ma petite vie

Publié le 30 Mars 2011

J'ai épousé un ronfleur.

La première nuit que nous avons passée ensemble, j'ai cru devenir folle. Je me disais que ce devait être l'alcool. (Oui nous avions pas mal picolé, et on picole encore, et je sais que l'alcool c'est mal) Quand j'ai vu les sourires le lendemain de ses copains de chambre qui me demandaient si j'avais bien dormi, j'ai compris. Comme dans ma tête, une histoire de vacances ne pouvait pas durer, j'ai investi dans des boules Quiès et la semaine s'est bien passée.

Et puis l'histoire s'est poursuivie. Comme on ne se voyait que 3-4 jours par mois ce n'était pas bien méchant.

L'histoire a évolué. Dormant (ou essayant de dormir) toutes les nuits ensemble, j'ai fait une otite externe à cause des boules Quiès. La nuit d'un de nos mariages, j'ai dû aller dormir sur le canapé tant le matelas tremblait.

Alors bien sûr, le ronflement est plus important s'il a picolé, s'il est fatigué, s'il est enrhumé. Il ronfle aussi très bien bouche fermée sur le ventre, c'est son super-pouvoir. Nous avons tout essayé, parfois ça aide (humidificateur, antihitaminiques) parfois pas (ne rêvez pas, les sprays anti-ronflement qui coûtent un rein ne servent à rien). Mr Poilu sait qu'il faudrait qu'il perde un peu de poids. Des petits moyens tout ça. Mais ça ne suffit pas.

Comme tout patient, j'ai consulté des forums pour en arriver à la conclusion que rien ne fonctionne. Comme tout médecin, j'ai interrogé des confrères, en particulier un orl qui m'a dit que peut-être on pourrait lasériser la luette. Rien de concluant.

En desespoir de cause, nous sommes allés voir l'orl qui a opéré sa cloison : le Dr Jemelapète (apparemment avant la chirurgie c'était pire, pauvres filles qui l'ont subi...) Une consultation de 4 minutes chrono en main pour dire que la cloison est superbe, qu'il fait un courrier pour aller chez le pneumologue chercher une apnée du sommeil et que je n'ai qu'à m'habituer. Je suis sortie de cette consultation avec comme conclusions : l'orl aime se jeter des fleurs, l'orl aime botter en touche quand il ne sait pas quoi faire, l'orl est un connard qui coûte cher : 52 euros pour 4 minutes, c'est beaucoup, surtout pour ne rien faire. Bref, l'orl ne nous a pas vraiment aidés.

Mr Poilu s'est donc rendu chez le pneumologue qui lui a filé un joli appareil qui faisait bip et de la lumière. Pour ne pas fausser, Mr Poilu a dormi tout seul. Ce doit être la première fois de sa vie qu'il n'a pas réussi à dormir. Quelques temps plus tard, il est retourné chez le pneumologue, le Dr Sherlock, qui lui a dit : vous n'avez pas bien dormi non? Trop fort ce pneumologue. Et puis Mr Poilu est rentré à la maison avec une boîte de Sifrol*. Quand il me l'a tendue, j'ai failli tomber du canapé.

En fait, Dr Sherlock a demandé pourquoi il n'avait pas dormi et lui, plutôt qu'expliquer que la machine l'avait gêné a dit que ça le chatouillait dans les jambes. Mais ça ne le chatouille jamais! Il s'endort dès sa tête posée sur l'oreiller (et ronfle immédiatement aussi). 

Voilà comment on se retrouve en consultant pour un ronflement à prendre un traitement qui crée des ronflements. Le serpent qui se mord la queue...

