ma petite vie

Publié le 4 Avril 2012

 

Je l'observe.

Il regarde ses lettres. Longtemps. Très longtemps. Il regarde le plateau de jeu. Et il soupire. 

Je regarde le plafond, j'ai les yeux qui picotent. Je sens qu'on n'a pas fini. Je sens qu'il est en mode "pétage de score".

Je regarde à nouveau mes lettres : X W R T V P I. Et bah avec ça... Je regarde par la fenêtre, il fait nuit, on ne voit plus les montagnes que nous avons gravies cet après-midi. J'ai mal au genou. Saleté de tendinite. Je me lève, je ferme les rideaux. Je me masse le genou avec un peu de diclofenac. Je vais boire un verre d'eau. 

Il regarde toujours ses lettres et se gratte le menton. 

- Tout est bloqué! Ca m'énerve.

- Non, tout n'est pas bloqué. Regarde il y a de la place là. Là aussi. Tiens encore là.

- Non, c'est pas ce que je veux

- Oui mais il y a de la place

- Je n'ai pas les bonnes lettres

- ...

Je me frotte les yeux. Je me glisse sous la couette. J'attends. Je regarde la randonnée pour demain. Il m'énerve. Il reprend en ralant pour faire passer le temps :

- De toute façon qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça?

Ca dure. Longtemps. Il n'y a pas de mouche qui vole. Peut-être qu'on pourrait faire un peu moins de kilomètres demain. La randonnée des vignes a l'air très bien. Il soupire, je lève les yeux. Je finis par proposer qu'on arrête, je suis crevée. Il est d'accord, il explique qu'avec des lettres pareilles de toute façon il ne peut rien faire. Je range le scrabble. Il va se brosser les dents.

Je regarde ses lettres : A I M N R E S.

Des lettres bateaux.

J'ai envie de l'étrangler.

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 23 Mars 2012

 

Descendre l'escalier les yeux encore fermés, éviter de marcher sur Vanille et Chocolat qui zig-zaguent, leur servir de la pâtée pour qu'ils arrêtent de miauler, pas trop pour ne plus entendre la véto dire qu'ils sont trop gros, prendre mon petit déjeuner le matin en regardant par le fenêtre le soleil qui se lève, les regarder manger, lire en buvant mon thé, puis aller me doucher.

Courir au milieu des champs et être surprise par l'arrosage des maïs. En rire.

Téléphoner à mon frère. Ecouter ses doutes, sa rebellion contre le système. Penser que c'est une tête de mule. Parfois raccrocher sans avoir parlé. Savoir qu'il en avait besoin et que la prochaine fois, ce sera moi qui parlerai, qu'il sera une bonne écoute et que je serai surprise comme chaque fois de sa maturité.

Ouvrir la boîte aux lettres et y trouver une carte postale. Regarder l'image ou la photo, la détailler. Savourer chaque mot écrit.

Appeler mon frère. Entendre sans qu'il le dise sa solitude, avoir mal pour lui. Dire ce qu'il faut pour essayer de gonfler son ego. Lui rappeler qu'il est quelqu'un de bien. Se demander comment nous pouvons être si différents et pourquoi malgré tous ses amis, il me semble si seul.

S'assoir sur la terrasse, boire un verre de rosé, regarder Mr Poilu se goinfrer de bretzels comme d'une drogue, profiter du soleil couchant.

Descendre de la voiture et voir Vanille courir vers moi, miauler et se frotter sur mes pieds.

Appeler mon papa. Ecouter toutes ses théories sur le climat, l'économie, mes frères... Lui parler de ma vie, de mes difficultés, de mes doutes. Avoir la bizarre impression que c'est lui qui me comprend le mieux alors que j'ai toujours eu l'impression qu'il ne m'aimait pas.

Voir la voiture de Mr Poilu garée devant la maison du bout de la rue et sourire parce qu'il sera là quand j'ouvrirai la porte.

