ma petite vie

Publié le 2 Août 2011

 

Il est 13 heures. La visite que je ne pouvais faire hier est annulée car la dame ne veut finalement pas me voir. Il n'y a pas de rendez-vous avant 16 heures. J'ai fini les courriers que des patients m'avait demandés et rangé les bios du péricollect. Le postier n'est pas passé. Bon, je suis les conseils de mon futur co-installé, je rentre manger à la maison. 

Il fait beau et la voiture était au soleil. Quand j'ouvre la portière, je me prend une bouffée d'air chaud. Je prend la route. C'est aujourd'hui qu'ils ont enfin décidé de refaire l'asphalte détruit par les intempéries de l'hiver. Les véhicules sont rabattus sur une seule voie et il y a un basculement de chaussée. Ca prend un peu plus de temps que d'habitude pour rentrer. 

J'ouvre la boite aux lettres, j'y laisse la pile de dépliants publicitaires pour me rappeler de refaire le Stop-pub qui est parti avec les dernières pluies. Ce rappel ne fonctionne pas très bien, la pile grandit. Sur le dessus il y a une jolie enveloppe. Je fais la grimace, elle est adressée à Mr et Mme Hom Poilu... J'avais oublié qu'en me mariant je n'existerais plus qu'en tant que "femme de" et que je perdrais mon prénom et mon nom dans la tête des gens. Heureusement que je n'ai pas changé finalement. L'enveloppe contient un faire-part de naissance. Il va falloir trouver un cadeau.

Je fais sortir Vanille pour qu'elle puisse aller se défouler. Si elle pouvait faire ses griffes dehors plutôt que sur le mur ça m'arrangerait beaucoup. J'enlève mes chaussures, je préfère marcher pieds-nus, le sol est frais. Je prépare une assiette avec ce qui traine dans le frigo. Tomate-mozzarella, saucisson et galette de maîs. Je remets le reste de mozarella dans un bol qui traine. Je m'installe devant Sherlock Holmes. Vanille passe en trombe pour aller à la cuisine. J'y retourne pour me chercher des mirabelles. Elle joue avec une boule de poussière. Je me demande où elle a bien pu trouver ça, pas que ce soit tellement propre ici mais quand même, ça fait une grosse boulette. Ca a vraiment l'air trop rigolo. Elle la promène, la pose, se cache derrière un obstacle invisible puis se jette dessus.

Je mets une dosette blanche dans la machine. En regardant le café couler, je me rends compte que tout à l'heure le bol dans lequel j'ai rangé la mozzarella est celui qui avait servi hier pour l'eau du chat. Soupir. Je jette le tout. Vanille repasse en courant. De loin, je ne suis plus sure que ce soit de la poussière, quelquechose est bizarre, la boule n'est pas si ronde que ça. Je voudrais bien voir mais elle l'a emmenée sous le buffet. Elle finit par la déposer sous mon nez. En effet, ce n'est pas de la poussière, c'est une demi-souris. La tête, les pattes avant, des poils et des boyaux qui pendouillent. Bon appétit.

Elle repart aussi vite qu'elle l'a posée. Et revient sans. Zut.

Deux heures plus tard, je n'ai pas retrouvé le cadavre. Vanille non plus, ou alors elle l'a mangé. Il est l'heure, je dois repartir au cabinet, je laisse un mot à Mr Poilu, je suis sûre qu'il va a-do-rer cette chasse au trésor d'un genre particulier.

 


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 12 Juillet 2011

 

Ce soir, je suis de garde et ça ne sonne pas. Si ça pouvait continuer comme ça... Mr Poilu est en déplacement à Bruxelles. Vanille joue avec un sachet d'aspirateur qui traine. J'écoute un CD qui me ramène quelques semaines en arrière...

 

Il pleut. Les fameuses montagnes rouges* sont moins rouges que prévu, forcément, ça manque de rayon de soleil. Le chemin caillouteux fait travailler les amortisseurs. J'annonce à Mr Poilu que d'après la carte nous devrions bientôt arriver au Glen Helen Resort. Voilà le panneau d'ailleurs. Le "resort" apparait. Mr Poilu ricane, il voudrait un dictionnaire pour lire la signification de "resort". Je lui réponds que de toute façon, nous n'avons besoin que d'un emplacement au camping. 

Nous branchons le 4x4 puis installons le lit. C'est notre première nuit avec ce matériel et nous ne sommes pas encore au point. Impossible de se tenir à deux à l'intérieur pour déplier les planches et y poser les matelas. Après la douche, nous n'avons pas le courage de faire chauffer des pâtes sous la pluie. Et nous sommes curieux d'aller manger au Resort.