 

NB : Et non, aucune connotation sexuelle dans ce titre... C'est ballot

* Le sifrol est un médicament utilisé dans le syndrome des jambes sans repos. C'est un antiparkinsonien. Il a de très nombreux effets secondaires : ronflements, rêves anormaux, amnésie, symptômes comportementaux des troubles du contrôle des impulsions et des actes impulsifs comme l'augmentation de la prise de nourriture, les achats compulsifs, l'hypersexualité et le jeu pathologique ; confusion, constipation, idées délirantes, étourdissements, dyskinésie, dyspnée, fatigue, hallucinations, céphalées, hyperkinésie, hyperphagie, hypotension, insomnie, désordres de la libido, nausées, paranoïa, oedème périphérique, pneumonie, prurit et rash et autres hypersensibilités, agitation, somnolence, accès de sommeil d'apparition soudaine, syncope, troubles visuels notamment vue trouble et acuité visuelle diminuée, vomissements, perte de poids, prise de poids...

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Publié le 8 Mars 2011

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Publié le 4 Mars 2011

- Chéri, tel week-end, je vais à un rassemblement associatif, et comme ça c'est bien, je vais en normandie quelques jours après, de toute façon c'est sur la route et pis t'as bien vu ma compta c'est catastrophique toutes ces cases à remplir, il faut vraiment que j'aille voir mon AGA*. Je sais que tu as un concert le dimanche mais je t'aurai déjà entendu jouer le samedi précédent. Ca fait longtemps que je ne suis pas rentrée. Mais si tu veux, je ne vais pas au week-end, je ne pars que lundi.

Surprise. Il a été d'accord tout de suite. Un peu déçu car il devra aller tout seul à un anniversaire, mais d'accord. Aucune remarque. Ton argumentaire préparé minutieusement n'était pas nécessaire.

Il a changé. Il a cru qu'il allait te perdre. Ta récente crise existentielle l'a inquiété, plus qu'il ne l'a montré. Il a cru que tu ne rentrerais pas chez vous.

Tu as toujours tendance à penser que dans cette histoire c'est toi qui as tout sacrifié. C'est toi qui ne vois tes amis et ta famille que de façon épisodique et toujours trop brièvement. C'est toi qui t'apitoies sur ton sort, toi qui pleures parfois, toi qui vas chez le psychologue quand tu rentres sur rouen parce que tu ne veux pas repartir de zéro avec un autre, toi qui as des factures de téléphone qui se sont enfin stabilisées, toi qui as du mal à trouver du boulot, toi qui as de fausses reconnaissances dans la rue de gens qui te manquent... Toi, toujours toi. Un peu égocentrique quand même.

Tu oublies que comme tu es venue pour lui, il a une pression monstre sur les épaules. Il culpabilise quand tu n'as pas de boulot. Il culpabilise quand tu lui racontes qu'on t'a encore fait remarquer que tu n'étais pas d'ici. Il culpabilise encore quand il rentre du boulot souriant et que tu pleures parce que quelqu'un t'a appelé pour t'inviter à une soirée à laquelle tu ne pourras pas aller car c'est à 700 kilomètres ou que tu as reçu un sms t'annonçant que ton frère et une amie sont en train de chanter à un karaoké et que le spectacle vaut le détour. Alors oui, il voit ses proches quand il le souhaite, il a gardé son boulot, bien payé et qui lui plait, il n'est pas tout le temps obligé d'allumer son GPS mais il souffre, comme toi.

Et puis surtout il a peur qu'un jour tu partes. Le jour du mariage, quand tu es arrivée en retard pour t'habiller cinq minutes avant que la voiture ne vienne vous chercher, tu as lu le soulagement sur son visage, l'angoisse que finalement tu ne veuilles plus l'épouser, la peur que tu repartes. Il a peur, tout le temps, que tu repartes. Pour toujours. Il sait que si ça merde entre vous, tu repartiras parce que tu ne te sens pas chez toi ici. Toujours cette impression de décalage.

