culture medicale

Publié le 2 Juillet 2012

 

Il est midi et demi. Et miracle, pour une fois, c'est déjà l'heure de manger. J'attrape la pile des courriers du jour pour lire en attendant que le micro-ondes ait fini de chauffer une barquette qui fait pas envie. Après avoir pris des nouvelles de mes patients, je jette les différents prospectus sauf un qui retient mon attention : le SuppoQuiGuéritLesHémorroïdes. Tadam.

Il faut dire que le prospectus est bien fait. Coloré, informatif mais surtout interrogatif. 

DSCN1669.JPG

On remarque que je ne suis pas très douée avec mon scanner et que j'ai du photographier la chose.

On ne sait pas bien non plus ce que fait le gars avec le taureau, peut-être lui met-il un suppo...

 

En effet en voilà une question qu'elle est bonne : dans quel sens faut-il introduire le suppo?

J'ai demandé à son avis à @Thoracotomie, l'expert au blog sérieux. Je vous laisse apprécier la réponse : "Comme un bijou d'anus je suppose "  "En réalité si on réfléchit un peu c'est plutôt un mélange de balistique et d'anti-sextoy : la partie distale étant + fine que la proximale, elle est faite pour être aspirée et ne pas ressortir " . DOnc mettre un suppo c'est plus compliqué qu'un épisode des experts!

C'est important (ou presque) parce qu'en France, le suppo est plus prescrit que dans d'autres pays. On ne sait pas si c'est par habitude, parce que les gens aiment ça (oui oui il y en a*) ou parce que certains parents préfèrent le suppo car leur gamin leur recrache le doliprane en pleine figure ou pour des raisons que je préfère ne pas imaginer.

Le bon sens populaire (en tous cas, le mien) expliquerait ainsi : c'est profilé en pointe, il faut donc l'insérer pointe vers l'avant afin de profiter de l'aérodynamisme de la chose. Cependant, si la question est posée il y a peut-être un piège et serait-ce dans l'autre sens? Ca parait un peu étrange tant de questions sur une si petite chose.

Que nenni! Des scientifiques ont planché sur la question. Il semble que c'était des gens sérieux puisqu'ils ont réussi à publier dans The Lancet. En introduisant le suppo par la base, on observerait un taux d'expulsion plus faible. (j'aimerais bien savoir qui a participé à cette étude, ça devait être de grands moments, ça me rappelle la période où j'ai fait cobaye pour la science, un jour peut-être je raconterai ça)

 

DSCN1670.JPG 

"expliquez l'intérêt de cette voie à vos patients" Mouhahahaha

 

 Je vous vois sourire mais Wikipedia (oui, j'ai des sources fiables) nous informe aussi que :

"La façon la plus naturelle d'introduire le suppositoire est par la partie pointue en premier. Cependant, il est plus indiqué d'introduire le suppositoire par son extrémité plate. L'introduction par l'extrémité plate a les avantages suivants : le suppositoire reste et fond juste au dessus du canal anal (dans la partie supérieure du rectum), et il n'est pas poussé par les contractions de l'intestin qui agissent dans le sens de la descente de l'objet.

Cependant, l'introduction du suppositoire par l'extrémité plate aura pour conséquence un passage dans la vascularisation de la partie supérieur du rectum, c'est-à-dire une branche de la veine mésentérique inférieure, cette dernière rejoignant par la suite la veine porte. Cette technique induit alors un premier passage hépatique (passage par le foie, conduisant éventuellement à la métabolisation du principe actif) pour le principe actif du suppositoire administré.

A contrario, l'introduction du suppositoire par son extrémité pointue a pour inconvénient le fait que le suppositoire a tendance à sortir naturellement, mais a l'avantage de passer dans la vascularisation de la partie moyenne et inférieur du rectum, c’est-à-dire la vascularisation qui se jette dans la branche antérieure de la veine iliaque interne (rejoignant la veine iliaque commune, puis la veine cave inférieure). Il n'y aura donc pas de premier passage hépatique avec cette technique.

Il faut bien voir que la vascularisation du rectum est très variable d'une personne à l'autre. Les effets du sens d'introduction (décrits ci-dessus) sont donc relatifs à la personne et peuvent être tenus comme vrais seulement pour la majorité des cas."

 

Forte de toutes ces découvertes, et après avoir fini ma délicieuse barquette, j'ai pris sur moi d'informer mes confrères, la chance qu'ils ont de m'avoir... Ce qui m'a valu ce commentaire fort critique de SuperSecrétaire : "quand même, quel que soit le sens où on met le suppo, ça doit faire super mal aux hémorroïdes**".

 Le bon sens de Supersecrétaire...

 

 

* Sur doctissimo : "comment fabriquer mes suppositoires" (je vous conseille le lien, ce topic est une perle). Commentaire  : "Si un médecin ne sait pas dire comment on fait un suppo, faut vraiment qu'il fasse autre chose!!". Je crois que je devrais faire autre chose...

**Et s'il fait chaud et que, comme conseillé, vous avez mis votre suppo au frigo avant utilisation, ça doit faire "sensation frissons" enfin moi je dis ça je dis rien. Et le prospectus vous conseille "la position allongée sur le côté latéral*** gauche avec le genou droit replié" : pourquoi gauche, je me le demande.