A l'intérieur, ça ressemble au bar de Crocodile Dundee. Des locaux sont accoudés avec une bière. De l'autre côté un canapé fait face à la cheminée. Quelques échantillons de cailloux et fossiles sont posés dessus. Le feu crépite. Il manque Wally du JamaisJamaisSafari**. Un barbu nous accueille et nous explique que normalement il faut réserver. J'apprécie le paradoxe entre cet endroit paumé et la réservation nécessaire. Finalement il nous trouve une table. Le resto est plutôt classe comparé au bar. Le kangourou est un peu trop cuit. Mais le vin est bon, délicieux même. Je commence à les cerner ces cépages australiens. Une des peintures aborigènes au mur nous plait beaucoup. On entend de la guitare à côté. Nous attrapons les verres et la bouteille et nous revenons au bar. Une table est libre juste devant la scène. La salle est toute petite. 

Il joue. Sa voix est magnifique. Elle est un peu éraillée. Il blague entre les chansons. Je ne comprends pas tout mais je souris bêtement. Il a un incroyable accent australien. Il fait une dédicace au couple en face de nous qui est en lune de miel. La fille est complètement bourrée, elle a failli tomber du fauteuil club. Son mari n'est pas vraiment mieux. Ils ont l'air très heureux. 

Aronsten a sorti une guitare métallique, le son est original. Il prends des cuillères, en essaie une paire, en change une, le son est meilleur, la vitesse avec laquelle il les fait cliqueter me fascine. Il reprend sa guitare.

Je suis tout contre Mr Poilu, la tête sur son épaule. Je me sens bien.

Je reconnais les notes. Elles me rappellent des souvenirs. Je fredonne. La jeune mariée aussi. Les larmes coulent sur mes joues. Le concert a duré longtemps. Une très agréable soirée. A la fin, nous discutons un peu avec lui et regagnons notre campement. Mr Poilu est déçu, il y a trop de nuages pour voir les étoiles. Quand je me réveille à 4 heures, il n'y a plus aucun nuage, le ciel est superbe, les étoiles ne sont pas à leur place. Pourtant le lendemain, les nuages sont revenus et il pleut encore.

 

Vanille me sort de mes rêveries en faisant tomber une orchidée puis en traversant la pièce en courant comme une folle. Je la ramasse et je cherche sur youtube la version par Graeme Allwright, celle qui est pour moi l'originale. C'est si bon. ***

 

* West Mac Donnell Ranges

** Le Jamais Jamais Safari est l'entreprise de safari de Crocodile Dundee

*** De graeme allwright, je vous conseille l'excellent anti-militariste Jusqu'à la ceinture

 

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Chris Aronsten et la guitare métallique

 

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Le Glen Helen Canyon, moins rouge que prévu

 

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Où l'on voit que parfois il pleut encore plus

 

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Un camion-train à 4 remorques

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Le Kings Canyon, vu d'en haut


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 1 Juillet 2011

Etre réveillée par le soleil qui traverse les rideaux. Par la faim aussi un peu. Après avoir passé tout un week-end à manger et picoler, c'est un comble. Tu as des souvenirs de la fête : se promener sur les falaises, aider un anglais à retrouver l'aiguille d'Etretat, manger des moules au camembert sur la jetée, discuter avec des amis que tu n'avais pas vu depuis des années parfois, tenter de rattraper le temps perdu, se déplacer jusqu'au feu d'artifice sans lâcher ton verre de punch, profiter du goût du rhum pendant les explosions, danser devant le garage où tu faisais tes boums jusqu'à ce que tous aillent se coucher, les traiter de chochotes, aller tourner Mr Poilu qui embête tout le monde à ronfler si fort... Le regarder, il est imperturbable, ni le soleil ni le bruit ne le réveilleront ce matin. Pour une fois, il ne ronfle pas. Comme d'habitude, il s'est étalé et prend toute la place. Ses longs cils lui donnent un air un peu enfantin qui contraste avec sa barbe que tu aimes et qui devra disparaitre dans quelques jours.

Tu enfiles un cycliste, un t-shirt et tu fixes l'ipod. Tu fais un bisou à Mr Poilu, il gromelle. Tu descends. Tu discutes un peu avec ta mère. Vous prenez un thé. Tu sors. Il fait déjà trop chaud. Le chat te boude, tu ne reviens pas assez souvent. Tu mets le casque sur tes oreilles. 