Recevoir un texto d'Alibabette, le relire plusieurs fois. Me sentir mieux.

Courir sous la pluie de la voiture à la porte ou l'inverse, surtout quand je suis en sandalettes et sentir l'eau couler dans mon cou et entre mes orteils.

Etre devant la porte de la maison, écouter la musique qui vient de l'intérieur, glisser la clé dans la serrure.

Téléphoner à l'Erudit. Lui raconter mes misères professionnelles. Ecouter les siennes. Regretter qu'on ne puisse plus aller manger des sushis ensemble toutes les semaines.

Trier les photos des vacances, les ranger dans l'album virtuel, l'envoyer pour impression et attendre. Longtemps. Le trouver dans la boîte, le déballer, le feuilleter, se souvenir, sourire, avoir les larmes aux yeux.

Sentir les bras de Mr Poilu autour de moi et m'endormir.

Secouer les lapins crétins en peluche pendant que Vanille les torture. 

Faire un super-score à DJ Hero et exploser David Guetta.

Déchiffrer une partition, me retourner vers Mr Poilu, lui demander s'il pense qu'il peut rythmer un peu le truc, jouer ensemble, l'entendre chanter, ne plus l'entendre car le rythme est devenu trop difficile pour qu'il fasse 2 choses à la fois.

S'arrêter sur un bord de route gouter du vin nouveau à un gars qui s'est installé là le dimanche. En acheter un bidon.

Préparer la gelée de coings. Se dire devant la marmite que c'était un peu couillon d'avoir jeté des bocaux.

Faire du vélo sous le soleil alors que c'est l'automne.

 

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 17 Mars 2012

Se pencher en arrière pour se caler au fond de la chaise. Profiter du moment.

Les regarder. Les écouter. Détailler leurs visages, pour s'en rappeler après, pendant les moments difficiles.

Les voir rire, rire aussi. De bon coeur.

Se rapprocher pour donner son avis sur ce qui vient d'être dit.

Se pencher vers l'Erudit pour un aparté. 

Faire un tour sur l'ordi pour chercher un sextoy pour l'une d'entre nous qui fait semblant qu'elle n'y touchera jamais. Mais finalement pourquoi pas. Cacher l'écran quand un des gnomes vient regarder aussi à force de nous voir rigoler parce que le baillon SM avec boule diamant c'est trop pour nous.

Ecouter mon frère justifier que sa nouvelle copine m'ait vouvoyée. Deux fois. Passer automatiquement la main sur mon front pour caresser mes rides.

Etre un peu étonnée d'apprendre que la mère d'une de celles qui se sont installées ensemble n'ait toujours pas compris.

Se goinfrer de chips au vinaigre, de tuiles HotandSpicy, mes préférées, spécialement apportées pour moi. Tendre le bras pour attraper du tzatziki, le tartiner sur un blinis et savourer.

Se rappeler la rencontre avec chacun d'eux, chaque moment important passé.

Savourer l'instant car déjà demain ce sera le retour.

Ne pas devoir justifier mon nombre de jours travaillés par semaine. Pouvoir raconter des anecdotes de boulot et rencontrer des sourires et des yeux compréhensifs. Pouvoir exprimer mes difficultés sans enjoliver la situation. Pouvoir parler mal et dire des gros mots. 

Comprendre que c'est là qu'est ma place, avec eux. Que rien ne remplacera jamais ces relations construites au fil des ans. Que malgré la distance tout est intact à chaque retrouvaille. Qu'un seul regard fait passer une idée. Qu'un seul sourire rassure celui qui a peut-être mal compris une phrase. Il y a eu des disputes, des moments difficiles. Mais ça tient toujours. Pour l'instant.

Se rappeler toutes ces soirées au milieu de gens qui ne me correspondent pas. Ces soirées à afficher un air intéressé par les ares, la viabilisation et les grosses voitures. Comprendre que quels que soient les efforts, ce ne sera jamais pareil. On ne choisit pas ses amis, ce sont des hasards.