*** côté latéral : les linguistes apprécieront .

Voir les commentaires

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Culture médicale

Repost0

Publié le 16 Décembre 2011

Suite du post précédent    

 

En rentrant de vacances, j'ai donc fait des recherches. Etre fruitarien c'est plus restrictif qu'être végétarien. Et ça ouvre sur encore plus de reflexions parce que c'est lié à tout un tas d'autres pratiques, que c'est parfois décrit comme n'étant qu'une étape vers le respirianisme et surtout que ça ne me semble pas compatible avec notre monde moderne.

J'ai tenté de faire un résumé. Ce n'est pas facile. Certains sites sont très tolérants. D'autres plus extrêmistes. Ce que j'expose est ce que j'ai trouvé. Je développe ce que j'en pense au dernier paragraphe. Si un point vous semble faux, j'ai trouvé beaucoup de données contradictoires, n'hésitez pas à préciser certains points ou à donner votre point de vue. (par contre, je supprimerai les commentaires ressemblant à du trolling)


1. DEFINITION

Selon Wikipedia, le « fruitarisme » consiste à ne manger que des fruits, noix, graines et matières végétales qui peuvent être recueillis sans abîmer de plantes (les graines sont remises en cause dans la définition des sites fruitariens). Mais il semble que cette définition est fausse puisque les fruitariens ne mangent pas de graines qui sont potentiellement sources de vie. Le principe derrière ce mode d'alimentation est de ne pas détruire de plantes pour se nourrir, ce qui peut être évité, dans une certaine mesure, si on se contente de récolter les fruits mûrs des arbres. Un fruitarien peut donc manger les haricots, les tomates, les cucurbitacées mais refuse de manger les tubercules (pommes de terre) et les épinards.

Mais ce n'est pas simple. Dans le fruitarisme, il semble qu'il y ait plusieurs courants. En effet, si la plupart semble d'accord pour exclure les tubercules de leur alimentation, il y a discorde autour des avocats par exemple. Certains ne mangent que des fruits sucrés, d'autres qu'un seul type de fruit pendant une longue période selon la saison. Certains tolèrent les légumes : poivrons, courgettes, de façon à augmenter la convivialité autour de la préparation et autour du repas.

Les oranges, ananas et kiwis sont des fruits pourraient être néfastes. Les pommes par contre sont les seuls fruits qui pourraient être mangé seuls, sans autre aliment.

Dans tous les cas, manger cru est une condition sine qua non.

 

2. POURQUOI ETRE FRUITARIEN

Le site frugivore * tend à démontrer que :

- l'homme ressemble au singe qui est frugivore

- l'homme ne mangerait pas de la viande directement sur une carcasse. Pour masquer cette aversion naturelle vis-à-vis de la viande, nous utilisons : cuisson, sauces, épices... L'homme ne possède pas de griffes ou autre arme naturelle pour tuer sa nourriture.

- "fabriquer" de la viande n'est pas écologique

- le lait de vache n'est pas adapté à l'homme. Tous les enfants devraient être allaités pendant 3 ans. On ne devrait pas utiliser de lait de vache et de produits dérivés ni pour les enfants ni pour les adultes.

- les céréales sont difficilement assimilables en l'état de graines, sauf germées

- la cuisson dénature les aliments

D'après le site, être fruitarien ça coûte moins cher : pas besoin d'une cuisine, pas besoin d'ustensiles de cuisson, moins de vaisselle... et c'est aussi plus écolo.

D'autres sites ont une approche plus centrée sur la nature et moins justificative de leur pratique. Yann Fanch** sur fructivore par exemple oriente plutôt son discours sur la recherche de spiritualité. D'autres prennent en compte la souffrance des végétaux et leurs droits à ne pas souffrir, à voyager par leurs graines, à se reproduire. Certains sites défendent même les droits des plantes, un peu comme pour les animaux.

 

* Ce site est rempli d'assertions sans fondement et n'a aucune référence bibliographique solide. J'y reviendrai.

** Yann Fanch est un chaman frugivore-respirien. Un de ses homonymes est musicien breton.


3. EFFETS SUR LA SANTE

Les fruits semblent pouvoir apporter les nutriments nécessaires au fonctionnement de l'organisme. Sur leurs sites ou ceux de leurs rassemblements, les fruitariens n'ont pas l'air complètement amorphes ni déprimés. Ils ont même un corps qui semble en bonne forme et une musculature souvent "normale".

L'un d'eux court même des marathons : son dernier en date est le Leadville Trail Ultramarathon 2011. Si on était un peu à cheval, on pourrait dire qu'il n'est pas vraiment fruitarien puisqu'il mange 20% de légumes... L'exploit reste impressionnant.

Niveau espérance de vie, il semble que certains fruitariens peuvent vivre longtemps, presque centenaires. Cependant les chiffres avancés parfois de 250 ans semblent irréalistes.

Le risque essentiel du régime est la carence en vitamine B12 qui peut entrainer :

- des symptômes digestifs : glossite, stomatite, constipation, diarrhée, anorexie

- des troubles hématologiques : thrombopénie, anémie, leucopénie

- des symptômes neurologiques : ataxie, spasticité, dépression, paresthésies, troubles de la mémoire, démence, dépression...