Courir. Sentir les muscles et les articulations dérouiller. Avoir chaud, très chaud, sous ce soleil de plomb à seulement 9 heures du matin. Traverser le village dans lequel tu as tant de souvenirs. Les nouvelles oeuvres d'art sont très bien près de la rivière. Tiens, les X. ont installé une serre. "Relevez la tête, regardez loin devant vous". Oui, oui, concentre toi. Entendre sonner l'église alors que LadyGaga braille dans les écouteurs. Respirer, lentement.

Les enfants jouent dans la cour de l'école. Quand est-ce que ça finit l'école déjà? Ca semble si loin, quand vous alliez manger sur le terrain de la fête du village le lendemain alors que tout se rangeait. Plusieurs années défilent dans ta tête. Des visages, des sourires. Les odeurs de nourriture et de friture. La nostalgie. La chaleur te ramène à ajourd'hui. Tu aimerais arracher le tuyau d'arrosage des mains de celui qui arrose des salades pour t'en faire une douche. Cette maison normande te rappelle celle dont tu rêvais depuis toujours et sur laquelle tu as fait une croix pour le moment. Les boiseries, le torchis, le puits, les fleurs... "Déroulez bien votre pied". Tu te reconcentres mais les moutons te perturbent à nouveau. Qu'est ce qu'ils doivent avoir chaud!

Tu longes la rivière. Elle s'élargit et la cressonnière apparait, enfin ce qu'il en reste. Quand tu partais en bus au collège, tu la regardais tous les matins en passant. Tout avait toujours l'air contrôlé. Aujourd'hui, les colverts profitent que le courant soit moins fort qu'ailleurs pour s'y reposer. Les herbes aquatiques sauvages ont envahi l'espace entre les restes des murets. Leurs hauteurs sont inégales. Tu crois voir des poissons. Les impératifs de rentabilité ont eu raison de la cressonnière. 

Tu fais demi-tour. Physiquement tu n'as plus si mal que ça. Le retour est facile. 


Et pourtant tu te sens tellement vieille d'un coup.


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 13 Juin 2011

Après le Grand Canyon, nous avons randonné à travers différents parcs.

A pied, c'est exceptionnel. Les rangers fournissent cartes en conseils pour profiter un maximum.

Crapahuter dans les cailloux, comme Ebenezer Bryce dans le canyon qui aujourd'hui porte son nom à l'époque de la conquête de l'Ouest, mais sans l'âne qui l'accompagnait toujours (je pourrais faire une mauvais blague sur mon âne à moi mais je vais me retenir, pourtant ça me brule hein, heureusement qu'il ne me lit pas).

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Marcher au milieu des parois abruptes et cheminées de fée, protégés du soleil

 

Vouloir imiter John Wayne dans Monument Valley. Rouler entre les monuments naturels en mangeant de la poussière, s'arrêter pour discuter avec les Indiens, marchands qui essayent de rester des artistes et qui sont surtout de très bons négociateurs. 

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Au fond, si vous utilisez une loupe, vous pourrez voir Mr Poilu

 

Découvrir Arches Park et combien la nature est joueuse dans ses créations :

 

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Si vous prenez une loupe, vous verrez mon visage, épuisé assoiffé et affamé et vous constaterez que je suis vêtue comme un sac à patates, un sac avec un bob

 

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Et non, je ne suis pas tombée dans les ravins!

 

Après ça, j'ai eu droit à une barre de boeuf séché et du Powerade... Les joies de la bouffe américaine. En 3 semaines j'ai perdu 3 kilos, au pays de l'obésité. J'ai eu sacrément la dalle là bas. La faute aux randos costaudes et à une organisation assez foireuse de notre part.

 On ne peut pas se rendre compte pleinement de la beauté et de la dureté de ces paysages, du courage qu'il a fallu à certains pour s'y installer, de l'impossibilité encore actuellement d'exploiter ces terres ou même d'y vivre si on n'a pas traversé ces reliefs à pied.

  

Après avoir souffert dans ces terres lunaires, je me suis assise pour contempler ça :

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Mr Poilu était en train de gambader et de déplacer des cailloux derrière moi. L'homme à côté de moi m'a dit "what a wonderful view" puis il est parti. Je me suis retrouvée seule, dans une petite brise, sous un soleil de plomb. Et pour la première fois de ma vie, je me suis sentie vivante. A 29 ans, j'ai eu l'impression de voir et de respirer pour la première fois. A 29 ans, je suis née, devant un gouffre surmonté d'une arche, dans un autre pays que le mien. Dans le silence et les yeux brillants. 