 

Ils sont tous là. Tous ceux pour qui je pourrais cacher un corps s'ils me le demandaient.

Ils sont mon clan. Mon cocon et ma carapace.

Ils sont mes amis, mon autre famille.

Je ne sais pas s'ils ont besoin de moi. Mais je sais que j'ai besoin d'eux.

 

 

 

 

Edit : ayant passé un bon week-end à parler d'ares et de grosses voitures avec des gens sympathiques, je me sens obligée de préciser que ce n'est pas un problème de sujet, mais de relations humaines. Le courant passe parfois, parfois pas.


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 2 Février 2012

 

Avant je pensais qu'un jour j'irais vivre puis travailler au bord de la mer. Le soir j'aurais pu aller regarder les vagues, j'aurais senti l'air marin, j'aurais fermé les yeux et j'aurais souri.

Avant je pensais travailler dans un cabinet que j'aurais créé, avec des patients à qui je n'aurais prescrit que des médicaments utiles, qui m'auraient cru quand je leur aurais expliqué qu'ils ont un virus. J'aurais des patients qui m'auraient choisi pour ma façon de travailler, pour un contact qui leur aurait plu. Je serais rentrée tous les jours à la maison avec l'impression d'avoir bien travaillé.

Avant je faisais déshabiller tous mes patients, je pensais qu'hors l'examen complet, point de salut. J'étais convaincue qu'une des missions de la médecine générale étant la prévention, il était de mon devoir de fouiller chaque consultation comme si elle devait être unique. Je me rendais malade quand j'avais oublié de prescrire une paire de semelles qui m'avait été demandée. Je rentrais le soir avec ces oublis dans la tête et la culpabilité. Je dormais mal.

Avant j'étais contre le mariage.

Avant j'étais sure que nous ne mangerions jamais le soir devant la télé. Je pensais que ça casserait nos relations, que le dialogue serait compromis. Je pensais qu'on mettrait la table, qu'on se regarderait dans le blanc des yeux et qu'on se raconterait nos journées en mangeant des plats amoureusement préparés.

Avant je roulais en voiture sportive, je m'embourbais régulièrement pendant les visites, ça mettait du piment quand des ouvriers de chantier là par un heureux hasard venaient la pousser.

Avant j'allais au cinéma toutes les semaines, je ne pensais pas pouvoir m'en passer, j'allais manger des sushis chaque jeudi en discutant de notre métier avec l'Erudit. Je sortais beaucoup. Je prenais le métro pour le seul plaisir d'aller m'assoir devant la Cathédrale, de feuilleter un bouquin sur les quais, de prendre un thé accompagné d'un gâteau aux épices au ThéMajuscule, de flâner devant les vitrines. Je croisais souvent des têtes connues. Parfois, quelqu'un que je n'attendais pas venait s'assoir à côté de moi sur une terrasse et nous prenions un verre. Je connaissais les instances, j'avais un réseau, chaque problème avait une solution.

Avant, je mangeais chez mes parents presque toutes les semaines, je voyais souvent mes petits frères. J'aimais retourner dans ce village où j'ai grandi, constater les changements. Alibabette me manquait depuis qu'elle était partie.

Avant je jouais à Zelda en mangeant de la soupe le soir après mes longues journées de boulot.

Avant j'allais chez le psy une fois par semaine et j'avais l'impression de comprendre et d'avancer. 

Avant j'avais réussi à me sevrer d'internet. J'avais un ordi non portable. J'essayais avec difficultés de ne faire qu'une chose à la fois. J'avais l'impression de réfléchir seule à ma pratique, de n'avoir pas assez de retours malgré mes soirées à picoler des grands crus au coin du feu chez mes remplacés.