Depuis ton déménagement, vous avez essayé de passer le maximum de temps ensemble. Tu ne t'es pas investie dans d'autres choses pour que vous passiez le plus temps ensemble. Tu t'es adaptée à sa vie. Tu t'es vraiment sacrifiée, volontairement, bêtement. Tu as fait de mauvais choix. Et tu as craqué. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi. Avant tu faisais du sport, de l'associatif, tu bossais beaucoup, tu voyais souvent tes amis et d'un coup plus rien, tu as disparu dans sa vie, sa musique, son association, son appartement, sa famille. Evidemment que tu as craqué. Brutalement.

Alors tu as trouvé un boulot en normandie. Tu as fui. Quinze jours pour faire le point. Quinze jours pour revenir dans ton ancienne vie et qu'il te manque enfin, au treizième jour. Tu as eu peur qu'il ne te manque plus... Mais tu l'aimes vraiment ton Mr Poilu. 

Tu as tiré tes conclusions, tu es revenue, tu l'as retrouvé avec plaisir. Vous avez discuté. Tu as compris son besoin d'être souvent ensemble et de faire des projets. Il a pris en compte ton souhait de vivre ta vie dans votre vie. Vous avez jeté à la poubelle les "il faut" ou idées reçues sur comment réussir sa vie à deux. Depuis ça va beaucoup mieux. 

Vous apprenez ensemble à vivre ensemble. Doucement. 

 

*Association de Gestion Agréée. Obligatoire pour les médecins.

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Publié le 23 Février 2011

Elles sont deux à entrer dans ta chambre. L'une d'elle tient un plateau avec du matériel de perfusion. Elles sourient.

- Bonjour, on vient vous poser la perf.

- Bonjour

- Ca vous dérange si c'est l'élève qui le fait? Elle est en dernière année, elle n'en a jamais raté et passe son DE* demain.

- Non non. 

- Alors au boulot.

L'élève s'installe et attrape ton bras, elle serre le garrot, elle tapote ta main. Elle attrape le cathéter. Tu as horreur qu'on te pique mais en ce moment, tu penses à ce qu'ils pourraient bien te trouver, ça fait passer l'angoisse de la piqure au second plan. Et tu as confiance. C'est là que la gourdasse qui l'encadre te remet les pieds sur terre en disant :

- Fais attention, elle est médecin.

L'ambiance s'est glacée. Tu la frapperais. Tu n'aimerais pas être à la place de l'élève. Cette pression supplémentaire. Tu as senti sa main se contracter sur la tienne après ces quelques mots.

Evidemment, elle rate. La veille de son DE. Tu grimaces. C'est l'infirmière qui, la minute d'après, te pose la perfusion. 

Tu te demandes vraiment pourquoi elle a dit ces quelques mots. 

 

 

* Diplôme d'Etat d'Infirmière

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 21 Février 2011

Ce titre est un jeu de mot pourri.

Cela fait donc 4 semaines que j'ai repris le sport. J'arrive à faire 2 (à 3) séances par semaine d'environ 1 heure. Même si en ce moment, je vois très peu de patients et que je risque de me momifier sur le fauteuil avec des toiles d'araignées partout, je suis malheureusement obligée d'y être tous les jours et d'attendre le chaland (il y a des expressions comme ça qui me font rire, le chaland en fait partie, je suis une grande enfant). Ce qui ne me laisse pas la possibilité de courir quand je le voudrais. Mais je fais beaucoup d'internet. J'essaie de ne plus me connecter le soir à la maison, ça permet d'éviter que Mr Poilu ne soit conforté dans son opinion que je suis une droguée de l'ordi (mais il a raison, c'est dur de ne pas l'allumer) et de passer du temps ensemble.

Le bilan est pour l'instant positif. 