- chez les bébés de mère carencée : faible poids de naissance, spina bifida

La carence en vitamine B12 peut être mise en évidence par dosage de B12. Quand le dosage est douteux (entre 100 et 400) ou que la personne consomme des compléments d'algues qui faussent le dosage, il faut doser l'homocysteinémie et l'acide méthylmalonique.

Quand la carence est avérée, il est possible de supplémenter par des ampoules de B12. Les végétariens peuvent manger des céréales supplémentées alors que les fruitariens ne le peuvent pas. Les comprimés de B12 contiennent du lactose, ce qui est contraire à l'esprit du végétarisme et du fruitarisme. L'argouse est un fruit riche en B12 donc conseillé.

 

 

 

4. ENCORE PLUS LOIN dans la restriction

 

4.1. Les pommivores

Certains se basent sur l'idée que la pomme peut être le seul composant d'une alimentation et deviennent pommivores. Il est très difficile de trouver des témoignages de ce genre de pratique. (Les recherches sur le net sont parasités par le fait que d'autres sont pommivores à Apple et les termes se mélangent) 

4.2. Les liquivores

Ne se nourrissent que de liquides. C'est un peu l'étape avant le respirianisme.

4.3. Les respiriens

Dans ce courant de pensée, le conseil est le suivant, même si la formulation est présentée comme trop négative : "Pour votre santé évitez de manger et de boire, la nourriture est une drogue, la première bouchée donne déjà une sensation d'ivresse déséquilibrante qui vous coupe du vivant. De plus ce n'est pas naturel d'absorber un corps étranger à notre propre corps qui engendre la confusion et diminue les capacités, ce n'est pas propre d'excréter, ce n'est pas bien de détruire du vivant ou du minéral. On creuse sa tombe avec ses dents : manger et boire est une toxicomanie qui écourte la durée de vie et rend malheureux." Donc "il n'y a en fait pas de règles quand on est respirien-ne on mange si on veut, on boit si on veut, mais on peut s'en passer. C'est la liberté totale et peut-être aussi un chemin vers le rajeunissement si on se le programme, vers l'immortalité, au sens du non-vieillissement car un-e respirien-ne peut mourrir d'un accident de la route."

Les respiriens trouvent dans l'air qui les entourent (lumière, air, sol...) ce qu'il faut pour se "nourrir". Ils pratiquent des activités physiques, dorment très peu (3 à 5 heures par jour) et ne sont jamais malades.  Leur sang serait vert ou bleu-vert. Il est parfois question d'urinothérapie, ce qui signifierait qu'ils boivent leur propre urine.

Les explications avancées pour expliquer la possibilité de vivre sans manger ni boire sont nombreuses et parfois extrêmement farfelues : photosynthèse animale, fusion nucléaire intracellulaire,  survivalisme biologique extrême, origine inconnue dans la glande pinéale, enzymes fixateurs de l'énergie de vie, maitrise de ses propres cellules, origine extraterrienne... Pour plus de détails consulter www.respirianisme.org



5. MES REFLEXIONS

5.1. LE FRUITARISME COMME DEMARCHE ECOLOGIQUE ET ANTI-MALADIES

Le fruitarisme parait être une démarche très positive.

D'une part, quelqu'un qui se sent très écolo dans l'âme peut satisfaire son désir de diminuer sa participation à la pollution de la planète. Cependant, la notion de culture des fruits n'est que rarement abordée et on a souvent l'impression que pour se nourrir, il faut attendre que les fruits tombent de l'arbre. Vu le nombre que nous sommes sur terre, cela parait difficilement réalisable. D'autant plus que de nombreuses ressources sont (à mes yeux) gachées puisque non utilisées : graines, légumes, lait... Dans le même esprit de protection de l'environnement, les organisateurs du dernier fruktifest français ont promu la mobilité des participants par moyens non polluants. Le naturisme est pratiqué aussi, il est justifié par le besoin d'ensoleillement et de chaleur afin de mieux capter l'énergie. 

D'autre part, la multiplication des maladies dont on ne connait pas les causes, qu'on appelle "d'origine multifactorielle" fait se poser beaucoup de questions sur une origine alimentaire (surbouffe, malbouffe, toxiques entre autres). Je comprends qu'on puisse se dire que si on ne mange plus que des fruits (nous avons un a priori très positif dans notre esprit vis à vis des fruits : apport de vitamines, pas de cholestérol...), on se sentira mieux.

Les témoignages des sites internet sont intéressants. Je regrette qu'aucun ne mentionne son mode de vie. On entraperçoit parfois certaines activités professionnelles dont il font leur pub (chamanisme, guérisseurs...). On ne sait pas s'ils ont des familles, s'ils ont des enfants, s'ils parviennent à tenir quand ces mêmes enfants gribouillent un mur ou arrachent un rideau. Ou ne font-ils pas d'enfants par conviction? Les quelques informations relatives à la sexualité expliquent la nécessité de ne pas éjaculer, le plaisir devenant plutôt cérébral et sublimé.

 

5.2. Une dérive?

Beaucoup de points m'ont choquée.

5.2.1. Le risque santé

Tous les sites prétendent que ne manger que des fruits n'entraine pas de carence (hormis la vitamine B12). Cependant, il faut être sacrément vigilant pour avoir des apports corrects.