 

 

Il y a eu d'autres parcs, d'autres villes, d'autres lieux magnifiques mais je n'ai retrouvé qu'avant-hier cette sensation, moins intensément mais si agréablement, face à un océan déchainé qui tape inlassablement contre les formations rocheuses de la Great Ocean Road. Ca fait beaucoup de bien. Bizarre de devoir être si loin pour lacher prise. Bizarre qu'il faille 15 jours pour oublier d'où on vient et pourquoi. Juste profiter de l'instant. Et suivre leur conseil : "Enjoy!"

 

 

 

PS : ce sont de petits posts. Ils sont incomplets. Ils ne reflètent pas tout ce qu'on peut voir là bas. L'ouest américain est vaste, sauvage et attachant (et pas très cher) Allez-y!

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 6 Juin 2011

 

J'avais dit que j'avais préparé des posts sur l'ouest américain. C'était vrai. Et juste avant de partir, j'ai douté. Ca n'était pas une bonne idée. Aujourd'hui, je suis toujours en australie. Pour une fois, la connection est bonne alors j'ai relu et j'en poste un. Pour patienter. Avant mon retour d'ici. Il n'est pas tard (21h) mais nous sommes épuisés. Il fait nuit depuis 16h45 à cause des nuages. Cette année est exceptionnellement froide selon les locaux et  j'ai hate de m'envoler demain pour Uluru pour gagner quelques degrés, l'isolation des bâtiments n'étant pas encore dans les moeurs! Relire et penser aux states me donne chaud, ça fait du bien.

 

 

Un jour, l'idée nous est venue qu'on pourrait partir aux USA parce que c'était pas trop loin, qu'on l'avait vu dans les films, qu'en anglais on se débrouille, que le dollar nous était favorable, que c'est le rêve américain quoi! Alors j'ai acheté un guide de vacances, j'ai réservé un avion, une chambre pour notre arrivée et une voiture. Et après roule ma poule.

C'est une destination dont je ne rêvais pas avant d'y aller et nous nous sommes laissés envahir par ce pays, ses habitants, ses paysages, toutes ces caricatures que nous avions en tête et qui sont vraies ou pas.

Pour vous convaincre que ça vaut le coup, petit aperçu.


Atterrir à Los Angeles, c'est changer de pays et de langue, c'est entendre "oh yeah!" toute la journée. C'est se faire prendre en photo devant le Hollywood géant, c'est manger un hamburger servi par un gars en tenue des années 50, c'est se ballader sur le Hollywood Fame, c'est côtoyer la drogue à VeniceBeach, c'est constater que les sauveteurs ne sont pas les play-boys d'Alerte à Malibu, c'est aussi admirer la crevette géante sur la jetée de SantaMonica :

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Profitez bien, c'est plaisir des yeux

J'ai hésité avec la photo de Mr Poilu avec Ronald McDonald et à celle où il est attaqué par une murène en peluche...

 

Nous avons aussi fait la visite des villas de star. (je déconseille fortement ce passage si vous espérez voir des maisons, en fait on vous montrera des portails mais on ne voit rien, c'est normal, chacun préserve son intimité, ça implique qu'il n'y a rien à voir mais c'est cher pour ne rien voir). Comme tout le monde, nous avons pris en photo le portail de Mickael Jackson avec les couronnes mortuaires. On devient débile parfois...

 

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La maison du Prince de Bel Air sans Will, c'est ballot

 

En bonne midinette, je n'avais pas le choix, j'étais obligée de visiter les studios de la Warner et m'asseoir sur le canapé où se sont assis ceux que je suivais assidument étant plus jeune. Moment nostalgie.

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On s'attendrait presque à entendre Phoebe chanter

 

Après avoir profité des sushis bars où on choisit son poisson sur un tapis roulant au milieu de la table, nous avons emprunté la route 66 et nous avons fait une pause au Bagdad Café. Route mythique par excellence.

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Véhicule américain par excellence, boite auto, consommation d'essence maximale

 

Les Etats-Unis c'est grand, très grand et les routes sont longues, très longues. Dans le désert de la mort, il fait très chaud. Alors nous avons fait une autre pause dans une ville au nom improbable pour visiter un musée de la conquête américaine et profiter de la climatisation. Nous y avons rencontré un vétéran qui connaissait la normandie. Moment agréable malgré notre anglais plus qu'imparfait.

