Beaux Arts de Rouen m'asseoir devant
    la Cathédrale de Monet, entre autres.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Nous ressortons du Palais, le président n'est pas encore arrivé. Pour nous, c'est l'heure d'aller manger. Elle me guide dans les allées du métro, je la suis. Quand
    nous ressortons à l'air libre, le quartier est très différent. Eclectique et hétéroclite.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Après quelques minutes de marche, le style est plus bobo. Les restaurants plus chers aussi. Les terrasses sont pleines. Nous nous installons à l'intérieur. Il fait
    extrêmement chaud. Le mal de tête commence à monter. Va quand même pour le rosé. Le repas est copieux, très copieux. Mais le mal de tête devient insupportable alors nous rejoignons son
    appartement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le lendemain matin, nous nous séparerons, je rejoindrai le musée Branly pendant qu'elle ira travailler.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je savoure ces moments passés. Ces bouffées d'oxygène en milieu pollué. Ces moments toujours trop courts.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Turbulences]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-turbulences-110758214.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-turbulences-110758214.html</guid>
            <pubDate>Wed, 10 Oct 2012 08:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Ma main posée sur sa cuisse, je le sens se raidir, je vois ses doigts se crisper sur les accoudoirs. L'avion est toujours une épreuve. Mais rarement, les
    différences de pression atmosphériques n'auront été aussi perceptibles. L'altitude rend les vols plus aléatoires. Je me penche, l'embrasse doucement sur la joue et lui souris en disant
    "détends-toi". Il grimace.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je me cale dans le fauteuil et ferme les yeux.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des images reviennent.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le sourire du taxi qui nous a emmenés de Cusco au site de Pisac. Ses considérations sur le foot et le surf. Les petites bondieuseries accrochées au rétroviseur
    censées nous porter bonheur sur la route.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'absence de dents de cette femme à qui j'ai acheté des petits pains dans La Paz. Pour même pas un boliviano. Pour rien, quoi.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">Les animaux errants, chiens, cochons, ânes, lamas, moutons, vaches...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Nos immenses ombres créées par le soleil levant sur le Salaar de Uyuni.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les yeux sombres de ces gamins jouant aux petites voitures affalés sur des trottoirs sales. La saleté sur leurs joues. Leurs sourires.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les viscachas, ces lapins-peluches sautant comme des kangourous.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les églises et leurs immenses statues de Marie, drapées, couronnées. Le doré et le kitsch des autels.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les couchers de soleil. Au milieu des montagnes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le chaman m'expliquant les offrandes de la Mesa Ceremonial. Mes difficultés à tout comprendre, nos espagnols n'étant pas les mêmes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les immenses pierres de Saqsaywaman.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des sensations.</span>&nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les douleurs ophtalmiques et le flou visuel s'estompant peu à peu.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'oppression dans ma poitrine quand, le premier jour arrivant à La Paz, j'ai attrapé mes 13 kilos de sac pour les mettre sur mes épaules. Hypoxie d'altitude.
    Palpitations et vertiges.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les plaques sèches de ma peau, cicatrices des brûlures du froid des hauts plateaux sur mes cuisses et mes fesses.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les traces de frottement du sac à dos sur mes lombes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'eau glacée de la douche de l'hôtel de la Isla Del Sol.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'attente pour obtenir un visa. Plusieurs fois.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'immense bonheur d'être parvenue à grimper jusqu'en haut du Machu puis du Wayna Picchu. Les larmes aux yeux. La faim. La sensation d'avoir réalisé un exploit.
    Alors que bon. Le Twix mangé en haut.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les courbatures de la cuisse gauche le lendemain. Et seulement de la cuisse gauche.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La chaleur des rayons du soleil sur ma peau, brûlants, contrastant avec le vent glacial.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La douceur des peaux de lamas.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les cahots du 4x4.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La chaleur des eaux d'Aguas Calientes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">Les rires de MrPoilu retrouvant Y.&nbsp;</span><span style="font-size: 13px;">Le lumineux sourire de L. Les repas pris ensemble, les
    taxis partagés, les bons moments passés. Cette discussion avec L, en anglais, à propos d'enfants, d'avenir, de leur voyage, de tout ça entremêlé.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 13px;">Les cris des gars des minibus, pour annoncer la destination.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des goûts, des couleurs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le fondant de la viande de lama.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les livres lus.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le mate de coca, si excitant.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les mantas, contenant enfants, aliments, bricoles à vendre, sur les épaules des femmes. Leurs petits chapeaux melons, leurs tresses.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'immensité blanche du Salaar. Son apparence de glace.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le rouge de la Laguna Colorada.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le bleu clair du ciel. Le bleu sombre du Lac Titicaca.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les Maracuja Sour, les Pisco Sour, l'ivresse.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le fondant des empanadas au poulet, au fromage.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Le rose des flamants.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">La sortie d'église d'un mariage, musique, costumes, danse.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les bonnets, écharpes, pulls tricotés main par les cholitas dans les minibus, par terre dans la rue, partout.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les mojitos aux feuilles de coca. Un délice.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les fleurs de cactus, jaunes, rouges, blanches...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Les nombreux petits déjeuners, souvent délicieux.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Toutes ces vallées, ces plateaux, ces montagnes, ces rivières, ces lagunes. Toutes ces marches montées, descendues. Tous ces gens croisés. Tous ces plats goutés.