 

Maintenant je sais que, sauf catastrophe, ma vie sera ici, loin des miens, loin de l'eau, loin de mes rêves. Une autre vie que celle dont j'ai rêvée. Un climat plus froid, des gens différents que je ne comprends pas toujours, le manque du bruit des vagues et des tempêtes. Mais un MrPoilu qui m'attend le soir, moins de pluie, un climat-excuse pour acheter encore plus de paires de bottes, une maison à moi, des chats aux caractères curieusement miroirs des nôtres, des rencontres en vacances qui à chaque fois modifient profondément ma façon de voir la vie, des amitiés qui se construisent lentement.

Maintenant, je ne vois plus mes parents que rarement. Mon papa me manque beaucoup mais je ne parviens toujours pas à lui dire. Je suis brouillée avec un de mes frères mais je surveille de loin sa prochaine décompensation. L'autre s'est casé, depuis il n'appelle plus beaucoup. Si je ne téléphone pas à mes amis, ils ne le font pas. La distance abime les relations. Les nouvelles d'Alibabette ensoleillent mes journées, maintenant qu'elle est revenue et que moi je suis partie. Ironie.

Maintenant j'habite au milieu de nulle part. Ma nouvelle cantine est un restaurant à tartes flambées où je peux me rendre à pieds, commander toujours les mêmes tartes, le même vin - une sacrée piquette aux bouteilles de qualité inégale - faire une entorse aux habitudes parfois avec la bière de noël. C'est un lieu où je me sens sereine. On peut y aller vêtus comme des sacs à patates et s'affaler sur les chaises. Leur mois de fermeture annuelle est mon mois le plus difficile.

Maintenant je rentre tard le soir. Je suis souvent épuisée, les journées sont longues. J'attrape un verre puis j'embrasse chéri ou l'inverse et je m'étale comme une larve sur le canapé. On prend le temps de prendre des nouvelles de l'autre, on se raconte nos journées, nos soucis. Soit j'ai préparé un plat la veille, soit MrPoilu "cuisine" une pizza ou des pâtes. Ces derniers temps, il devient très doué en soupes en sachets. Certains soirs, on mange à table, parfois non. Et finalement ce n'est pas ça qui compte.

Maintenant, je ne vais plus que rarement en ville ou au cinéma. C'est trop loin. Je sais manier le programmateur de la Freebox avec dextérité. Je bénis France3 d'avoir programmé de nouveaux épisodes de Barnaby même si l'acteur a changé, je préférais John Nettles. J'aime les regarder en petit-déjeunant le mercredi, malgré l'incroyable quantité de morts par épisode, les paysages me rappellent les manoirs normands, j'aime penser que l'Erudit l'a peut-être déjà visionné. Il me manque, sa culture, ses résumés de sorties en angleterre, ses réflexions de cul au milieu du salon de thé, ses grands bras pour me serrer quand les journées étaient trop dures.

Maintenant, je n'ai plus d'heure par semaine à raconter ma vie à quelqu'un payé pour m'écouter. J'ai l'impression de patauger dans la semoule parfois, avec de grosses bottes. Mais je n'ai pas envie de recommencer avec quelqu'un d'autre. Pour l'instant.

Maintenant, je me suis mariée. Et ça n'a rien changé. 

Maintenant je marave Guetta à DJ Hero. Je ne progresse pas beaucoup dans Zelda, je n'ai pas vraiment le temps.