Les séances sont de difficulté croissante. C'est plus difficile certes mais vraiment pas insurmontable. Il y a une séance sur laquelle j'ai dû marcher pour cause de point de côté, je l'ai refaite 2 jours plus tard sans difficulté. Le moment était mal choisi pour aller courir, j'avais soif car j'avais eu trop chaud au cabinet avant et mon rythme cardiaque de base trop élevé ce jour-là, j'aurais du prendre un peu de propanolol. Le seul point qui ne me plaisait plus était la musique. En effet, j'ai utilisé celles fournies au début. C'était agréable jusqu'aux périodes de course de 8 minutes où les musiques d'ascenseur durent trop longtemps et ne motivent pas assez. J'ai donc téléchargé le logiciel et c'est quand même bien plus sympa de courir sur du LadyGaga.

Physiquement, je me sens mieux. Ma tachycardie ne s'est pas vraiment améliorée mais le stress est important et cela ne fait pas assez longtemps que j'ai repris le sport. Un point intéressant est que je ne suis jamais essoufflée en courant alors que dans ma vie de tous les jours au repos oui. Ce qui confirme que je somatise beaucoup, je suis une follette (expression d'un de mes anciens chefs hospitaliers). Les soirées qui suivent les courses sont plus détendues, je respire mieux.

Ce sont de très bons moments. Dimanche j'ai rencontré un faucon qui s'est posé à quelques petits mètres de moi. Nous sommes restés quelques instants à nous regarder et puis je suis repartie. Ailes déployées, il semblait immense. Au repos il était impressionnant. Bref.

Je n'ai pas perdu de poids. Ce n'est pas mon objectif et je ne suis pas les consignes alimentaires. Il est inenvisageable d'arrêter le fromage et le vin rouge. Mais ma peau est plus ferme et mon gras est plus joli. Ames sensibles s'abstenir : ça bloblote moins, la cellulite est plus lisse et moins grumeleuse. Mr Poilu (qui n'est pas un spécialiste du compliment)  me l'a dit. Il pense aussi qu'au niveau du petit bidon ça n'a rien changé. Mais son avis donné vautré depuis le canapé n'a que peu de valeur.

Ce qu'on peut reprocher à cette méthode est qu'il faut se bouger soi-même. Mais à part en ayant un coach qui viendrait sonner à la porte pour me sortir de force de la maison, aucun autre sport ne m'apporterait ça!

J'ai récupéré le planning des courses en alsace, je pense qu'il faut se motiver avec des objectifs. J'attends mi mars, fin du programme pour voir de quoi je serai capable à ce moment.

Pour le moment, je coure.


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 11 Février 2011

Tu rentres de chez tes parents. Tu en as profité pour passer discuter un peu avec Poulette. Il était déjà tard, elle se lève très tôt et puisque comme d'habitude elle n'a pas vu ton message tout de suite*, tu n'es pas restée longtemps. Mais ça t'a fait du bien. Elle vit comme un échec ce retour aux sources forcé. Tu admires sa force de tenir le coup. Tu comprend ses questionnements mais tu penses qu'elle est bien mieux sans lui. Tu avais besoin de l'écouter les raconter et de lui parler des tiens. Ca t'a plu d'aller la voir même si c'était trop court. Ca t'a rappelé cette époque où vous pouviez rester des heures à écouter de la musique en parlant des garçons. Ces temps qui paraissent si lointains où vous cherchiez des signes pour savoir s'ils s'intéressaient à vous. Par la suite, tu as compris qu'un garçon c'était bien moins compliqué que ça. Vous buviez du thé près du feu puis vous vous baladiez de chez l'une à l'autre pour vous raccompagner. C'était un peu sans fin. C'était bien. Depuis vous n'avez jamais rompu les ponts. Il arrive que vous ne vous appeliez pas un moment mais la magie est toujours là quand le mail arrive ou que le téléphone sonne. Tu ne veux pas la perdre, elle est trop précieuse. Tu l'as enviée quand elle est partie en bretagne. Tu l'envies encore plus d'être revenue. Certains jours, tu regrettes d'être partie de l'autre côté, si loin de l'eau. Tu as beau savoir que la distance ne brisera pas votre amitié, tu préfèrerais pouvoir aller toutes les semaines siroter des Fraises Royales ou des Mojitos avec elle. Il a bien fallu se séparer, tu ne l'as pas serrée longtemps dans tes bras, tu ne voulais pas pleurer.