    Toutes ces photos mal prises, mal cadrées, floues. Tout ça. Tant de souvenirs.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'avion soubresaute beaucoup. Sa main attrape la mienne, elle est moite, il se grandit pour voir au dessus des sièges, comme si son regard noir pouvait effrayer les
    trous d'air. Ca me fait toujours beaucoup rire de le voir. Et quand je ris, son regard noir m'est destiné.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il m'a suivie dans mon rêve. Depuis toujours, je voulais arpenter les hauts plateaux. Depuis toujours, je savais qu'un jour j'irais au MachuPicchu. Mais depuis
    toujours, je repoussais. Cet été c'est devenu un besoin, de parler espagnol, de me perdre avec mon sac à dos, de voir par moi-même ce qui m'avait toujours attirée sur les photos, de réaliser mon
    rêve.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Lui appréhendait beaucoup. Ce n'était pas son rêve. Et nous vivions une période difficile. Après discussion pour savoir si nous ne serions pas mieux à glander sur
    une plage, il m'a laissée choisir la destination et prendre les billets. Jour après jour, main dans la main, nous nous sommes émerveillés ensemble. Jour après jour, nous avons découvert des
    boliviens bien loins de ce que nous avions lu. Jour après jour, nous avons eu froid, chaud et ça a été bon.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Aujourd'hui, il a les mêmes étoiles que moi dans les yeux. Et nous allons mieux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y aura toujours des turbulences dans notre vie. Je serre sa main plus fort à chaque fois.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img alt="AméSud (487)" height="225" width="300" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--487-.JPG">
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le viscacha, lapin-kangourou</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;">En vrai c'est cro meugnon, tu voudrais lui faire plein de calins!</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img alt="AmeSud--674-.JPG" height="225" width="300" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--674-.JPG"></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Nos ombres sur le Salaar</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">On est vraiment beaux comme ça!</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><img alt="AméSud (531)" height="225" width="300" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--531-.JPG"></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Un lama, plus poilu que MrPoilu</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--717-.JPG" class="CtreTexte" width="300" height="225" alt="AmeSud--717-.JPG"></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">La laguna colorada, le plus beau miroir du monde</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img alt="AmeSud--1243-.JPG" height="225" width="300" class="CtreTexte" src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--1243-.JPG"></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le lac Titicaca, depuis les hauteurs de Copacabana</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--1954-.JPG" class="CtreTexte" width="300" height="225" alt="AmeSud--1954-.JPG">
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Le Machu Picchu, vu depuis le Wayna Picchu</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;">où on constate que c'est haut, et que le chemin qui croise</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;">la route sur la gauche est sacrément pentu!</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;">Et que je les ai montées ces 2700 saloperies de marches.</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--897-.JPG" class="CtreTexte" width="300" height="225" alt="AméSud (897)"></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Mes pieds, au matin, sur le salaar</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;">Hein qu'on dirait de la glace? Et pas du sel?</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 8pt;"><img src="http://img.over-blog.com/300x225/4/17/60/66/AmeSud--2283-.JPG" class="CtreTexte" width="300" height="225" alt="AmeSud--2283-.JPG"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 10pt;">Une cholita, portant le manta</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Cicatrisation]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-cicatrisation-110821082.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-cicatrisation-110821082.html</guid>
            <pubDate>Wed, 03 Oct 2012 10:48:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées qui commencent tôt. Très tôt.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où c'est difficile d'ouvrir les yeux, de sortir du lit.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où ça miaule derrière la porte de la chambre, puis de la salle de bains, puis jusqu'à la cuisine. Et où ça ne se calme qu'une fois la gamelle de
    pâtée posée au sol.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où la question "me lave-je les cheveux aujourd'hui?" ne se pose même pas, tant la fatigue est là.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où, grâce à l'heure précoce, il n'y a pas trop de bouchons.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on attend plus d'une heure dans une salle d'attente pour apprendre que "la cornée montre une cicatrice, mmh les lentilles il faudrait voir
    mon collègue c'est lui le spécialiste, mmm pour la chirurgie réfractive attendez deux mois et voyez mon autre collègue c'est lui le spécialiste". Mais c'est cicatrisé, alors c'est bien.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où le petit pain au chocolat qu'on mange avec faim est le meilleur, le plus fondant, le plus chocolaté du monde.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on se demande si on n'irait pas toucher quelques pianos, pour voir, pour écouter, pour acheter. Et puis non. On ira un autre jour, un jour où
    on aura le temps.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où SuperSecrétaire sourit.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on n'a qu'une seule visite, alors on peut prendre son temps, écouter la litanie des plaintes, chercher ce qu'il y a derrière, avoir
    l'impression d'avoir trouvé, partir en regardant Lisette, le sourire enfin sur le visage, la main sur la porte, disant "au revoir docteur, à bientôt".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on a des nouvelles d'Alfred. Et merde, on aurait préféré ne pas en avoir en fait.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où Associé dit "merci, depuis que t'es là, les choses bougent, j'attendais ça depuis longtemps".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on reçoit enfin par mail des documents cherchés depuis des mois. Même s'ils ne résolvent pas le mystère de la location des
    ordinateurs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on se rend compte que dans le tupperware sorti vite du congélateur le matin, il n'y a que des choux de bruxelles, sans viande, sans rien. Et
    où finalement on ouvre une boite de conserve.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on mange avec des gens qui deviennent des amis. Petit à petit. Et où on se goinfre de Crunch, alors qu'on n'aime pas ça. Normalement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on n'a pas le temps de passer les coups de fils qu'on aurait dû. Parce que quelqu'un voulait être vu vite pour une douleur intolérable, qui
    finalement n'est déjà plus...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on promène entre une demie et une heure de retard tout l'après-midi et où quand on s'excuse, on entend "c'est pas grave", "au moins vous nous
    écoutez", "mais c'est rien, j'ai le temps".&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des journées où on avoue "non, je ne me rappelle pas le courrier du spécialiste vous concernant, attendez, je vais le relire".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des consultations qu'on termine vautré dans son fauteuil, pas si inconfortable finalement, à dire à un patient "je suis bien contente qu'on avance dans votre
    diabète" et le voir sourire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des jours où on écoute Alex Clare avant de rentrer pendant que les FSE s'envoient.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où on rentre à la maison fatigué mais souriant.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où à la maison, ça sent bon, et où on entend "j'ai fait des knepfles, t'avais dit que t'aimerais en manger". Et où c'est pas les knepfles qu'on