Maintenant, j'ai repris un cabinet dans lequel j'aime travailler. J'ai plein de projets pour développer mon activité en gynéco, pour améliorer l'hygiène et plein de problèmes-surprises à gérer. Les patients ne m'ont pas choisie. Nous nous adaptons les uns aux autres. J'encaisse les réflexions parfois racistes sur mon nom de famille, je réponds avec le sourire que les choses changent quand on me reproche de ne pas parler le dialecte. Je prends de moins en moins de pincettes, je les regarde bien dans les yeux en disant "ça va guérir tout seul". Au milieu de ça, avec certains, le contact est passé tout de suite, des gens que j'ai plaisir à voir, chez eux je bois des cafés en écoutant les histoires de la guerre, la difficulté de trouver à manger et l'émigration subie en Haute-Vienne dans ces années où même mes parents n'étaient pas nés, des petites histoires de la grande Histoire, je me demande comment on va réussir à manger toutes ces confitures qu'on m'offre... Parfois mon coeur se serre quand une femme qui pourrait être ma grand-mère me dit sur le pas de sa porte que ça ne doit pas être facile d'avoir été parachutée ici, je fais semblant de sourire et je dis "ça va".

Maintenant je fais mes visites en utilitaire et je n'emprunte plus de chemins boueux.

Maintenant, j'ai changé ma pratique. Je ne fais plus déshabiller tout le monde. D'une part parce que la demande de consultations est trop forte et que le temps manque. Mais surtout parce que suite à des échanges, j'ai revu ma position. Je juge au cas par cas. Je prends soin de la pudeur des gens. C'est plus important que de vouloir tout voir. Je ne suis pas un super-doc, je fais ce que je peux. Je ne m'épuise plus en combats stériles. Je ne me bats pas s'ils veulent des poudres de perlimpimpin. Je concentre plutôt mon énergie à convaincre celui qui en a vraiment besoin d'aller enfin chez le cardiologue. J'apprend à faire des lavages de nez aux parents. J'ai appris à échouer mais c'est toujours difficile. Je ne prescris pas parfaitement mais j'essaie. J'essaie d'arrêter des prescriptions ancestrales sur des ordonnances à rallonge. Je me bats contre les somnifères. Je reste persuadée que ma façon de travailler est intimement liée à ma vie privée. Si nos pratiques sont si différentes, c'est que nos vécus le sont. Nous ne sommes pas des machines. Nous avons tous des réponses différentes au même problème.

Maintenant j'ai peur pour l'avenir de mon métier quand je vois les exigences des patients et ce que la société attend de nous. J'ai peur quand je constate les dérives du système. Les choses sont en train de changer mais je ne suis pas sure que ce sera positif. Les politiques font de l'électoralisme. Au lieu de faire de l'éducation collective à la santé, on continue de promettre aux gens qu'on obligera un médecin à être à disposition pour qu'ils consultent inutilement dès que leur nez coule.

Maintenant, j'ai perdu la lutte contre mon addiction au net. Je suis beaucoup sur Twitter. Ca m'est d'une grande aide pour le boulot, même si certains jours, je ne trouve pas le temps. Je lis des blogs, j'écris sur celui-ci, les échanges m'apportent beaucoup. Certains semblent être de bien meilleurs médecins que moi. Je me demande comment ils font. 

Maintenant je ne dors toujours pas correctement. J'espère y parvenir un jour mais j'en doute. Je suis trop facilement atteinte par le stress, les histoires de mes patients, le moindre bruit...


Maintenant je regarde par la fenêtre, il a neigé, les traces des voitures ont creusé des sillons. Le soleil va bientôt se lever. Ca fait deux ans aujourd'hui que je suis ici. Je m'adapte mais je resterai toujours au fond de moi une fille de la mer.

 

 


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 6 Novembre 2011

31 Octobre. Il fait froid. Le déguisement pour ce soir est prêt. Le parcours de l'effroi du château nous attend. Mais avant, il faut finir les visites.

Je roule. Je retourne chez celui qui a demandé ma venue car il souffrait bien trop et il fallait réévaluer sa morphine. A mon arrivée, à travers la porte vitrée, je l'ai vu dévaler les escaliers pour m'ouvrir, puis je l'ai suivi alors qu'il gambadait jusqu'à son lit pour ensuite m'ordonner d'enlever les agrafes. Il n'a pas de morphine mais je pense qu'il est complètement psy. Je n'avais pas la pince alors je suis retournée au cabinet en chercher une. Demain c'est férié, au moins ce sera fait.