 

Tu rentres. Il fait nuit. Il est vraiment tard maintenant. Sur ta droite, tu vois surgir la cathédrale. Elle est magnifique, avec son clocheton manquant, comme un batiment de lumière tranchant sur la ville endormie. Sur ta gauche, la tour des archives avec le nouvel éclairage, bleu, rose... Tu ne vois pas bien les couleurs. Au milieu, la Seine, sur laquelle se reflètent les lumières de la ville. C'est à ce moment-là que tu as dû arrêter de rouler, que les larmes sont devenues trop fortes, tu es sortie de la voiture, tu t'es accoudée à la rambarde. Tu as eu froid. Tu la trouves belle cette ville. Tu la regardes et tu te demandes pourquoi tu dois encore la quitter. Elle n'a rien d'exceptionnel. C'est une ville comme tant d'autres, mais tu la connais, tu ne mets pas ton gps pour t'y déplacer, tu t'y sens bien. Elle t'a séduite, toi qui aimes la campagne. Tu l'as vue se développer, proposer plus de spectacles, de sorties, améliorer ses quais...

Ils vont te manquer, elle et tous ces gens que tu aimerais ne pas voir seulement intensément quelques jours et plus du tout pendant des semaines. Tu sais que les semaines finiront par devenir des mois.

 

Les larmes ont séché. Tu as repris la voiture, profité des lumières du logo 106 et puis tu es rentrée te coucher.

 

 

 

*  A quoi ça sert d'avoir un IPhone?

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 9 Février 2011

 

Hier, en rallumant mon téléphone après la course : 2 messages et un appel en absence. L'un était de mes parents, tout juste rentrés de Barcelone, qui souhaitaient savoir quand ils me verraient avant que je ne reparte vers l'est. Le deuxième était vide mais c'était mon frère, or nous nous sommes vus dimanche. Bizarre.

L'appel en absence provenait de mon Mr Poilu, parti à l'autre bout de l'allemagne pour le boulot.

 

J'ai rappelé mes parents, pour que nous nous voyions ce soir. Puis mon frère. Qui voulait savoir si j'allais chez nos parents ce soir. Je plaisante car c'est en semaine, je lui demande s'il s'est disputé avec sa copine même si je n'y crois pas car c'est elle qui m'a répondu. En fait non, il va cet après- midi à un enterrement, c'est à l'autre bout de la région, il va repasser par chez eux. C'est l'enterrement d'un de ses camarades de formation. Il s'est planté en voiture. Il était plus jeune que lui. Je n'ai rien pu répondre. Il aura besoin de nous ce soir. 

L'euphorie habituelle de l'après-course s'était envolée. Je suis rentrée doucement.

 

J'ai appelé Mr Poilu. Il y a de la neige partout autour de l'hôtel. Tellement qu'il est déçu de ne pas avoir emmené son snowboard. Je lui ai fait remarquer qu'il est là-bas pour le boulot. Nous sommes chacun à la même distance de chez nous, l'une vers l'ouest, l'autre vers l'est. De nombreuses possibilités pour se planter en rentrant... Hier soir, j'ai eu du mal à raccrocher.

 

J'ai beau y être souvent confrontée, la mort me surprend toujours. Voir mourir quelqu'un de plus jeune, c'est être confronté à sa propre mort, qui arrivera forcément un jour, c'est être confronté à la mort des siens.

Une amie rigolait l'autre jour du comportement de quelqu'un qui ne se séparait jamais des gens en étant faché. Je suis aussi comme ça. J'ai toujours l'impression de ne pas avoir assez profité des autres quand ils partent. J'ai du mal à garder mes souvenirs. C'est peut-être aussi ça, faire le deuil, laisser partir les souvenirs.