J'ai du mal à penser qu'on puisse avoir une alimentation équilibrée avec juste des fruits. Est-ce parce que je suis "conditionnée" ou parce que je ne m'y connais pas assez? Ou est-ce parce qu'effectivement ça demande un gros effort pour obtenir tous les nutriments essentiels avec des fruits?

Dans les commentaires de l'article précédent, Valérie parlait du décès de son frère suite à une pneumonie alors qu'il suivait un régime de ce genre (dans une secte)

Certains sites sont très virulents vis-à-vis du lait de vache et à propos de l'alimentation des enfants. Les croyances alimentaires sont parfois dangereuses.

5.2.2. La propagande

Le site frugivore.fr regorge d'éléments qui ressemblent plutôt à de la propagande qu'à de l'information pure. Il ne mentionne aucune étude permettant d'étayer ses assertions. La justification en est qu'on ne se vante pas d'être fruitarien ou respirien car les autres ne le comprennent pas. C'est un peu facile.

"Mais de plus en plus dans les médias, comme sur la radio France Info, on entend parler de respirien-ne-s et d'études faites sur elles et eux : en général ils et elles passent quelques semaines en clinique ou hôpital sous surveillance médicale et vidéo 24h/24. Et effectivement ils et elles n'urinent plus, ne font plus d'excrément et ont le tube digestif vide, leur poids et énergie restent constant, ou diminue un peu à cause du manque d'énergie de vie de leurs conditions d'hospitalisation. Cela défie certaines lois des sciences physiques et de la médecine universitaire. Alors quelques anti-respirianisme réclament sans cesse des études plus poussées, « des protocoles d'études plus rigoureux ». Faut-il rentrer dans leur jeu ? Faut-il accepter leur suspicion de fraude, cette lourdeur ? Faudrait-il encore plus d'études sur les respirien-ne-s ? Les anti-respirianisme resteront de toutes façon de mauvaise foi et refuseront les résultats des études comme ils refusent le débat avec nous."

Je voudrais bien savoir où ces gens ont été hospitalisés, voir leur dossier, comprendre. Savoir aussi qui refusera vraiment les résultats des études éventuelles. Par contre, il est évident que si étude il y a, financement il faut. Or, qui finance habituellement? Les labos ou les industriels. Dans ce cas, n'ayant rien à gagner financièrement à étudier cela, aucune étude ne verra le jour avant bien longtemps.

J'ai relevé quelques inepties pour l'exemple, le site en est truffé :

- "un jeûne permet de guérir une angine en 2-3 jours". Ca tombe bien, une angine guérit sans jeûner en 3 jours. 

- l'auteur justifie le fruitarisme en expliquant que l'homme n'est pas spontanément carnivore. Il prend l'exemple des hommes préhistoriques qui n'auraient pas risqué leur vie en chassant alors qu'ils ne sont pas naturellement équipés comme des prédateurs. Or les cavernes peintes montrant des hommes chassant prouvent le contraire. L'homme a chassé depuis qu'il invente des outils, pour récupérer les peaux ou la graisse et pour se nourrir.

- l'auteur mentionne que la curiosité de l'espèce a entrainé l'exploration de contrées lointaines et a nécessité de s'adaptater pour survivre. Cette adaptation serait responsable de la sédentarisation, des maladies et ainsi du raccourcissement de l'espérance de vie, du ralentissement du développement harmonieux de ses capacités mentales (équilibre sagesse-intelligence) ainsi qu'un appauvrissement génétique. Au contraire, l'espérance de vie s'allonge. Et concernant les capacités intellectuelles, ce n'est pas ce qui est décrit par les neurobiologistes. La science montre plutôt une amélioration des capacités mentales de l'homme. Il est certain que quand je regarde certaines personnes, je ne suis pas très sure qu'ils soient "sages" au sens où l'auteur l'entend. Mais l'homme de cro-magnon l'était-il plus?

- "nos reins ne peuvent éliminer que 2% des toxiques produits par la viande". Je n'ai trouvé ce chiffre nulle part dans des références sérieuses, il n'y a pas de référence sur le site.

- "notre intestin est trois fois plus long que celui des carnivores, la viande va donc se putréfier et nous rendre malades à long terme". La viande étant mâchée puis pré-digéré par l'estomac et les nutriments absorbés dans le duodenum et le grêle, il semble que la putréfaction soit une mauvaise démonstration.

- "Une seule goutte de lait, même cachée dans un gâteau, suffisait à dérégler le processus du métabolisme".

- "Dans les cahiers de la nutrition «Médecine officielle», il est noté que nos chercheurs ont découvert dans le lait de vache une molécule hautement toxique pour l’homme. Des recherches ont été effectuées afin de retirer cette molécule du lait, au lieu d’en retirer tout simplement la vente." A aucun moment, il n'explique quelle est cette molécule. C'est dommage.

- "La vergeoise n'est que du sucre qu'on a coloré". Non, la vergeoise est du sucre provenant du sirop de betterave qui a été recuit, ce qui lui donne cette couleur.

 

5.2.3. Le respirianisme et les délires

Il est difficile dans tous ces sites de faire la part entre le fruitarisme et le respirianisme. Ceux qui sont fruitariens deviennent parfois respiriens. Parfois ils reviennent en arrière et préfèrent continuer d'être fruitarien. On a l'impression qu'être respirien est l'objectif ultime et que revenir "en arrière" est une déception énorme. Or ce dernier est souvent lié à des délires. Ca consiste quand même à se nourrir de "rien". Les patients que je connais qui ne mangent pas meurent. Là non.