    voudrait croquer.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où on fait du feu, pas vraiment parce qu'il fait froid, mais pour faire du feu. Et où ça ne prend pas.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où on a l'impression d'être un portier pour chats.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où on tente de concentrer son esprit sur Arte, mais où l'esprit divague. Alors finalement on va se coucher.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a des soirs où on s'endort avec l'impression d'avoir passé une bonne journée. L'impression d'avoir pansé ses blessures. Au moins partiellement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et c'est vrai.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Médecine 2.0 ou les propositions des médecins blogueurs...]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-medecine-2-0-ou-les-propositions-des-med-109488410.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-medecine-2-0-ou-les-propositions-des-med-109488410.html</guid>
            <pubDate>Mon, 03 Sep 2012 09:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <strong id="internal-source-marker_0.5598268727771938" style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium; font-weight: normal;">&nbsp;... pour faire renaître la médecine générale.</strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 15px; font-family: Calibri; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;">Je sors de ma léthargie pour publier avec mes collègues blogueurs nos propositions pour
    lutter contre les déserts médicaux sans passer par la coercition, qui aura l'effet inverse de celui attendu, comme déjà constaté dans d'autres pays. Nous médecins souhaitons exercer notre métier
    dans de bonnes conditions, en ayant une vie personnelle équilibrée, qui nous permettre d'être de meilleurs praticiens. Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est un souhait de bien travailler, d'apporter
    aux patients l'écoute et la concentration qui leur sont dues.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 15px; font-family: Calibri; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;">Nous sommes pointés du doigt car nous ne voulons pas aller là où il n'y a plus rien, là où
    nos enfants n'ont pas d'école, là où nous devrions bosser 24/24, seuls,&nbsp;</span><span style="font-family: Calibri; font-size: 15px; white-space: pre-wrap;">où il n'y a pas de
    boulangerie,</span> <span style="font-family: Calibri; font-size: 15px; white-space: pre-wrap;">là où nos conjoints n'ont pas de travail, à moins d'être en déplacement plusieurs jours, et dans ce
    cas, qui s'occupe des enfants etc...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 15px; font-family: Calibri; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;">Malheureusement nous sommes tous responsables de la désertification de nos campagnes et de
    certaines zones urbaines. Nous avons laissé les commerces fermer, les lignes de train cesser de rouler, les maisons se vider... Nos gouvernements successifs ont fait comme d'habitude, ils ont
    attendu d'être au pied du mur pour avoir des idées qui ne sont pas réalisables. J'assiste à beaucoup de réunions desquelles aucune idée ne sort. Les jeunes reprochent aux vieux de vouloir garder
    leurs "avantages", les vieux reprochent aux jeunes leur idéalisme et leurs désirs de changement.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 15px; font-family: Calibri; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;">Nous sommes médecins généralistes, installés, remplaçants, jeunes et vieux. Nous pratiquons
    tous les jours ce métier que nous aimons. Nous souhaitons que l'accès aux soins continue d'être garanti en France. Nous souhaitons continuer d'exercer ce métier comme nous pensons qu'il est bon
    pour nous et nos patients. Pour cela, nous avons réfléchi et nous avons des idées à proposer.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 15px; white-space: pre-wrap;">Nous sommes désolés si certains auraient voulu participer aux réfléxions. Il n'était pas évident de
    réfléchir et d'échanger en étant si nombreux. Vos propositions sont les bienvenues.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Et si vous souhaitez soutenir les propositions suivantes, n'hésitez pas sur :</span> <a href=
    "http://www.atoute.org/n/Medecine-Generale-2-0.html">Atoute</a><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;">Je m'excuse pour la mise en page, j'ai de gros problèmes d'yeux en ce moment et c'est assez difficile de se concentrer sur un écran.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <div class="OutlineElement Ltr SCX145673741" style="margin: 0px; padding: 0px; font-family: Cambria, serif; font-size: 11px; text-indent: 56px;">
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="color: #284677;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong><span style="font-size: 24pt;">Médecine
      générale 2.0</span></strong></span></span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #284677;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong><span style="font-size: 14pt;">Les
      propositions des médecins généralistes blogueurs</span></strong></span></span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #284677;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong><span style="font-size: 14pt;">pour faire
      renaître la médecine générale</span></strong></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de
      qualité répartis sur le territoire ? Chacun semble avoir un avis sur ce sujet, d’autant plus tranché qu’il est éloigné des réalités du terrain.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; text-indent: 1.5cm; font-size: 10pt;">Nous, médecins généralistes blogueurs, acteurs d’un «&nbsp;monde de la santé&nbsp;2.0&nbsp;», nous nous
      reconnaissons mal dans les positions émanant des diverses structures officielles qui, bien souvent, se contentent de défendre leur pré carré et s’arc-boutent sur les ordres établis.</span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; text-indent: 1.5cm; font-size: 10pt;">À l’heure où les discussions concernant l’avenir de la médecine générale font la une des médias, nous avons
      souhaité prendre position et constituer une force de proposition.</span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; text-indent: 1.5cm; font-size: 10pt;">Conscients des enjeux et des impératifs qui sont devant nous, héritages d’erreurs passées, nous ne
      souhaitons pas nous dérober à nos responsabilités. Pas plus que nous ne souhaitons laisser le monopole de la parole à d’autres.</span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; text-indent: 1.5cm; font-size: 10pt;">Notre ambition est de délivrer à nos patients des soins primaires de qualité, dans le respect de l’éthique
      qui doit guider notre exercice, et au meilleur coût pour les budgets sociaux. Nous souhaitons faire du bon travail, continuer à aimer notre métier, et surtout le faire aimer aux générations
      futures de médecins pour lui permettre de perdurer.</span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; text-indent: 1.5cm; font-size: 10pt;">Nous pensons que c’est possible.</span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 24pt;">Sortir du modèle
      centré sur l’hôpital</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La réforme de 1958 a lancé l’hôpital universitaire moderne. C’était une bonne
      chose qui a permis à la médecine française d’atteindre l’excellence, reconnue internationalement.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Pour autant, l’exercice libéral s’est trouvé marginalisé, privé d’enseignants,
      coupé des étudiants en médecine. En 50 ans, l’idée que l’hôpital doit être le lieu quasi unique de l’enseignement médical s’est ancrée dans les esprits. Les universitaires en poste actuellement
      n’ont pas connu d’autre environnement.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">L’exercice hospitalier et salarié est ainsi devenu une norme, un modèle unique
      pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice libéral qu’ils n’ont jamais rencontré pendant leurs études.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">C’est une profonde anomalie qui explique en grande partie nos difficultés
      actuelles.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Cet hospitalo-centrisme a eu d’autres conséquences
      dramatiques&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les médecins généralistes (MG) n’étant pas présents à l’hôpital n’ont eu
          accès que tout récemment et très partiellement à la formation des étudiants destinés à leur succéder.</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les budgets universitaires dédiés à la MG sont ridicules en regard des
          effectifs à former.</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Lors des négociations conventionnelles successives depuis 1989, les
          spécialistes formés à l’hôpital ont obtenu l’accès exclusif aux dépassements d’honoraires créés en 1980, au détriment des généralistes contraints de se contenter d’honoraires conventionnels