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 8 Février 2011

Ce midi, tu n'as pas de visites à faire. Comme ce matin, tu as commencé plus tôt, que c'est sans rendez-vous et que le beau temps donne plutôt envie aux gens de prendre l'air que de consulter, tu es libre jusqu'à 16h.

Tu pars acheter des baskets à La Ville. Tu es bien allée hier à Decathlon à côté du cabinet mais tu n'as trouvé personne pour t'aider à choisir. Malgré les heures passées à faire rougir tes yeux à lire des conseils sur les baskets sur le net, tu penses avoir besoin d'aide. Quand même, vu le prix, ça te ferait mal de te planter. Et surtout tu les voudrais pour l'entrainement de ce soir. Depuis que tu as regardé tes baskets de près, tu comprends mieux pourquoi le genou tire.

Ton passage dans deux autres enseignes arrive au même résultat qu'hier.

Tu vas finir par despérer. Tu regardes les piles de baskets soldées au milieu de l'allée. Tu as faim en plus. Ils ne savent pas ce que tu peux devenir quand tu as faim.

Tu les regardes ranger les rayons, ben oui les soldes c'est presque fini, ils sont en train d'installer des baskets Nouvelle Collection, c'est pile ce qu'il te faudrait mais ils n'y connaissent rien. Tu sors, tu erres dans la galerie, ton pote qui vend les téléphones portables n'est pas là, c'est ballot, tu aurais bien changé le tien, bientôt tu ne verras plus rien sur l'écran. 

Tu te dis qu'il faut vraiment que tu manges.

 

C'est là qu'apparait le Quick... Tu sais que c'est mal et tu sais que dans deux heures tu auras faim. Mais il est là.

Alors tu rentres et tu fais la queue. Comme tout le monde. C'est l'heure de pointe. Tu aimes regarder les gens vivre. Ceux qui changent de file parce que la leur ne va pas assez vite. Ca tu ne le fais plus, de toute façon si tu changes, c'est la file que tu auras choisi qui n'avancera plus. Rarement, tu choisis la bonne voie. Ceux que Barbie Serveuse BigMakeUp essaie de comprendre : "mais si, le burger normal.. celui avec du pain, de la viande, du fromage... le Giant!". Ceux qui surveillent du coin de l'oeil leur gamin en train de faire des conneries à l'autre bout de la salle...

 

Ca finit par être ton tour. Tu es toujours très gentille avec les serveurs, pas comme la dame à côté qui crie qu'elle voudrait sa glace, que c'est scandaleux et patati et patata. Tu penses qu'elle a tort, crier ne fait pas avancer les gens plus vite, au contraire* et tant que la glace est dans la machine, au moins elle ne fond pas. Tu aurais détesté faire ce job et sentir le graillon. Pourtant tu as été aide-soignante de nuit, niveau odeur c'était pas mal aussi.

Tu commandes, pour une fois tu n'attends pas le burger des plombes alors que les potatoes refroidissent (chez quick ce ne sont pas des potatoes mais ça serait plus simple si ça s'appelait partout pareil, tu penses que 30 ans c'est jeune pour un alzheimer, l'autre jour chez peugeot tu as demandé un berlingo, le monsieur a gardé son calme)

Tu t'installes presque dans un coin, tu peux voir tout ce qu'il se passe.

 

A la table à droite, un beau jeune black avec un regard qui tue. Il a des petites tresses à l'africaine, un blouson en cuir. Ils se tient négligeamment vautré, il est dans le coin, c'est LA place d'où on voit tout. Parfois il écrit des sms. Sinon il a un regard circulaire. Qui tue. Tu te demandes si vous avez les mêmes réflexions.

De l'autre côté, deux femmes discutent, elles vont bientot retourner bosser.

 

Tu manges des potatoes une par une en observant la salle et dehors. Tu regrettes que ta serveuse ait choisi d'office la sauce tomate-basilic parce que tu te demandes bien où est le basilic. Dans ce cas là, autant manger du ketchup!