La modernité est beaucoup critiquée : "espérons que les perturbations des vents solaires annonceront la fin des communications artificielles modernes (mobiles, wifi, télé, radio, gps...). Pourtant ce sont les mêmes qui se plaignent de ces "artifices modernes" qui utilisent internet pour diffuser leur façon de vivre. Certains témoignages donnent l'impression d'être dans une secte. Une origine extraterrestre est souvent mentionnée. L'un explique sa joie : "je vais vers les anges, les ET, les êtres supérieurs, intérieurement". Ils prétendent capter de l'énergie qui les nourrit provenant de leur environnement : " L'énergie de vie atmosphérique peut être vu par les clairvoyant-e-s et ceux et celles qui ont le troisième œil ouvert : ce sont comme des petites fusées ou comètes blanches d'un centimètre avec un point bleu au centre à l'avant qui tournoient et disparaissent rapidement au bout d'un quart de secondes. On peut aussi voir l'énergie de vie couler lentement des branches des arbres vers le sol sans influence de la gravité."

Les respiriens mentionnent parfois la possibilité d'une vie humaine de 80 à 100000 ans (oui vous lisez bien). Je suis très sceptique vis à vis de tout ça. 

Le dernier point curieux est cette façon que les pratiquants ont de valoriser leur pratique : "c'est la plus grande forme de respect pour nous-mêmes et pour l'écologie" "plus nous consommerons de fruits, plus les fruits seront en abondance autour de nous, ce qui signifie : disparition de la fin dans le monde, disparition de la soif, éradication des maladies dégénératives humaines. Le futur est radieux : les taches du travail humain, ne serviront plus à SURVIVRE (puisque la nourriture est gratuite, car partout) mais servira à des tâches ennoblissantes, de l'intérêt commun, de progrès technologique, scientifique, philosophique, spirituelle. De vivre l'unité la plus parfaite avec la nature et les êtres humains." 

Cela semble malheureusement un voeu pieux. Si chacun mange des fruits, il y aura un problème, il faudra se battre pour ces mêmes fruits. Certains mourront de faim. L'idée est plaisante mais très idéalisée et pas en rapport avec la réalité.


 

6. LE MALAISE

J'ai passé presque une journée à lire et compulser des informations. J'ai arrêté car je commençais à me sentir vraiment mal à l'aise. J'avais peur et en même temps j'étais hyper intéressée (trop?). Je ne sais pas si c'est l'accumulation de sites ou un site en particulier mais ma petite alarme intérieure s'est allumée et j'ai eu du mal à retourner sur ces sites par la suite parce que le malaise m'a marquée.

D'après ce que j'ai lu, le fruitarisme semble une démarche consciente et intéressante. Il n'y a pas de données scientifiques sur le sujet mais il y a des gens à qui ça semble convenir, qui sont en bonne santé et heureux. Je pense avoir été gênée par le lien trop fréquent entre le fruitarisme et le respirianisme. Je pense que tous ceux qui sont fruitaristes ne sont pas dans cette dérive.

Avec le recul, je n'ai pas aimé la sur-valorisation de cette forme d'alimentation. Ils se décrivent en effet comme des gens au dessus des autres parce qu'eux touchent du doigt une spiritualité supérieure que les autres ne sont pas capables d'atteindre. Non pas parce que moi même je ne l'atteins pas, mais parce que ça ressemble à certaines idées sectaires "nous sommes des élus, nous seuls irons au paradis". La promesse est d'atteindre la "santé parfaite" et la "jeunesse éternelle" pourtant "connus depuis des millénaires". Il y a une grosse tendance à la culpabilisation si on ne le fait pas et une sensation d'échec si on n'y parvient pas. Aucun extrêmisme n'est bon. Le risque de dérive est important.

 

 

Je concluerai sur une phrase de mon ami nfkb alors que je me demandais s'il mangerait des chocolats alors que c'est un grand sportif (des chocolats en espérant se faire offrir un thé, oui je suis diaboliquement rusée), " oui, de tout, un peu".


 

 

Sources :

http://www.respirianisme.org/

http://www.fruktifest.org/

http://www.fruitarisme.lautre.net/nutrition.html

www.fructivore.org

frugivore.fr

http://culturesciences.chimie.ens.fr/dossiers-chimie-societe-article-FruitsPolyphenol.html

http://www.vitamines-sante.com/



Voir les commentaires

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Culture médicale

Repost0

Publié le 8 Mars 2011

En lisant un pas si vieux billet d'Asclepieia, je me suis sentie interpelée :

Les principes fondamentaux sont acquis. Il semble quand même assez improbable qu’on remette en cause les principes du droit à la Contraception et à l’IVG. Et en cela, le principe républicain de laïcité est un rempart qu’il faut défendre avec intransigeance face aux pressions des groupes religieux. Par contre, il est évident, surtout en ce moment, que les conditions de l’accès à ces droits sont sources d’inquiétude. "

Je pense que les principes fondamentaux sont loin d'être acquis. Les anti-IVG sont moins visibles qu'aux USA mais ils sont là. Je vais vous raconter ce que j'ai découvert. J'ai tendance à vivre au pays des Bisounours et croire que les médecins sont tous humains. Je me trompe.