          bloqués.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Pour casser cette dynamique mortifère pour la médecine générale, <strong>il
      nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Cette réforme aura un double effet&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Rendre ses lettres de noblesse à la médecine «&nbsp;de
          ville&nbsp;»</strong> et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice.</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement
          opérationnels dans les zones sous-médicalisées</strong>.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives
      <strong>aussi injustes qu’inapplicables</strong> contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Nous faisons l’analyse que toute mesure visant à obliger les jeunes MG à
      s’installer en zone déficitaire aurait un effet majeur de repoussoir. Elle ne ferait qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres
      salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>C’est au contraire une véritable réflexion sur l’avenir de notre
      système de santé solidaire que nous souhaitons mener.</strong> Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’erreurs considérables commises avec la complicité passive de confrères plus âgés, dont
      certains voudraient désormais en faire payer le prix aux jeunes générations.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style=
      "font-size: 24pt;">Idées-forces</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les idées qui sous-tendent notre proposition sont résumées ci-dessous, elles
      seront détaillées ensuite.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Elles sont applicables rapidement.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">1) <strong>Construction</strong> par les collectivités locales ou les ARS
      <strong>de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires</strong> qui deviennent aussi des maisons médicales de garde pour la permanence des soins, <strong>en étroite collaboration avec les
      professionnels de santé locaux</strong>.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">2) <strong>Décentralisation universitaire</strong> qui rééquilibre la ville par
      rapport à l’hôpital&nbsp;: les MSP se voient attribuer un statut universitaire et hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique. Elles deviennent des <strong>MUSt&nbsp;: Maisons
      Universitaires de Santé</strong> qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">3) <strong>Attractivité de ces MUSt pour les médecins seniors qui acceptent de
      s’y installer et d’y enseigner</strong>&nbsp;: statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à
      l’activité.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">4) <strong>Création d’un nouveau métier de la santé&nbsp;: «&nbsp;Agent de
      gestion et d’interfaçage de MUSt&nbsp;» (AGI)</strong>. Ces agents polyvalents assurent la gestion de la <strong>MUSt</strong>, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des
      actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la <strong>MUSt</strong> et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la
      secrétaire médicale de la <strong>MUSt</strong>.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #345a8a;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>1) 1000
      Maisons Universitaires de Santé</strong></span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le chiffre paraît énorme, et pourtant... Dans le cadre d’un appel d’offres
      national, le coût unitaire d’une <strong>MUSt</strong> ne dépassera pas le million d’euros (1000 &nbsp;m2. Coût 900&nbsp;€/m2).</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le foncier sera fourni gratuitement par les communes ou les intercommunalités
      mises en compétition pour recevoir la <strong>MUSt</strong>. Il leur sera d’ailleurs demandé en sus de fournir des logements à prix très réduit pour les étudiants en stage dans la
      <strong>MUSt</strong>. Certains centres de santé municipaux déficitaires pourront être convertis en <strong>MUSt.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Au final, la construction de ces 1000 MUSt ne devrait pas coûter plus
      cher</strong> que la vaccination antigrippale de 2009 ou 5 ans de prescriptions de médicaments (inutiles) contre la maladie d’Alzheimer. C’est donc possible, pour ne pas dire
      facile.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Une <strong>MUSt</strong> est appelée à recevoir des médecins généralistes et
      des paramédicaux. La surface non utilisée par l’activité de soin universitaire peut être louée à d’autres professions de santé qui ne font pas partie administrativement de la
      <strong>MUSt</strong> (autres médecins spécialistes, dentiste, laboratoire d’analyse, cabinet de radiologie...). Ces <strong>MUSt</strong> deviennent de véritables pôles de santé urbains et
      ruraux.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le concept de <strong>MUSt</strong> fait déjà l’objet d’expérimentations, dans
      le 94 notamment, il n’a donc rien d’utopique.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #345a8a;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>2)
      L’université dans la ville</strong></span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le personnel médical qui fera fonctionner ces <strong>MUSt</strong> sera
      constitué en grande partie d’internes et de médecins en post-internat&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Des internes</strong> en médecine générale pour deux de leurs
          semestres qu’ils passaient jusqu’ici à l’hôpital. Leur cursus comportera donc en tout 2 semestres en <strong>MUSt</strong>, 1 semestre chez le praticien et 3 semestres hospitaliers.
          <strong>Ils seront rémunérés par l’ARS, subrogée dans le paiement des honoraires facturés aux patients</strong> qui permettront de couvrir une partie de leur rémunération. Le coût global de
          ces internes pour les ARS sera donc très inférieur à leur coût hospitalier du fait des honoraires perçus.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>De chefs de clinique universitaire de médecine générale
          (CCUMG)</strong>, postes à créer en nombre pour rattraper le retard pris sur les autres spécialités. Le plus simple est d’attribuer proportionnellement à la médecine générale autant de
          postes de CCU ou assimilés qu’aux autres spécialités (un poste pour deux internes), soit un minimum de 3000 postes (1500 postes renouvelés chaque année). La durée de ce clinicat est de deux
          ans, ce qui garantira la présence d’au moins deux CCUMG par MUSt. Comme les autres chefs de clinique, ces CCUMG sont rémunérés à la fois par l’éducation nationale (part enseignante) et par
          l’ARS, qui reçoit en retour les honoraires liés aux soins délivrés. Ils bénéficient des mêmes rémunérations moyennes, prérogatives et avantages que les CCU hospitaliers.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Il pourrait être souhaitable que leur revenu comprenne une base
      salariée majoritaire, mais aussi une part variable dépendant de l’activité</strong> (par exemple, 20&nbsp;% du montant des actes pratiqués) comme cela se pratique dans de nombreux dispensaires
      avec un impact significatif sur la productivité des consultants.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Des externes</strong> pour leur premier stage de DCEM3, tel que
          prévu par les textes et non appliqué faute de structure d’accueil. Leur modeste rémunération sera versée par l’ARS. Ils ne peuvent pas facturer d’actes, mais participent à l’activité et à
          la productivité des internes et des CCUMG.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>De médecins seniors au statut mixte&nbsp;: les MG
          libéro-universitaires.</strong> Ils ont le choix d’être rémunérés par l’ARS, subrogée dans la perception de leurs honoraires (avec une part variable liée à l’activité) ou de fonctionner
          comme des libéraux exclusifs pour leur activité de soin. Une deuxième rémunération universitaire s’ajoute à la précédente, liée à leur fonction d’encadrement et d’enseignement. Du fait de
          l’importance de la présence de ces CCUMG pour lutter contre les déserts médicaux, leur rémunération universitaire pourra être financée par des budgets extérieurs à l’éducation nationale ou
          par des compensations entre ministères.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Au-delà de la nouveauté que représentent les MUSt, il nous paraît nécessaire,
      sur le long terme, de repenser l’organisation du cursus des études médicales sur un plan géographique en favorisant au maximum <strong>la décentralisation hors CHU, aussi bien des stages que
      des enseignements.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">En effet, comment ne pas comprendre qu’un jeune médecin qui a passé une dizaine