En revenant j'aperçois un immense oiseau planer au dessus d'un champ. J'ai un doute à cause du brouillard qui tombe mais non, mon imagination ne me joue pas de tour, c'est bien une cigogne. Elle n'a probablement pas pu partir. L'hiver sera difficile à passer seule. Tiens, une autre. C'est déjà ça, elles seront deux. 

Dans le village, surprise, je les aperçois, elles sont 2 ou 3 posées par toit. Le village en est couvert. Je me gare pour les regarder. Elles se sont regroupées. Elles sont tellement nombreuses, il y en a partout. Je me souviens les explications entendues cet été, la période de migration finissant en septembre.

Comment se fait-il qu'elles ne soient pas encore parties?

C'est un moment rare que le regroupement des cigognes avant leur départ. Encore plus lorsqu'elles ont tardé et que leurs silhouettes se découpent sur les toits dans le brouillard. Curieusement ce soir la lune est rousse. Je m'attendrais presque à voir surgir les loup-garous...


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Rédigé par Fluorette

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Publié le 5 Octobre 2011

Lieu : Canapé, télé allumée


Le dîner était délicieux. C'est vraiment une bonne idée d'avoir fait un barbecue. Probablement le dernier de l'année. Une bonne idée aussi d'avoir pour une fois remplacé les pêches par de la mangue. La mangue colle un peu à la grille mais au goût le mélange est très bon. Le vin espagnol qu'on nous a offert ce week-end est sec mais accompagne bien le canard. Finir par une figue permet de croire que l'été est encore un peu là. Même si nous avons dû manger à l'intérieur, trop froid ce soir. Vraiment trop froid.

Je n'aime pas ces Experts-là. Trop moralisateurs ces new-yorkais. Je préfère Vegas. Il y a parfois des images de la ville et ça me rappelle nos vacances, le luxe, ces fontaines, la démesure, les casinos, les lumières, le Strip, la bague... 

Toi non plus, tu n'as pas l'air très intéressé :

- Je verrais bien une orchidée tombante là, dans les boiseries

- ...

- Mais si, une orchidée comme dimanche matin, dans le gars aux fleurs avant Turbo

Tu as des repères temporels précis, marqués par les émissions automobiles et les soirées entre potes. Je vais chercher l'ordi. Tu penses que le gars s'appelait Jeff. Après quelques recherches, oui, c'était bien Jeff. Jeff Letham et son émission de décoration florale. Pourquoi avons-nous regardé ça dimanche? Etions-nous si fatigués? Il avait redécoré le George V avec des orchidées vanda. Voilà, c'est ça : vanda. Tu en voudrais une rouge. 

- T'emballes pas, on va déjà regarder si ça demande beaucoup d'entretien. Parce que c'est moi qui vais m'en occuper

- Mouais

- Bon apparemment pas. Et niveau chaleur ça irait. Par contre ensoleillement, il faudra voir. On pourrait la commander par internet

- Y en a des rouges?

- Pas sur ce site

- C'est plus beau en rouge

- Je chercherai demain, chéri.

- On pourrait aussi en mettre une dans les escaliers

- Tu veux pas plutôt qu'on en prenne une qui sente bon. Sur écorce aussi si tu veux

- Mouais

Bon, le parfum tu t'en fous, j'ai bien compris, par contre rouge ça serait mieux. Et ben, ça va pas être évident. Je repose l'ordi et essaie de me concentrer sur la télé. Mais Vanille vient réclamer des caresses. Et j'ai raté presque tout l'épisode. Au suivant, c'est bon, je suis concentrée.

- Oh il respire hihihi. Et il me lèche les doigts.

Je te regarde. Chocolat est étalé sur ton ventre. Il ronronne très fort. Tu lui grattes le menton. Maintenant je suis sure que nous allons le garder.