 

Dehors, tu trouves que les gens qui circulent sont tous habillés en noir ou gris. C'est triste. Un type tout en blanc passe, ce sont des vetements de travail pleins de plâtre, c'est pour ça.

 

A plusieurs tables, des femmes avec enfants et stocks de poussettes. Elles parlent entre elles, elles donnent une frite à un petit. Elles sortent le jouet Charlotte aux fraises de la Box, il a l'air nul ce jouet. Elles ne rigolent pas beaucoup.

L'une est seule avec son gamin, qui d'après elle ne mande pas assez vite. Il faudrait qu'il avale plus vite sa compote. C'est vrai quoi, on ne va pas à quick pour déguster! Tu te dis que c'est peut-être comme ça que les gens arrêtent de se regarder et de se parler, parce qu'il faut aller vite!

 

Tu attaques le Burger. Il est énorme. Evidemment la sauce coule. Tu regrettes d'avoir fini les potatoes, tu aurais pu récupérer la sauce dans le carton avec. Alors qu'avec les doigts, ça fait un peu cochon, ou goinfre, au choix. Tu le fais quand même. Tu ne connais plus grand monde ici. Et puis en fait, tu t'en fiches.

 

Des femmes passent dehors en boubou. Bleu, jaune, rouge. Ca change du gris ambiant. Et dans le soleil, ça rappelle l'afrique. Des images reviennent. Les Masaïs, le lion, l'eau turquoise... Tu divagues. La réalité te rappelle, ça serait bien que tu te remettes à bosser sur l'album photo.

 

Tu regardes une famille manger. Les gamins sont sages. La maman est assez agressive. D'ailleurs tu crois qu'elle va se lever pour frapper celle qui en s'installant derrière elle a cogné sa chaise. Certes, elle aurait pu s'excuser mais tu n'es pas sure qu'elle s'en soit rendue compte. Elle a l'air fatiguée. La place entre les tables et les chaises est serrée. Finalement son mari la détend et l'incident passe. Tu penses que c'est dommage d'aller manger en famille à quick. Ils sont les seuls de la salle à prendre leur temps. Quitte à manger ensemble, plutot dans un endroit sympa, et moins bruyant. Financièrement, vu le prix d'un menu ou du jouet, ça ne coute pas beaucoup plus cher. Mais peut-être que dans un petit resto, venir avec gamins est plus difficile.** Peut-être aussi qu'ils aiment ça.

 

Maintenant tu as de l'huile plein les doigts. Ils se foutent un peu du monde chez quick à filer de la bouffe pareille et des microserviettes pour essuyer tout ça.

 

Les deux jeunes à côté se roulent des pelles monumentales. Il a glissé sa main sous son gilet, il la tripote. Elle glousse. Elle est jolie. Lui te rappelle les jeunes de ce groupe qui chantait une chanson avec un laçage de bas qui ne voulait rien dire. Impossible de te rappeler leur nom. 30 ans, c'est vraiment trop tôt pour un alzheimer?

 

Tu finis ton coca (zero parce que ça fait déjà beaucoup de gras tout ça) Tu sors. Tu laisses le beau gars au regard qui tue, il n'a pas bougé.

 

Dans l'escalator, un type qui tient une sacoche te bouscule en dévalant. Tu as juste le temps de te demander ce qui peut le faire courir si vite que tu en entends un autre, tu t'écartes. C'est un vigile. Le premier essaie de passer par une sortie de secours qui est bloquée. Tu les vois partir en courant. Tu es bien naïve. Personne ne court si vite sans raison, effectivement.

 

Tu n'as plus faim.