      d’années dans sa ville de faculté et y a construit une vie familiale et amicale ne souhaite pas bien souvent y rester ?</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-size: 10pt; font-family: 'andale mono', times;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Une telle organisation existe déjà, par exemple, pour les écoles infirmières,
      garantissant une couverture assez harmonieuse de tout le territoire par cette profession, et les nouvelles technologies permettent d’ores et déjà, de manière simple et peu onéreuse, cette
      décentralisation pour tous les enseignements théoriques.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #345a8a;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>3)
      Incitation plutôt que coercition&nbsp;: des salaires aux enchères</strong></span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le choix de la MUSt pour le bref stage de ville obligatoire des DCEM3 se fait
      par ordre alphabétique avec tirage au sort du premier à choisir, c’est la seule affectation qui présente une composante coercitive.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le choix de la MUSt pour les chefs de clinique et les internes se pratique sur
      <strong>le principe de l’enchère</strong>&nbsp;: au salaire de base égal au SMIC est ajouté une prime annuelle qui sert de régulateur de choix&nbsp;: la prime augmente à partir de zéro jusqu’à
      ce qu’un(e) candidat(e) se manifeste. Pour les MUSt «&nbsp;difficiles&nbsp;», la prime peut atteindre un montant important, car elle n’est pas limitée. Par rapport à la rémunération actuelle
      d’un CCU (45&nbsp;000&nbsp;€/an), nous faisons le pari que la rémunération globale moyenne n’excédera pas ce montant.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">En cas de candidats multiples pour une prime à zéro (et donc une rémunération
      de base au SMIC pour les MUSt les plus attractives) un tirage au sort départage les candidats.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Ce système un peu complexe présente <strong>l’énorme avantage de ne créer
      aucune frustration</strong> puisque chacun choisit son poste en mettant en balance la pénibilité et la rémunération.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>De plus, il permet d’avoir la garantie que tous les postes seront
      pourvus.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Ce n’est jamais que la reproduction du fonctionnement habituel du marché du
      travail&nbsp;: l’employeur augmente le salaire pour un poste donné jusqu’à trouver un candidat ayant le profil requis et acceptant la rémunération. La différence est qu’il s’agit là de
      fonctions temporaires (6 mois pour les internes, 2 ans pour les chefs de clinique) justifiant d’intégrer cette rémunération variable sous forme de prime.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Avec un tel dispositif, ce sont 6 000 médecins généralistes qui seront
      disponibles en permanence dans les zones sous-médicalisées&nbsp;: 3000 CCUMG et 3000 internes de médecine générale.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #345a8a;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>4) Un
      nouveau métier de la santé&nbsp;: AGI de MUSt</strong></span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les MUSt fonctionnent bien sûr avec une ou deux secrétaires médicales suivant
      leur effectif médical et paramédical.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Mais la nouveauté que nous proposons est la création d’un nouveau métier&nbsp;:
      <strong>Agent de Gestion et d’Interfaçage (AGI) de MUSt</strong>. Il s’agit d’un condensé des fonctions remplies à l’hôpital par les agents administratifs et les cadres de santé
      hospitaliers.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">C’est une véritable fonction de <strong>cadre supérieur de santé</strong> qui
      comporte les missions suivantes au sein de la MUSt&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Gestion administrative et technique (achats, coordination des
      dépenses…).</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Gestion des ressources humaines.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Interfaçage avec les tutelles universitaires</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Interfaçage avec l’ARS, la mairie et le Conseil Régional</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Gestion des locaux loués à d’autres professionnels.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Si cette nouvelle fonction se développe initialement au sein des MUSt, il sera
      possible ensuite <strong>de la généraliser</strong> aux cabinets de groupes ou maisons de santé non universitaires, et de proposer des solutions mutualisées pour tous les médecins qui le
      souhaiteront.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Cette délégation de tâches administratives est en effet indispensable afin de
      permettre aux MG <strong>de se concentrer sur leurs tâches réellement médicales</strong>&nbsp;: là où un généraliste anglais embauche en moyenne&nbsp;2,5 équivalents temps plein, le généraliste
      français en est à une ½ secrétaire ; et encore, ce gain qualitatif représente-t-il parfois un réel sacrifice financier.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Directement ou indirectement, il s’agit donc de nous donner les moyens de
      travailler correctement sans nous disperser dans des tâches administratives ou de secrétariat.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #345a8a;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 14pt;"><strong>Une
      formule innovante&nbsp;: les «&nbsp;chèques-emploi médecin&nbsp;»</strong></span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Une solution complémentaire à l’AGI pourrait résider dans la création de</span>
      <span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>«&nbsp;chèques-emploi&nbsp;» financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.</strong></span><sup><span style=
      "font-family: Calibri, sans-serif;"><strong><a href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></strong></span></sup></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI,
      secrétaires, personnel d’entretien) employés par les cabinets de médecins libéraux, équivalent du chèque-emploi pour les familles.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un
      temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Cette solution stimulerait l’emploi dans les déserts médicaux et pourrait donc
      bénéficier de subventions spécifiques. Le chèque-emploi servirait ainsi directement à une amélioration qualitative des soins et à dégager du temps médical pour mieux servir la
      population.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Il est beaucoup question de «&nbsp;délégation de tâche&nbsp;» actuellement. Or
      ce ne sont pas les soins aux patients que les médecins souhaitent déléguer pour améliorer leur disponibilité&nbsp;: ce sont les contraintes administratives !</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Former des agents administratifs est bien plus simple et rapide que de former
      des infirmières, professionnelles de santé qualifiées qui sont tout aussi nécessaires et débordées que les médecins dans les déserts médicaux.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 24pt;">Aspects
      financiers&nbsp;: un budget très raisonnable</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Nous avons vu que la construction de 1000 MUSt coûtera moins cher que 5 ans de
      médicaments anti-Alzheimer ou qu’une vaccination antigrippale comme celle engagée contre la pandémie de 2009.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les internes étaient rémunérés par l’hôpital, ils le seront par l’ARS. Les
      honoraires générés par leur activité de soin devraient compenser les frais que l’hôpital devra engager pour les remplacer par des FFI, permettant une opération neutre sur le plan financier,
      comme ce sera le cas pour les externes.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La rémunération des chefs de clinique constitue un coût supplémentaire, à la
      mesure de l’enjeu de cette réforme. Il s’agit d’un simple rattrapage du retard pris dans les nominations de CCUMG chez les MG par rapport aux autres spécialités. De plus, la production
      d’honoraires par les CCUMG compensera en partie leurs coûts salariaux. La dépense universitaire pour ces 3000 postes est de l’ordre de 100 millions d’euros par an, soit 0,06&nbsp;% des dépenses
      de santé françaises. À titre de comparaison, le plan Alzheimer 2008-2012 a été doté d’un budget de 1,6 milliard d’euros. Il nous semble que le retour des médecins dans les campagnes est un