Il y a peu, une amie me demandait mon avis sur une sorte de mémoire qu'elle doit écrire dans le cadre de ses études d'infirmière. Elle sortait d'un stage en gynécologie obstetrique et avait été choquée par un phénomène. Comme discuter autour d'un thé, c'est parfaitement dans mes cordes, je m'étais invitée chez elle pour en discuter.

- Fluorette, je voudrais écrire mon texte sur les IVG. Parce que tu vois, l'autre jour, j'ai récupéré un truc dans un bassin et j'ai demandé à l'infirmière ce que je devais en faire. Elle m'a répondu de le mettre dans l'évacuation. Moi je pensais vraiment qu'on pouvait pas faire ça. Tu vois, ça ressemblait vraiment à un bébé alors si après quelqu'un tombe là-dessus, il verra forcément, ça se fait pas quoi. Alors elle m'a dit de le mettre dans la poubelle jaune.  Mais quand même. Depuis, je me suis renseignée, ils font ça souvent. Une fois, il parait qu'un gars de la station d'épuration en a trouvé un.

- Comment ça se fait que tu récupères un foetus? A partir de 7 SA, on fait une IVG chirurgicale?

- Ah bah non. Ici ils font médicamenteux. Jusqu'à tard."

Ca a mis en branle mes convictions... J'ai donc laissé là la miss et fait des recherches. Je lui ai communiqué les résultats pour le point légal et le point Winckler. Je n'en retiendrai qu'une phrase : "on ne peut imposer une ivg médicamenteuse à une femme qui n'en veut pas". L'ANAES autorise l'IVG médicamenteuse jusqu'à 9SA*. Sauf que si on n'informe pas la femme qu'elle a plusieurs possibilités, elle ne peut pas le savoir, elle ne peut pas deviner qu'elle a le choix. Le médecin a le DEVOIR d'informer! J'ai revu la Miss :

- J'ai lu les documents que tu m'as envoyé. En fait, on ne peut pas vraiment reprocher car ils ne donnent que du cytotec. Et après, ils laissent la femme attendre parfois jusqu'à plusieurs jours pour qu'il n'y ait pas besoin de faire de chirurgie.

Je suis scandalisée par l'attitude de ces médecins!!! Il mériterait d'être pendus par les couilles (ou par les seins, je ne suis pas sexiste). Oui parfois je suis un peu extrême moi aussi.

Martin Winckler signale qu'en Alsace c'est fréquent. Mais nous sommes en France. Bien sûr, cette région est fortement conservatrice et religieuse mais pourquoi les femmes n'auraient pas le même droit qu'ailleurs d'accéder à des IVG non traumatisantes. Je me souviens de mon stage en gynécologie : les femmes entraient le matin et sortaient le soir. Ca leur permettait de ne pas ébruiter l'affaire et de garder leur dignité. C'était déjà dur pour elles. Je les voyais après le geste, pour la contraception, je n'en ai vu aucune avec le sourire. J'en ai croisé aussi qui ont subi une IVG plusieurs années auparavant et qui en garderont toute leur vie une trace dans leur esprit. Une IVG ce n'est pas une partie de plaisir. C'est un choix difficile, parfois imposé par une famille, un conjoint, une situation difficile, parfois regretté plus tard, mais toujours difficile. Les femmes qui "enchainent" les IVG sont rares et ne méritent pas plus que les autres de "punition" par la douleur.

Il est traumatisant pour la femme de subir une IVG. Comme cela doit être horrible de se voir imposer une méthode que les médecins savent être longue et douloureuse pour le seul confort du médecin. Je ne vois dans cette imposition de choix de technique qu'une atteinte au droit à l'IVG et un mépris des femmes! Et je vais même plus loin, je pense que ces médecins sont contre le principe de l'IVG et que c'est une façon de punir les femmes qui la choisissent : "tu veux avorter, ok, mais moi je pense que c'est mal, alors on va faire comme moi je veux". C'est inhumain. 

Je suis contre la journée de la femme car s'il y a une journée, c'est que l'égalité hommes-femmes n'est pas une évidence. Je ne suis pas une féministe acharnée. Mais si cette journée peut être l'occasion de rappeler certaines idées alors j'appuie :

Femmes, vous avez le droit à l'IVG dans notre pays.

Femmes, vous avez le droit de faire votre choix, seule.

Femmes, vous avez le droit à une IVG indolore et sans risque.

Femmes, vous avez le droit à la dignité.

 

Edit : * L'Anaes recommande une prise en charge de l'IVG en ambulatoire avec une durée d'hospitalisation inférieure à 12 heures. A partir de 10 SA, la chirurgie est LA technique de choix. Dans tous les cas, quel que soit le terme, il est bien précisé : AU CHOIX DE LA PATIENTE. (merci Gélule)




Voir les commentaires

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Culture médicale

Repost0

Publié le 25 Janvier 2011

Ce matin, je regarde Sophie Davant. Oui, cette semaine je suis femme au foyer carrément desespérée, donnez moi du boulot bordel. Cette semaine, je ne peux donc pas rencontrer de patients sensationnels qui me donneraient matière à article. Bref, passons. Alors je regarde Sophie Davant, j'ai la culture que je peux.