Nous avons échoué au test du chaton*

 

 

* Test du chaton : dans le film Vilaine, quand la jeune femme veut devenir méchante, elle va dans un magasin où on lui propose des chatons. Si elle cède c'est qu'elle n'arrivera pas à être méchante. Ca part du principe qu'un chaton ça fait craquer.

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 9 Septembre 2011

Revenir aux sources.

Là où j'ai commencé à remplacer. Là où j'aurais pu m'installer. Là où j'aime travailler.

Savoir que cette fois c'est vraiment la dernière fois. Ce goût d'adieu.

Discuter autour d'un café et de chocolats avec mes remplacés. Savoir que ce genre de moments ne sera plus.

 

Revenir aux sources.

Raccompagner quelqu'un à Rouen. Prendre le chemin le plus long pour rentrer. Passer devant la mairie, observer les skateurs pendants que le feu est rouge. Rouler lentement pour profiter des passants, du soleil, des bâtiments.

Voir passer ceux qui reviennent du marché et portent des tas de paquets ou des bouquets, du pain...

 

Revenir aux sources.

S'arrêter sur un bord de route. Attraper l'appareil photo dans le coffre pour faire quelques clichés. Critiquer la luminosité. Maudire un peu les nuages et la bruine. Repartir.

 

Revenir aux sources.

Aller diner entre copines. Rire. Savourer l'instant. Supporter l'engueulade des mêmes copines. Répondre au sourire du serveur. Penser qu'il est vraiment pas mal. Profiter de la fin de la crise. Recommander un pichet de sangria. Devoir se rabattre sur une bouteille de rosé. Frustration. Se promettre qu'on reviendra, dire au serveur que la prochaine fois, il aura intérêt à avoir des réserves de sangria.

Savoir que ce sera peut-être dans très longtemps.

 

Revenir aux sources.

Aller à la mer. Sentir le soleil et le froid en même temps. Respirer l'air marin. Se demander comment vivre sans ça. Courir sur les cailloux, manquer se casser la figure. Se dire que ce serait bien bête de se casser une patte. Regretter d'avoir oublié un manteau dans l'Est par excès d'optimisme.

 

Revenir aux sources.

Se ballader en ville. Aller chez le psy. Connaitre chaque magasin. Savoir où aller selon ce qu'on cherche. Etre surpris parfois par une nouvelle enseigne. Flaner. Regarder le Gros Horloge. Regarder les touristes qui regardent le Gros Horloge. Acheter une jupe rouge. Drôle d'idée. S'assoir sur un banc devant la Cathédrale. Se méfier des pigeons. Avoir les bras chargés de paquets. Traverser les ponts, regarder les touristes qui remontent sur les bateaux de croisière. Culpabiliser un peu d'avoir fait flamber la carte bleue. Repenser à ce qu'il a dit  "il faut prendre soin de vous, personne ne le fera à votre place". Culpabiliser moins.

 

Revenir aux sources.

Se garer dans la cour de la maison familiale. S'apercevoir qu'il n'y a personne. Voir le chat qui arrive en courant. Sortir la valise de la voiture. Entrer. Nourrir le monstre. Laisser la porte ouverte car il fait plus froid dedans que dehors. Monter ranger les affaires. Entendre Frère qui crie qu'il faut toujours fermer la porte quand on est l'étage. Descendre l'embrasser et le serrer fort.

 

Revenir aux sources...

 

 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 23 Août 2011

Tu conduis les yeux embués de larmes. Tu as hâte d'être à la maison. Pourtant tu ne roules pas vite, comme d'habitude. Ce n'est pas facile de rester concentrée. Tu arrives enfin. De l'extérieur, tu entends la musique, tu ouvres la porte. Il s'approche de toi et te demande comment ça va. Il t'embrasse. Tu ne réponds pas, tu le regardes juste, il a compris. Tu jettes ton sac par terre. Tu descends enfiler ton cycliste et ton t-shirt. Tu fixes ton ipod et ton gps. Tu attrapes une petite bouteille d'eau. Tu lui dis que tu vas courir et que tu n'emportes pas tes clés. Il reste là de toute façon, il va préparer le dîner.