      objectif sanitaire, qui justifie lui aussi un «&nbsp;Plan&nbsp;» et non des mesures hâtives dépourvues de vison à long terme.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">N’oublions pas non plus qu’une médecine de qualité dans un environnement
      universitaire est réputée moins coûteuse, notamment en prescriptions médicamenteuses. Or, un médecin «&nbsp;coûte&nbsp;» à l’assurance-maladie le double de ses honoraires en médicaments. Si ces
      CCUMG prescrivent ne serait-ce que 20&nbsp;% moins que la moyenne des &nbsp;autres prescripteurs, c’est 40&nbsp;% de leur salaire qui est économisé par l’assurance-maladie.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Les secrétaires médicales seront rémunérées en partie par la masse d’honoraires
      générée, y compris par les «&nbsp;libéro-universitaires&nbsp;», en partie par la commune ou l’intercommunalité candidate à l’implantation d’une MUSt.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 24pt;">Le reclassement
      des visiteurs médicaux</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Le poste d’Agent de Gestion et d’Interfaçage (AGI) de MUSt constitue le seul
      budget significatif créé par cette réforme. Nous avons une proposition originale à ce sujet. Il existe actuellement en France plusieurs milliers de <strong>visiteurs médicaux</strong> assurant
      la promotion des médicaments auprès des prescripteurs. Nous savons que cette promotion est responsable de surcoûts importants pour l’assurance-maladie. Une solution originale consisterait à
      interdire cette activité promotionnelle et à utiliser ce vivier de ressources humaines libérées pour créer les AGI.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">En effet, le devenir de ces personnels constitue l’un des freins majeurs
      opposés à la suppression de la visite médicale. Objection recevable ne serait-ce que sur le plan humain. Ces personnels sont déjà répartis sur le territoire, connaissent bien l’exercice médical
      et les médecins. Une formation supplémentaire de un an leur permettrait d’exercer cette nouvelle fonction plus prestigieuse que leur ancienne activité commerciale.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Dans la mesure où leurs salaires (industriels) étaient forcément inférieurs aux
      prescriptions induites par leurs passages répétés chez les médecins, il n’est pas absurde de penser que l’économie induite pour l’assurance-maladie et les mutuelles sera supérieure au coût
      global de ces nouveaux agents administratifs de ville.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Il s’agirait donc d’une solution réaliste, humainement responsable et
      économiquement neutre pour l’assurance maladie.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Globalement, cette réforme est donc peu coûteuse. Nous pensons qu’elle
      pourrait même générer une économie globale, tout en apportant plusieurs milliers de soignants immédiatement opérationnels là où le besoin en est le plus criant.</strong></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">De toute façon, les autres mesures envisagées sont soit plus coûteuses
      (fonctionnarisation des médecins libéraux) soit irréalisables (implanter durablement des jeunes médecins là où il n’y a plus d’école, de poste, ni de commerces). Ce n’est certainement pas en
      maltraitant davantage une profession déjà extraordinairement fragilisée qu’il sera possible d’inverser les tendances actuelles.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style=
      "font-size: 24pt;">Calendrier</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La réforme doit être mise en place avec «&nbsp;agilité&nbsp;». Le principe sera
      testé dans des MUSt expérimentales et modifié en fonction des difficultés rencontrées. L’objectif est une généralisation en 3 ans.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Ce délai permettra aux étudiants de savoir où ils s’engagent lors de leur choix
      de spécialité. Il permettra également de recruter et former les maîtres de stage libéro-universitaires ; il permettra enfin aux ex-visiteurs médicaux de se former à leurs nouvelles
      fonctions.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="color: #17365d;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 24pt;">Et quoi
      d’autre ?</span></span></span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Dans ce document, déjà bien long, nous avons souhaité cibler des propositions
      simples et originales. Nous n’avons pas voulu l’alourdir en reprenant de nombreuses autres propositions déjà exprimées ailleurs ou qui nous paraissent dorénavant des évidences, par
      exemple&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>L’indépendance</strong> de notre formation initiale et continue
          vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique ou de tout autre intérêt particulier.</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La nécessité d’assurer une <strong>protection sociale</strong>
          satisfaisante des médecins (maternité, accidents du travail…).</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La nécessaire diversification des modes de rémunération.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><strong>Si nous ne rejetons pas forcément le principe du paiement à l’acte –
      qui a ses propres avantages –, il ne nous semble plus pouvoir constituer le seul socle de notre rémunération.</strong> Il s’agit donc de&nbsp;:</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Augmenter la part de revenus forfaitaires, actuellement
      marginale.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Ouvrir la possibilité de systèmes de rémunération mixtes associant capitation
      et paiement à l’acte ou salariat et paiement à l’acte.</span></span>
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;">— <span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Surtout, inventer un cadre flexible, car nous pensons qu’il devrait être
      possible d’exercer la «&nbsp;médecine de famille&nbsp;» ambulatoire en choisissant son mode de rémunération.</span></span>
    </p>
    <ul>
      <li>
        <p>
          <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La fin de la logique mortifère de la rémunération à la performance fondée
          sur d’hypothétiques critères «&nbsp;objectifs&nbsp;», constat déjà fait par d’autres pays qui ont tenté ces expériences. En revanche, il est possible d’inventer <strong>une évaluation
          qualitative intelligente</strong> à condition de faire preuve de courage et d’imagination.</span></span>
        </p>
      </li>
      <li>
        <p>
          <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">La nécessité de viser globalement une <strong>revalorisation des
          revenus</strong> des généralistes français qui sont aujourd’hui au bas de l’échelle des revenus parmi les médecins français, mais aussi en comparaison des autres médecins généralistes
          européens.</span></span>
        </p>
      </li>
    </ul>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">D’autres pays l’ont compris&nbsp;: lorsque les généralistes sont mieux
      rémunérés et ont les moyens de travailler convenablement, les dépenses globales de santé baissent !</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Riche de notre diversité d’âges, d’origines géographiques ou de mode
      d’exercice, et partageant pourtant la même vision des fondamentaux de notre métier, notre communauté informelle est prête à prendre part aux débats à venir.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;">Dotés de nos propres outils de communication (blogs, forums, listes de
      diffusion et d’échanges, réseaux sociaux), nous ambitionnons de contribuer à la fondation d’une médecine générale 2.0.</span></span>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 10pt;"><span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><br></span></span>
    </p>
    <div id="sdfootnote1">
      <p>
        <span style="font-family: 'andale mono', times; font-size: 8pt;"><a href="#sdfootnote1anc">1</a> <span style="font-family: Calibri, sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
        "text-decoration: underline;">À titre d’exemple, pour 100 patients enregistrés, la caisse abonderait l'équivalent de 2 ou 2,5 heures d'emploi hebdomadaires et le médecin aurait la possibilité
        de prendre ces "tickets" en payant une somme équivalente (pour arriver à un temps plein sur une patientèle type de 800 patients).</span></span></span></span>
      </p>
    </div>
  </div>
  <div class="OutlineElement Ltr SCX145673741" style="margin: 0px; padding: 0px; font-family: Cambria, serif; font-size: 11px; text-indent: 56px;">
    <p class="Paragraph SCX145673741">
      &nbsp;
    </p>
    <p class="Paragraph SCX145673741">
      <span class="TextRun SCX145673741" style="margin: 0px; padding: 0px; word-wrap: normal !important; font-size: 12pt; font-family: Calibri, sans-serif;"><br></span>