A la nuit tombée, après nous être faits arnaquer sur le prix de la chambre "breakfast not included but there's a coffee machine" (wonderful), nous avons rencontré des biches et des écureuils et pu profiter de la vue sur le Grand Canyon. 

Le lever de soleil sur le grand canyon est un moment superbe, qui se mérite car le soleil se lève très tôt (facilité par le décalage horaire). C'est aussi l'heure où les animaux sont encore visibles.

 

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To be continued

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 18 Mai 2011

Si tout va bien, à l'heure où ce post paraitra, j'aurai passé des heures à optimiser nos valises pour qu'en 40 kilos tienne tout ce qui sera nécessaire à notre vie pour 1 mois. Je n'aurai pas oublié les passeports ni les billets ni les permis internationaux ni toutes les réservations que nous avons déjà faites ni les dollars multicolores ni ni ni... 

Si tout va bien, nous nous serons levés aux aurores, nous aurons enfilé nos bas de contention*, pris le train et nous serons dans l'avion pour 24 heures de vol. Je n'aurai pas oublié de faire nos messages téléphoniques ni de débrancher la box (mais j'aurai beaucoup hésité parce que comment enregistrer docteur house box éteinte?), encore moins de fermer les volets.

Si tout s'est bien passé, j'aurai le sourire jusqu'aux oreilles, je tiendrai la main de Mr Poilu qui a peur des décollages, trous d'air et autres atterrissages (mais ne le répétez pas c'est un secret, un poilu, un vrai n'a pas peur de l'avion) et je penserai de nouveau que j'ai beaucoup de chance. Je me ficherai bien qu'un nain pleure parce que j'aurai mon coussin gonflable, mes boules quies, mes stilnox et mon masque à yeux**, qui ne seront pas restés sur la table comme la dernière fois.

Je précise si tout va bien car nous sommes un peu maudits des transports. Pour des raisons indépendantes de notre volonté, j'ai déjà été bloquée avec ou sans Mr Poilu dans un nombre incalculable de TGV, dans un TER pendant plus de 4 heures et encore parce qu'avec mes compagnons de wagon nous nous en sommes enfuis, dans un avion qui ne décollait pas suite à une grève des contrôleurs, dans une voiture pendant 6 heures en Champagne (mais sans champagne malheureusement), dormi sur des bancs d'aéroports, voire même par terre... Curieusement, quand le volcan a fumé, nous étions chez nous bêtement, pour une fois.

Mais aucune raison que tout cela n'arrive aujourd'hui. Dans moins de 24 heures, nous aurons posé le pied au pays des kangourous et des koalas, il fera presque chaud et nous serons bien.

Welcome to Sydney!

 

Comme cela faisait longtemps que je voulais vous parler de l'ouest américain, j'ai préparé quelques posts-photos à paraitre en mon absence. J'espère que c'est une bonne idée.

 

*Appelez nous mamie et papi

** Appelez moi super mamie

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 12 Mai 2011

- A quoi tu penses?

Je pense que nous sommes bien là, sur le canapé. Que j'aime tripoter tes cheveux alors que tu es captivé par Dr House. D'ailleurs c'est bizarre que tu l'aimes tellement, lui qui est si différent de toi. Je pense que je voudrais que cela dure toujours, qu'il ne faut pas qu'il t'arrive quelquechose car je supporterai mal de ne plus savoir que tu vas rentrer le soir, de ne plus te voir sourire quand tu apparais dans le salon en enlevant ta cravate, de ne plus voir ton regard désapprobateur car j'ai mis plus de bordel que je n'en ai rangé, en apparence. 

Je pense qu'il y a encore des travaux à faire et des cartons à ranger mais que ça avance doucement. Tout se met en place petit à petit. Je pense que ce mur rouge était une bonne idée. Il ne faut pas oublier de rentrer les orchidées qui trempent dehors ce soir, ces deux-là souffrent déjà, si on les oublie elles mourront. Il faut encore mettre du poulet au citron dans les tupperwares et les descendre au congélateur. J'ai envie d'une tisane et d'un chocolat.

Je regarde les peluches lapins cretins et je me dis que ça fait longtemps qu'on n'a pas joué. Je pense que Prescrire est toujours dans sa pochette. Trop de choses en ce moment.

Je pense au programme de demain, aux mails à envoyer à propos de ma future installation, au sms à celui qui ne m'a toujours pas payé mon dernier remplacement, ça m'énerve c'est malhonnête, aux plafonniers encore à installer, à notre virée pour chercher un miroir et ce qui sera nécessaire pour fabriquer notre penderie, que ce serait bien de tondre la pelouse et de replanter les aromatiques avant notre départ.