 

Thème du jour : la vitamine D protègerait du cancer du sein. (Faites sonner les trompettes! Nous avons LA solution!)

Explication : la vitamine D permet aux cellules (et pas seulement celles des os) de réaliser l'apoptose et de mourir. Or une cellule cancéreuse est une cellule qui ne veut pas mourir (pour faire simple). Donc une carence pourrait empêcher la mort de ces cellules et faciliter la création de cellules cancéreuses.

Conclusion du topo fort court et peu fourni (d'ailleurs nombre de télespectateurs avaient des questions, mais on n'avait pas le temps, fallait passer à la suite) : allez chez votre généraliste demander un dosage de votre vitamine D. J'ai failli tomber du canapé.

J'ai à titre professionnel fait doser des quantités de vitamine D chez des femmes, à 98% revenues sous la norme. En discutant avec mes anciens maîtres de stage, c'est assez nouveau comme pratique, un peu dans l'air du temps. L'une d'elle m'avait d'ailleurs expliqué que cela pouvait occasionner des fatigues chroniques et qu'elle le dosait presque systématiquement mais elle ne savait d'où elle tenait cette information.

Je me suis dit que plutôt que passer l'aspirateur, j'allais me pencher sur le sujet. (Après, vu la complexité des données, j'ai regretté, passer l'aspi c'était plus simple)

Bref rappel des faits sûrs et avérés de façon simple et rapide :

La vitamine D est indispensable à l'être humain.

Le risque d'une carence en Vitamine D est le rachitisme chez l'enfant (mollesse des os et déformations osseuses) et l'ostéomalacie chez l'adulte (fractures et douleurs osseuses).

Le lait maternel en contient malheureusement peu. C'est pour cela qu'on en donne à tous les petits en supplément.

La vitamine D provient :

  1. - De l'alimentation. La vitamine D alimentaire se trouve essentiellement dans les poissons dits gras (maquereaux, saumon, hareng...), les laitages, certaines viandes... Volontairement, je ne mentionne pas l'huile de foie de morue ou d'autres poissons, sérieusement qui en boit? De plus ces huiles de poissons sont riches en vitamine A et le risque d'hypervitaminose A est important.
  2. - D'une transformation. La vitamine D est synthétisée par la peau qui transforme un cholestérol en ergocalciférol (Vit D2) ou cholécalciférol (Vit D3) grâce au rayonnement des UVB. La Vit D3 est ensuite métabolisée par le foie puis le rein en Vit D (1,25dihydrocholecalciferol)

La vitamine D permet l'absorption des calcium et phosphore dans le tube digestif et leur réabsorption dans les reins, ainsi que la résorption osseuse. A dose physiologique elle fixe le calcium sur les os. A dose trop importante, elle provoque un relargage de calcium dans la circulation.

 

Après on est dans le flou!

 

Les carences et les apports :

Les normes admises actuellement sont des taux sanguins supérieurs à 30 ng/ml. Si on dose la vitamine D chez tous nos patients, il semble qu'une très grande majorité soit carencée (mais aucun chiffre trouvé).

La première cause de carence est le manque d'exposition au soleil dans nos pays développés car nous sommes peu à l'extérieur, il y a peu de soleil et l'hiver nous sommes tout emmitouflés dans nos gros manteaux bonnets, écharpes, gants, pas un seul bout de peau ne dépasse.

Certains suggèrent que lors de l'évolution, c'est à cause du manque de soleil que notre peau s'est éclaircie lors des migrations de l'Afrique vers le Nord afin de permettre une meilleure synthèse de la vitamine D (puisque cette dernière est nécessaire à l'expression de plus de 200 gènes).

Les peaux sombres sont d'ailleurs plus touchées par les carences en vitamine D. La synthèse leur est moins facile.

Une exposition 3 fois par semaine de 15 minutes entre 11h et 15h pendant l'hiver (en France) est conseillée, sans protection solaire et pour une peau claire. Il faut au moins les deux bras et le visage dégagés. Ce qui, par ce froid, est impossible. Les lampes dites « lumière du jour » ne délivrent pas d'UVB et ne sont donc d'aucun secours. Mais attention si on s'expose plus de 15 minutes, il faut utiliser une crème solaire d'indice minimum 15 (c'est le stress, ai-je dépassé 15 minutes? Aurai-je un cancer de la peau?)

 

La deuxième cause de carence est alimentaire. Aucun d'entre nous ne mange assez de poissons ni de laitages (ou encore d'huile de foie de morue) pour atteindre les objectifs qui sont d'ailleurs fort variables (Les végétaliens sont à risque majeur de carence profonde : pas de poissons, pas de laitages). Les apports en vitamine D sont actuellement de 120 à 300 UI/j alors que les apports recommandés varient de 400 à 1000 UI/ jour... Déjà on s'aperçoit qu'il y a une grande variabilité dans les recommandations.

En France, en 2005, l'HAS conseille une complémentation en vitamine D en cas de grossesse se déroulant l'hiver, soit pour les accouchements prévus de mars à juin. Elle est aussi conseillée lorsque l'exposition au soleil est impossible, en cas de risque de chloasma gravidique.