    </p>
  </div>
  <p>
    &nbsp; &nbsp; &nbsp; Signataires :
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://www.anthologia.fr/" target="_blank">http://www.anthologia.fr</a> AliceRedSparrow @AliceRedsparrow
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://boree.eu/" target="_blank">http://boree.eu</a> Borée @Dr_Boree
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://lebruitdessabots.blogspot.fr/" target="_blank">http://lebruitdessabots.blogspot.fr</a> Bruit des sabots @bruitdessabots
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/" target="_blank">http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr</a> Christian Lehmann @LehmannDrC <a href=
    "http://bulledeviebulledesurvie.over-blog.com/" target="_blank">http://bulledeviebulledesurvie.over-blog.com</a> Doc Bulle @DocBulle
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://docmaman.canalblog.com/" target="_blank">http://docmaman.canalblog.com</a> Doc Maman @docmamz
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://souristine.blogspot.fr/" target="_blank">http://souristine.blogspot.fr</a> Doc Souristine @Souristine
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://www.docteurmilie.fr/wordpress" target="_blank">http://www.docteurmilie.fr/wordpress</a> Docteur Milie @docteurmilie
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://docteurv.com/" target="_blank">http://docteurv.com</a> Docteur V @Docteur_V
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://www.atoute.org/" target="_blank">http://www.atoute.org</a> Dominique Dupagne @DDupagne
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://ledocteurcouine.wordpress.com/" target="_blank">http://ledocteurcouine.wordpress.com</a> Dr Couine @DrCouine
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://drfoulard.fr/" target="_blank">http://drfoulard.fr</a> Dr Foulard @Dr_Foulard
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://docteursachs.unblog.fr/" target="_blank">http://docteursachs.unblog.fr</a> Dr Sachs Jr @docteursachs
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://drstephane.fr/" target="_blank">http://drstephane.fr</a> Dr Stéphane @Dr_Stephane
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://dzb17.com/" target="_blank">http://dzb17.com</a> Dzb17 @Dzb17
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://tekhnemakpe.blogspot.fr/" target="_blank">http://tekhnemakpe.blogspot.fr</a> Euphraise @euphraise
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://farfadoc.wordpress.com/" target="_blank">http://farfadoc.wordpress.com</a> Farfadoc @farfadoc
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://fluorette.over-blog.com/" target="_blank">http://fluorette.over-blog.com</a> Fluorette @Fluorette
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://sous-la-blouse.blogspot.fr/" target="_blank">http://sous-la-blouse.blogspot.fr</a> Gélule @Sous_la_blouse
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://genoudesalpages.blogspot.fr/" target="_blank">http://genoudesalpages.blogspot.fr</a> Genou des Alpages @gendesalp
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://granadille.wordpress.com/" target="_blank">http://granadille.wordpress.com</a> Granadille @granadille
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://www.jaddo.fr/" target="_blank">http://www.jaddo.fr</a> Jaddo @Jaddo_fr
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;">
    <a href="http://sommatinoroots.blogspot.fr/" target="_blank">http://sommatinoroots.blogspot.fr</a> Matthieu Calafiore @Matt_Calafiore <a href="http://1bouffeematinetsoir.wordpress.com/" target=
    "_blank">http://1bouffeematinetsoir.wordpress.com</a> Yem @euphorite
  </div>
  <div style="line-height: 17px; color: #2a2a2a; font-family: 'Segoe UI', Tahoma, Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; background-color: #ffffff;"></div></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Jachère]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-jachere-109161703.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-jachere-109161703.html</guid>
            <pubDate>Fri, 17 Aug 2012 08:42:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">De la fatigue. Beaucoup. Des réveils trop matinaux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des journées de boulot courtes mais trop longues.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un grand manque de motivation.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des posts en cours qui ne se finissent pas.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des journées qui ne font toujours que 24 heures.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des palpitations. Des cernes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des réflexions désagréables qui sortent seules de ma bouche.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un gros besoin de vacances.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Une envie de fermer le blog.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Jachère <span class="pronOx">[ʒaʃɛʀ]</span></span>
  </p>
  <p>
    <span class="pronOx" style="font-size: 10pt;">Etat d'une terre qu'on ne cultive pas volontairement.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span class="pronOx" style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Mais.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des piles de romans à lire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des travaux à finir.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un autre blog en construction.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un gros besoin de prendre soin de nous.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un coup de fil important à passer.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des morceaux à jouer.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Des week-ends en perspective.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un projet, peut-être.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un frère en vacances.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Un voyage en préparation.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Jachère <span class="pronOx">[ʒaʃɛʀ]</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Terre labourée qu'on laisse reposer.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Alfred, 84 ans]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-alfred-84-ans-109060435.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-alfred-84-ans-109060435.html</guid>
            <pubDate>Mon, 13 Aug 2012 17:41:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il fait beau. La route pour aller chez Alfred est longue mais belle. Traverser les petits villages. S'arrêter pour observer un rapace blanc sur un poteau de
    signalisation. Se faire klaxonner, évidemment. Rouler à travers les champs. Passer entre les arbres centenaires. Profiter de la vue sur les vallons. Autant de paysages inondés de soleil
    surgissant à chaque virage. Une longue route, mais un joli moment.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Souvent, j'arrive tard parce que c'est loin et que je fais toutes les autres visites avant. Dans ces cas-là, il est devant la télé. Si j'y suis plus tôt, il est
    dans le jardin, il s'occupe des haricots, des tomates, etc. Aujourd'hui, il était à table et mangeait déjà.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alfred me demande de venir</span> <span style="font-size: 10pt;">tous les mois. Tous les vingt-huit jours exactement.</span> <span style="font-size: 10pt;">Pourtant
    Alfred n'est pas vraiment malade. Certes, il a eu un cancer mais ça fait un bout de temps. Il a toujours une chambre implantable. Je propose à chaque fois de la faire retirer. Il refuse toujours.
    Ca me semble dangereux de laisser ça, mais ça fait déjà tellement d'années. Je ne peux pas l'obliger et c'est quand même pas moi qui vais la retirer. C'est comme son cancer, il y a cette boule
    que je vois, et qui ne grossit pas. Il ne veut pas voir de spécialiste, il ne veut voir personne. Il ne veut pas d'examen complémentaires. Cette boule, elle ne le gêne pas, elle ne change pas, il
    va bien. Et mon inquiétude le fait rire.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alfred a toujours le sourire, il ne me reproche jamais l'irrégularité de mes horaires de passage, contrairement à certains. Il a des mouvements bizarres, dont il
    n'est jamais fait mention dans son dossier et qui n'inquiètent personne. Il a des difficultés d'élocution, qui ne sont pas non plus dans son dossier. M'enfin, son dossier c'est un peu le vide