Tiens d'ailleurs, nous devons encore réserver une voiture mais je ne sais plus pour où. Et des hôtels aussi pour Uluru. J'espère que nous recevrons les dollars avant le départ. Je croise les doigts. Il faut aller acheter les chaussettes de contention, l'anti-moustique, les crèmes solaires, des maillots de bain, un sac à dos, des baskets... J'effleure ton coude : oh le dexeryl aussi. Ton eczema me rappelle que tu m'as posé une question.

- A rien chéri, je suis fatiguée

- Je fais une tisane?

Tu sors la boîte de chocolats. Je souris.

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 26 Avril 2011

Ma première course. Je la prépare depuis 2 mois. Deux à trois entrainements par semaine. Tranquillement.

J'ai arrêté les courses 5 jours avant le jour J. J'ai bien profité du week-end. Je me suis bien hydratée comme on me l'avait conseillé mais pas qu'avec de l'eau, repas de famille oblige. Et puis lundi, Mr Poilu et mes parents m'ont accompagnée. On s'est tous levés très tôt pour ça. Un jour férié. Moi j'étais réveillée bien avant le réveil.

Après l'agrafage du dossard au maillot, nous avons attendu au soleil en écoutant d'une oreille distraite l'animateur qui braillait dans son micro. Le lapin de Pâques se baladait dans la foule avec ses carottes. L'étang reflétait les arbres. Je me suis assise dans les aiguilles de pin et j'ai eu le cycliste plein de sève pour la matinée. C'était une très belle journée. 

J'ai fixé mon cardiofréquencemètre et me suis rendue sur la ligne de départ. J'ai collé mes écouteurs à mes oreilles. Mon coeur battait déjà trop vite. Le stress. La peur de l'échec peut-être. L'avant-départ est un moment un peu impressionnant.

Quand le départ a retenti j'ai couru. C'est difficile au début parce que certains partent comme des flèches. Je ne me suis pas laissée entrainer. Mais j'ai regretté de ne pas avoir gobé un propanolol le matin... Une femme courait avec un chien qui a bousculé plein de coureurs. Un homme courait en poussant un fauteuil roulant car de l'argent est reversé à une association. Certains étaient déguisés.

Dès le début, je pensais être presque dernière. J'ai vu s'éloigner le gros des coureurs. Jusqu'au cinquième kilomètre, un homme courait juste derrière moi. Parfois très vite pour me rejoindre  puis il marchait et je le perdais jusqu'à sa prochaine pointe de vitesse. Après, je l'ai perdu. Il faisait très chaud. Je n'ai pas assez bu au ravitaillement. Pas l'habitude, pas de notion, pas le temps d'écouter mon corps. J'avais soif mais combien? J'ai couru 4 kilomètres seule. En croisant des promeneurs, des vélos... Le parcours en forêt est très agréable. Le dernier kilomètre a été le plus long. Mal au genou, tendinite. Mais j'ai terminé! Et finalement je suis loin d'être dernière.

Objectivement mon chrono est mauvais. Moi je suis très contente. J'ai fini mon premier 10 kilomètres. J'ai aimé ça. J'ai passé une course très agréable, dans les sous-bois, sous le soleil, avec les encouragements et sourires des bénévoles. S'ils savaient comme ça fait du bien.

Je suis super fière d'avoir réussi. C'est une victoire contre moi même qui ne pensais pas en être capable et une revanche pour la petite grosse en moi qui a toujours souffert en sport au collège, surtout pour les cross. 

Alors oui aujourd'hui, je suis obligée de prendre l'ascenseur, j'aurai mal encore quelques jours, ça risque d'être un peu compliqué pour peindre ces jours prochains. Je ne vais pas courir avant quelques temps mais je reprendrai, ça me plait et ça fait beaucoup de bien.

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 11 Avril 2011

Episode 1

 

La salle d'attente est simple. Quelques dépliants sur la table basse, promouvant la psychologie généalogique, des cartes de visite d'un psychologue, le yoga, au milieu de magazines politiques plus du tout d'actualité.

La porte s'ouvre :

- Bonjour

- Bonjour

Nous nous serrons la main

Je le précède dans le cabinet. 

- Alors qu'est-ce qui vous amène?

- Je ne suis pas d'ici, d'habitude je vais voir quelqu'un par chez moi, je suis là pour quelques jours et là j'ai vraiment trop mal. J'ai mal toute l'année et je vis bien avec mais là pas. C'est beaucoup plus fort. Ca m'empêche de dormir. Dans la fesse et la jambe.