Après avoir repris ta voiture et fait un dernier magasin, tu finis par trouver des baskets. Le vendeur est au point, ça correspond à ce que tu as lu, et il te conseille même autre chose parce que tu dois aller chez le podologue. Il ne fait aucune réflexion sur ton éventuelle incapacité à faire un semi-marathon. Pour une fois, ce n'est pas la paire la plus chère qui te va bien. Tu pourras le dire à Mr Poilu, ça contredira l'épisode des chaussures de snow. Ce n'était quand même pas ta faute si seules les plus chères t'allaient et ne te broyaient pas les pieds!

 

Tu as bien mérité une religieuse au café. Tu repasses à la maison, tu la dégustes en buvant un thé. Rhaa, il est temps de retourner bosser.

 

 

 

 

* Toi quand les patients crient, tu peux développer une force d'inertie ou un esprit de contrariété très marqué

** Tu espères sincèrement que si vous avez un enfant, la vie ne se réduira pas à quick

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 3 Février 2011

J'ai acheté un cardiofréquencemètre (CFM) avant ma deuxième séance. Dans mes oreilles, le coach donne des indications comme "courez à 70% de votre fréquence cardiaque max". Je ne voulais pas trop investir car je ne suis pas sure de persévérer longtemps. Je me connais. Mais je me disais que ça m'aiderait.

J'ai donc choisi le modèle basique Kalenji de chez Decathlon. Modèle à 20 euros. Investissement minimal.

Depuis, je suis très contente.

Il faut mettre le capteur autour du thorax et porter la montre. C'est peu contraignant.

Il faut calculer sa FCM, il y a plein de sites avec la formule de karvonen qui permet de le faire.

L'avantage est qu'effectivement, j'ai tendance à bourriner en début de séance, ce qui me crève et me fait rentrer à la maison presqu'immédiatement avec une sensation d'échec monstre.

Avec le CFM, je surveille ma fréquence. Je suis les conseils du coach. Ma fréquence est de base très élevée. Mais c'est normal je suis comme ça. J'essaie de rester dans les pourcentages conseillés. J'ai l'impression de me trainer comme une tortue pour arriver à ce résultat mais au moins je parviens à terminer les séances en bonne forme et sans souffrance (sauf le genou mais ça n'a rien à voir) 

Et finalement je me rends compte que je ne me traine pas tant que ça. En ce moment, je cours dans un lieu où il y a pas mal de monde (enfin pas assez à mon goût, le soir c'est quand même un peu glauque) et je me compare.

Il y en a qui trottinent comme moi. Certains courent bien mieux, avec une grande foulée. Je n'en suis pas là.

L'idée de participer à une course voire un semi-marathon trotte dans ma tête.

Pour cela il faudrait déjà voir combien de temps je peux courir et quelle distance je peux parcourir.

C'est un bon projet en tous cas. 

Là j'ai envie d'aller courir, mais ça ne fait pas 48h et j'ai encore mal au genou. Ce n'est pas la peine de s'abimer. 

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 3 Février 2011

Dans le métro presque vide, je me suis retrouvée assise à côté de 3 djeun's. Ils avaient tous les 3 des QI de bulots, je ne peux pas retranscrire toute l'intensité du dialogue, je m'en excuse et je n'en garde que la partie "intéressante".

- T'as vu comment Olivier il fouillait dans mon sac quand on est revenu dans les vestiaires?

- Ouais carrément

- Un jour je vais l'accraper (oui acraper, ndlr)

- Mmh

- En plus la dernière fois c'est lui qui m'a balancé comme quoi j'avais un canif dans mon sac

- Mmh

- Comme là j'ai des pistolets, il m'aurait balancé

- Pourquoi t'as des pistolets?

- Bah si les éducateurs sont trop chiants, hahaha

Rire gras des 3 rigolos

- Vas-y montre

Effectivement, caché sous ses affaires de sport, 2 armes...

 

Ce genre de jeune a tendance à tout prendre comme une agression, même un "pardon" parce que le métro est trop plein. Ils avaient vraiment des QI bas. Ces deux points ne me semblent vraiment pas compatibles avec des armes à feu.

 

 

 

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Rédigé par Fluorette

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