    sidéral... Lui, quand il parle, je ne comprends pas tout, mais il n'a pas d'explications, il dit qu'il parle bien. Bon.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">L'examen est toujours le même. Les traitements aussi.Des médicaments loin d'être vitaux.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je pourrais faire le renouvellement pour trois mois. J'ai bien essayé. Il rappelle toujours.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je ne sais pas pourquoi c'est si important pour lui.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Alfred a des enfants, qu'il voit souvent. Alfred a l'air heureux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Moi je ne sais pas bien pourquoi je suis là et j'ai l'impression de voler de l'argent pour une visite inutile.<br></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Il y a quelquechose qui m'échappe dans cette histoire et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.<br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[De l'eau et des larmes]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-de-l-eau-et-des-larmes-108768951.html</link>
            <guid>http://fluorette.over-blog.com/article-de-l-eau-et-des-larmes-108768951.html</guid>
            <pubDate>Mon, 06 Aug 2012 08:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Tu entres dans la salle de bains, tu enlèves tes vêtements. Tu te regardes dans la glace, tu as l'air si fatiguée.&nbsp;</span>&nbsp;
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Tu cherches à te rappeler. Combien tu en as vu ce matin? Vingt-quatre. Déjà, comment t'as réussi à en voir vingt-quatre? Mystère... D'accord, t'as commencé tôt
    et mangé très tard. Mais quand même vingt-quatre. D'accord, il y a eu quelques certificats de sport et quelques prises de sang. C'est sûr que ça prend pas des heures. Mais t'en as hospitalisé
    deux. Et t'as appelé un spécialiste. Vingt-quatre, sérieusement? Dans ces cas-là, tu ne fais pas du bon travail. Tu classes vite dans ta tête : grave et urgent / pas grave et pas urgent. Et si
    pas grave on reverra. Sinon comment faire? Ils racontent tous à la secrétaire qu'ils vont mal et que ça ne peut pas attendre. Et finalement, c'est rarement vrai.</span></em>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">Tu ouvres la porte de la douche puis le robinet. L'eau commence à couler, tu mets ta main sous le jet, elle est froide, ça fait du
    bien, il fait si chaud. Quand elle est suffisamment tiède, tu entres. Tu sens l'eau ruisseler dans tes cheveux, le long de ton cou, de ton dos, sur tes fesses. C'est si
    agréable.</span>&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Tu ne sais même plus ce que tu as mangé. Ah si, Associé t'a apporté une salade. C'était tellement gentil. Justement ce matin, t'étais partie sans pique-nique de
    la maison. Première fois que tu te trompes dans l'heure du réveil matinal. Associé a un sixième sens. Et il sait que t'es un peu goinfre.</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">Tu verses un peu de shampooing dans le creux de ta main et tu l'étales dans tes cheveux. De semaine en semaine, c'est de plus en plus
    difficile, ils sont de plus en plus longs.</span>&nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Tu masses doucement.&nbsp;</span></span><span style="font-size: 13px;">Tu fermes les yeux, ça sent la
    papaye.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Cette pile de paperasses à remplir. Ces courriers à lire. Toutes ces mauvaises nouvelles, tous ces gens à convoquer. Toutes ces explications à donner. Sur des
    maladies à la con. Graves. Ces deux cancers à annoncer demain. Pas envie, non, vraiment pas envie mais c'est à toi de le faire. Ces demandes d'ALD à remplir pour eux.</span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13px;">Tu penches la tête en avant pour étirer le cou, tu as tellement mal. Tu masses tes trapèzes avec tes mains. C'est raide, et sensible. Tes jambes sont lourdes. Tes
    larmes coulent.</span>
  </p>
  <p>
    <em><span style="font-size: 10pt;">Tu es montée dans la voiture. En pilote automatique. Tu t'es assise chez Bernadette, tu l'as écoutée, les mêmes histoires que d'habitude, la même angoisse. T'es
    allé voir Georges qui ne se sentait pas bien, mais mieux finalement. T'es passée à l'EHPAD, t'as appelé le DrBiologiste parce que quand même ils sont bizarres tous ces résultats. T'as hâte
    d'avoir les nouveaux prélèvements réalisés sur ses conseils. T'es allée en urgence voir Georgette pour une douleur apparue brutalement. T'as plus de recul maintenant, tu la connais. Tu penses
    avoir mieux géré que d'autres fois. T'as vu Marthe, rentrée de l'hôpital, t'avais hésité à l'y envoyer, tu ne regrettes pas aujourd'hui.</span></em>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-size: 10pt;">Quand tu rouvres les yeux, la mousse qui s'écoule le long de ton corps est rosée. Tu rinces tes
    cheveux. Tu prends un peu de pâte rouge et tu l'étales rapidement, pour vite laver tes mains au savon. Elles restent toujours un peu rouges après. Tu laisses poser.&nbsp;</span>Tu attrapes le
    savon, ou plutôt ce qu'il en reste et tu frottes partout, comme si ça pouvait enlever ce qu'il y a dans ta tête. Tes larmes se mélangent avec l'eau et s'en vont. Tu penches la tête en arrière,
    l'eau qui s'accumule dans le bac est rouge, un peu comme du sang.&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <em><span style="font-size: small;">En repassant au cabinet, tu as appelé ceux dont les résultat d'anticoagulation étaient mauvais. T'as regardé la pile de feuilles confirmant les tiers payants
    réalisés par la sécu. Et tu l'as délicatement replacée sous le bureau. A vérifier un autre jour... Tu étais déjà en retard pour ce soir.</span></em>
  </p>
  <p style="font-size: 10px;">
    <span style="font-size: 10pt;">Tu coupes l'eau, tu attrapes la serviette, rouge elle aussi, décidément.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Tu te regardes à nouveau dans le miroir. Tu sembles toujours aussi lasse. Les doutes du jour et l'appréhension de la journée de demain ne sont pas partis dans les
    canalisations, eux.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
                  <item>
            <title><![CDATA[Visiteuse 2]]></title>
            <link>http://fluorette.over-blog.com/article-visiteuse-2-98375986.html</link>
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            <pubDate>Tue, 24 Jul 2012 14:00:00 +0200</pubDate>
            <description><![CDATA[
            <div class="ob-section ob-section-html"><p>
    <span style="font-size: 10pt;">Quand je suis sortie de mon bureau, vous êtiez accoudée au comptoir de la secrétaire. J'ai dit au revoir au patient sortant et appelé le suivant. Je vous ai dit
    bonjour, je ne vous ai pas laissé le temps de répondre et j'ai suivi mon patient dans mon bureau. Timing parfait.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Quand je suis ressortie de mon bureau, vous êtiez encore là. Pas de chance d'avoir oublié le nom du patient d'après mais ça m'arrive tout le temps, mémoire de
    poisson rouge. Vous en avez profité pour me dire "puisque vous avez un instant". J'ai dit non, je ne reçois pas les laboratoires. Une première fois. Puis "oui je sais mais..." De nouveau un non
    de ma part. Vous avez insisté avec "J'organise une soirée avec le Pr Bidule sur...". Je vous ai coupé la parole : "non". Ca ne vous a pas empêchée de suivre avec "Mais j'ai invité aussi les
    infirmières et...". De nouveau un "non" suivi d'un au revoir. Je suis rentrée dans mon bureau et j'ai fermé la porte.&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">A ma sortie suivante, vous n'êtiez plus là, enfin! Supersecrétaire m'a expliqué qu'elle vous avait déjà prévenu que je ne recevais pas les laboratoires. Puis elle
    m'a décrit cet air choqué-indigné accompagné du "mais il faut bien qu'elle rencontre les autres!" avant votre départ. Il faut croire que vous ne comprenez pas bien quand on vous parle, je vous
    conseille de consulter afin de vérifier que vos conduits auditifs ne sont pas obstrués. Vous avez trop insisté madame.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je rencontre mes confrères médecins, infirmières, kinés, dentistes... à d'autres occasions, au diner de la banque, autour d'un repas, au téléphone. Mais jamais dans
    une réunion organisée par vous.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">Je ne reçois plus vos collègues depuis longtemps. L'article de Prescrire sur les méfaits des petits cadeaux des laboratoires m'a confirmé que c'était un piège.
    J'estime ne pas avoir besoin de justifier le fait que je ne vous reçoive pas. Je suis désolée que votre métier soit ingrat et difficile mais ça ne m'oblige pas à perdre mon temps avec
    vous.</span><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><span style="font-size: 10pt;">J'ai toujours été aimable. Vous, vous ne respectez pas le non et vous auriez mérité un pied aux
    fesses.</span>
  </p></div>
     ]]></description>
                          <dc:creator><![CDATA[Fluorette]]></dc:creator>
                    </item>
            </channel>
</rss>