Le collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) conseille la prescription systématique d'une dose unique de vitamine D de 100 000UI au début du septième mois de grossesse car les besoin sont accrus. La supplémentation en vitamine D est fortement recommandée lors du 3e trimestre de la grossesse et systématique pour le jeune enfant. Cela a permis la disparition des hypocalcémies néonatales sévères par carence vitaminique maternelle et celle du rachitisme carentiel commun du petit enfant, du moins dans notre pays.

En revanche, je n'ai pas trouvé de recommandation du CNGOF en ce qui concerne l'allaitement. Pourtant, les apports en vitamine D lors de cette période sont majorés de façon importante et l'ampoule apportée au septième mois ne suffit pas à assurer les besoins de la maman en vitamine D pendant l'allaitement. Le Comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie mentionne qu'il faut apporter au moins 1000UI de vit D par jour à la mère après accouchement. (durée des apports? si elle n'allaite pas est-ce utile?)

Sur les sites canadiens et américains, les apports recommandés (données Osteoporose Canada) sont identiques pour les moins de 50 ans en bonne santé

Cependant ils sont plus importants pour les plus de 50 ans ou chez ceux souffrant d'osteoporose : de 800 UI à 2000 UI par jour avec apport de 1200 mg de calcium.



En gros qu'est-ce que je risque avec mon manque chronique de vitamine D?

Sur internet, on trouve des études diverses et variées tendant à prouver que la vitamine D diminue l'incidence des cancers (sein, côlon, prostate, ovaire, reins, vessie), ralentit la progression des troubles des fonctions supérieures, diminue l'insulinorésistance, la liste qui suit n'est pas exhaustive :

  1. 1. L'étude du Dr Pamela von Hurst tendrait à montrer qu'une supplémentation en vitamine D accroitrait la sensibilité à l'insuline chez les patients diabétiques.
  2. 2. Une méta-analyse montrerait que des apports en vitamine D diminue le risque facturaire de façon proportionnelle aux apports.
  3. 3. Lien cancer-vitamine D : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16380576?dopt=Abstract
  4. 4. Dans cette étude, les faibles niveaux de vitamine D étaient associés à un déclin cognitif substantielle de la population âgée, étudié sur une période de 6 ans, rétrospectif.
  5. 5. En 1998, le Dr Uttiger concluait que nous avons besoin de plus de vitamine D que nous n'en recevons.
  6. 6. Le Dr Fanck C Garland semble avoir dédié toutes ses recherches à la vitamine D. Je n'ai trouvé aucun accès direct aux études (mais là j'ai un peu mal aux yeux). Mais il prône d'augmenter les limites supérieures des apports recommandés car ceux-ci seraient bien trop inférieurs aux réelles nécessités du corps humain. 

Il n'est pas le seul. Ce qui me pose problème, c'est qu'avec les normes actuelles, une bonne partie de la population est déjà carencée, alors ça signifie que tout le monde le serait?

Le doute :

Nombre des études que j'ai consultées me semblent critiquables. Nombre d'entre elles sont liées à l'industrie pharmaceutique (Pfizer, Merck, Lili, Procter et Gamble...), ce qui permet de douter de leur fiabilité. En effet, ne leur serait-il pas profitable que l'on conseille de supplémenter la totalité de la population?

Je suis même étonnée de n'avoir pas trouvé d'études provenant de l'industrie agro-alimentaire, car il y a là derrière un marché prometteur et juteux mais je suis mauvais langue.

Cependant, l’International Agency for Research on Cancer (IARC), dans son rapport publié en 2008, juge qu’il est prématuré de revoir à la hausse les apports nutritionnels recommandés en vitamine D, ainsi que le taux sanguin de 25 hydroxycholecalciférol considéré comme adéquat.

Aucune étude prospective ne semble avoir été réalisée. Mais je n'ai pas accès à toutes les sources de données.

 

Conclusion

Au final, beaucoup d'études penchent pour un intérêt d'avoir des apports corrects en vitamine D. Le problème actuel est que nous ne savons pas définir ce que "valeurs correctes" signifie.

Pour le moment, c'est un peu comme pour les dépistages. A titre collectif, on ne peut rien conclure. A titre individuel, nous pouvons peser le pour et le contre d'un dosage et d'une supplémentation. Ou tout simplement supplémenter l'hiver en partant du principe que le risque de surdosage n'existe qu'exceptionnellement et pour des taux très élevés de vitamine D sanguine?


Vos avis :

En tant que médecin, que faites-vous? Dosez-vous? Supplémentez-vous? Qui? Sur quelles bases?

En tant que patient, prenez-vous de la vitamine D? Sous quelles formes? A quelle fréquence?

Aimez-vous l'huile de foie de poissons?

 

 

A titre personnel, l'hiver je prends une ampoule d'Uvedose (chez qui je n'ai pas d'action) tous les 3 mois. J'ai la peau très claire et je ne m'expose jamais au soleil. Je pense que ça m'aide. C'est empirique et absolument injustifié d'un point de vue médical.

Je vais enfin pouvoir passer l'aspirateur.

NB : je n'ai aucun lien avec l'industrie pharmaceutique. Je n'ai pas censuré de données. Cependant, certaines m'ont probablement échappé. Si vous avez des liens à me communiquer, n'hésitez pas. Merci

Voir les commentaires

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Culture médicale

Repost0