Il me demande de me déshabiller. Je m'allonge. Il glisse une main sous mon sacrum et une sous l'occiput. Quelques minutes passent. J'ai l'impression qu'il ne se passe rien. Il me demande de m'asseoir, il appuie un point dans mon dos. Oui c'est là que j'ai mal. Comment a-t-il deviné?

Il me papouille, me mobilise doucement. J'ai toujours l'impression qu'il ne se passe rien. Ca dure longtemps. J'ai peur que ce soit inutile. Je vais ressortir et ça n'ira pas mieux.

C'est fini.

Il m'explique que ça va aller mieux mais que le problème n'est pas physique. Enfin si bien sûr, le dos est contracturé et raide mais il pense qu'il y a autre chose. Il me dit que je devrais aller parler à quelqu'un. Mon dos n'est qu'un symptôme.

Effectivement. Au boulot, il s'est produit quelquechose d'horrible. Horrible et triste. Une mort d'enfant. Mais je me le suis pris de plein fouet. Je pleure souvent. Je ne parviens plus à travailler. La moindre sirène de pompiers me rend livide. 

Il me conseille des granules à prendre en cas de problème, quand le stress est trop intense. Il me conseille de bien boire.

Je sors de l'immeuble, les larmes se mettent à couler. Il faut vraiment que j'aille voir quelqu'un.

 

 

Episode 2

 

Deux ans plus tard. Même salle d'attente, même professionnel.

- Alors aujourd'hui?

- J'habite ici maintenant. Depuis que nous sommes allés au snow, j'ai mal au bassin. A droite. Je saurais pas trop dire où mais j'ai mal. Tout le temps. J'ai repris la course aussi depuis quelques mois, le cardiologue m'a conseillé de reprendre le sport. Mais j'ai quand même pris 4 kilos.

- Sans manger plus?

- Ah non vraiment pas.

- Un problème cardiaque?

- Boh non, j'ai des palpitations parfois et ils ont vu un truc à l'écho et après l'engrenage, ils ont cherché un canal, enfin bref, finalement rien.

Ca commence de la même façon. Les mains sous ma tête et sous mon sacrum.

Et puis toujours ces petites pressions, cette impression qu'il ne fait pas grand chose. Sauf à un moment, il m'explique un mouvement à faire pour étirer mes psoas. C'est bien là que j'ai mal! Et curieusement bien plus à gauche qu'à droite.

Et il m'explique tranquillement que quand on prend du poids sans volume c'est qu'on fonctionne comme un garçon parce qu'on essaie d'en faire trop et de prouver aux autres et à soi-même ses capacités, que parfois on peut aussi prendre le temps de vivre, ne pas tout considérer comme une bataille à gagner.

Toujours la même consigne : boire beaucoup et se reposer la journée.

J'ai pris congés. Je suis rentrée. J'ai eu mal partout toute la journée. Le lendemain plus rien. 

 

 

Epilogue

 

A la fin, il conseille toujours des plantes ou de l'homéopathie. Je ne prends pas de médicament. Donc ça ou autre chose, bof. Mais la première fois, j'ai acheté les granules, elles m'ont ré-assurée, elles sont encore dans mon sac, périmées peut-être, elles m'ont aidé au début. J'en ai peu pris mais je savais qu'elles étaient là. Je pense que certains auraient pu me coller sous antidépresseur ou anxiolytique. J'ai préféré consulter un psychologue. J'ai recommencé à bosser, doucement. La sirène des pompiers du premier mercredi du mois ne me rend plus malade.

 

A chaque fois, la douleur est partie, avec des manipulations indolores et légères. Beaucoup de délicatesse. Il a trouvé seul les points douloureux. Il met à mal le "souffrir pour guérir" cher à certains (entre autres, les fameuses "piqûres pour la douleur docteur", avoir mal pour avoir moins mal... logique floue, mais héritage du christianisme). Ici pas de craquements, pas de manipulation spectaculaire. C'était pourtant l'idée que j'avais de l'osteopathie.

 

A chaque fois, l'interrogatoire initial a été sobre, je n'ai rien dit de plus que ce que j'ai retranscrit ici. Et pourtant, il a mis le doigt sur ce qui n'allait pas. Il m'a aiguillée vers une autre réflexion. Comment fait-il? Est-il vraiment un mentaliste? C'est à la mode. A-t-il appris à l'école d'osteopathie à voir au delà du visible? Est-il comme cela depuis toujours et fait-il ce boulot pour exploiter cette capacité?

 

Notre formation en médecine actuelle ne nous apprend pas à écouter. Elle nous apprend "l'interrogatoire". Elle nous apprend un examen qui cherche les signes de ce vers quoi l'interrogatoire nous oriente. Elle nous apprend à prescrire des médicaments, des examens complémentaires. Il est rare et difficile de ne pas prescrire, la demande d'ordonnance est importante. Je ne remets pas en question les traitements, s'ils sont nécessaires. Je ne remets pas en question la médecine actuelle, je la pratique.

 

Il existe d'autres médecines, des façons de soigner sans traitement. Je préfère quand ces soignants ont un "vrai" diplôme et qu'ils ne sont pas seulement le rebouteux du village. Mon esprit rationnel aimerait des études sérieuses, savoir si vraiment l'acupuncture aide certaines femmes à être enceintes, si l'osteopathie peut aider dans les dépressions... En attendant, je ne ferme pas la porte. Même si parfois un courrier d'un acupuncteur parlant de "faisceaux d'énergie" me font sourire, si le patient vient après dire qu'il va mieux et qu'il veut reprendre le travail, pourquoi pas?

 

 

 

 

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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Publié le 5 Avril 2011

Ca y est c'est fait!!! 

Après plusieurs jours d'angoisse à se questionner si c'était vraiment une bonne idée de signer dans cette région où je n'ai pas envie de vivre, si s'engager sur 20 ans c'est normal, si cette maison n'est pas trop grande pour nous deux... Lundi matin, on l'a donc acheté. Finalement c'est facile de lâcher tant d'argent parce qu'à aucun moment on ne le voit vraiment. Il a bien sûr transité sur le compte mais ce n'est pas une valise pleine de billets comme dans les films. Le notaire nous a demandé en rigolant si nous emménagions de suite parce qu'il parait que certains viennent la voiture pleine et emménagent immédiatement. Ben non, on avait juste préparé le mètre, le bloc, le stylo et le nuancier. Ca remplissait pas l'utilitaire!

On est monté dedans, j'ai laissé Mr Poilu conduire (de ma part, c'est une belle preuve d'amour de prêter ma voiture). Il avait l'air tout content. Pourtant quand on l'a achetée, cette camionnette l'effrayait un peu. Finalement cette voiture nous singularise, au milieu de tous ces gens qui achètent des grosses bagnoles luxueuses et ça nous correspond bien. A l'arrivée, la maison m'a paru immense. On a ouvert la porte, le soleil inondait le salon, le poële était comme dans mon souvenir. Je me suis sentie bien tout de suite. Et tous les doutes se sont envolés. J'ai souri, j'ai regardé Mr Poilu, il souriait aussi. On est sorti sur la terrasse constater qu'il allait vite falloir acheter une tondeuse et arracher des pissenlits.

Il a attrapé le mètre et le nuancier. On s'est baladé à travers les pièces une par une pour faire le point de ce qu'on a à faire et des couleurs qu'on voudrait. On a convenu d'un jaune pour un mur de la cuisine. Après le bureau et le salon, je me suis aperçue que j'avais décalé les références couleur. Alors on a voulu vérifier le jaune. En le voyant, on s'est regardé tous les deux et en même temps on a dit "qu'est ce que c'est que ce truc fadasse?". Je crois qu'au début, on ne voulait pas taper trop fort. Et puis finalement, les couleurs seront de vraies couleurs. Peut-être parce que nous n'avons plus peur d'être ce que nous sommes. Peut-être parce qu'on s'est aperçu que nous qui n'aimons pas les mêmes formes d'art, là on est vite tombé d'accord.

Après une petite promenade à D***y pour commander le congélo-colonne de mes rêves*, le micro-ondes dont nous nous passons depuis des mois et le fer à repasser choisi par Mr Poilu, nous sommes repassés voir si le nouveau jaune flashy irait. Ben oui, et même très bien. Ca nous ressemble. 

Cette maison est comme nous. Simple, fonctionnelle, pas trop grande, ouverte sur l'extérieur. Avec des petites touches colorées, elle me plaira encore plus. 

Depuis ce matin, évidemment, la chaudière supersonique neuve a décidé d'afficher un "problème". Mais bon, je ne laisserai pas une machine gâcher ma bonne humeur.

On a bien fait de l'acheter! Allez j'y retourne. Les travaux ne vont pas se faire seuls.

 

* J'ai de drôles de rêves. Je sais.

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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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