Tu commences à courir. Tu sens cette oppression sur ta poitrine. Il y a beaucoup de nuages mais il fait quand même trop chaud. Ca faisait longtemps que tu n'avais pas couru. Tu as eu besoin d'arrêter quelques temps. Et là, tu as besoin de reprendre, d'habitude ça te vide la tête mais là ça ne suffit pas. 

Tu ne peux pas t'empêcher de revivre la scène. Tu te demandes quel mot dans ce que tu as dit a déclenché ses cris. Tu te souviens exactement des mots qu'elle a employés. Ca t'a fait mal. Oh bien sûr tu penses qu'elle est folle ou toxicomane voire les deux et que ça aurait pu être n'importe quel médecin à ta place. Mais tu n'arrives pas à t'en convaincre ni à mettre la distance nécessaire.

Idiote. Bon. On ne t'avait jamais traité d'idiote. C'est une première, ça ne te touche pas. Il semble qu'elle ait dit que tu es un monstre. Ca non, ça ne t'atteint même pas. Par contre, elle a dit que tu t'étais trompée de voie, que tu es un très mauvais médecin. Et ça te fait mal. Même si tu ne l'as vue que sur le palier. Parce que tu travailles beaucoup pour être un bon médecin. Pas assez, les journées sont trop courtes et puis tu ne veux plus que la médecine soit tout dans ta vie mais beaucoup. Ca fait mal parce que ça touche un point sensible. En ce moment, tu as l'impression de ne pas bien travailler, beaucoup de certifs-à-la-con, beaucoup de rhumes ayant débuté 2 heures plus tôt, beaucoup de demandes de prescriptions pour des gens restés devant leur télé ou partis "au pays", beaucoup de négociations, de refus... Tu doutes souvent, tu ne sais pas si tu as choisi le bon métier, celui pour lequel tu serais faite. Tu aimes ce boulot mais peut-être que tu aurais été plus douée pour autre chose. Comment savoir. Tes troubles du sommeil rendent les gardes difficilement supportables et les histoires des patients te touchent parfois tant que tu as besoin de ne pas trop travailler pour te protéger. Elle t'a fait mal parce qu'elle a touché ce doute et parce qu'elle t'a remis en cause sur tes capacités. Tu ne penses pas être un mauvais médecin mais là tu te demandes quand même. T'es un peu con hein. En fin de journée, tu es moins souriante qu'en début et tes neurones sont moins en forme, surtout après 30 patients, surtout quand la veille il y en a eu 50. Mais tu fais ce que tu peux. Aujourd'hui tu te sens surtout très fatiguée.

Tu en as marre de ce remplacement, il n'est vraiment pas pour toi. Qu'est-ce qu'elle a dit déjà? Qu'elle allait le dire au Dr Machin? Pas de problème dites-lui, tu lui as répondu, calmement. Tu t'en fiches. Pourvu qu'ils ne te rappellent jamais! Tu te demandes déjà comment leur rendre les clés sans avoir besoin d'y retourner. Penser à autre chose. Respirer fort.

Les taons t'ont trouvée. Tu aimes moins courir l'été que l'hiver. Trop chaud, trop d'insectes. Tu as l'air débile à taper des mains en l'air comme ça, mais si l'un d'entre eux te pique, tu gonfleras, il ne manquerait plus que ça. Tu cours un peu plus vite mais ils volent vite eux. Ils ont la dalle.

Tu finis par les semer en sortant de la forêt. Tu rentres à la maison. Vanille miaule, la table est mise, Mr Poilu te sourit, ça va mieux.


 

* Passi - Les flammes du mal - Chanson passée l'autre matin dans la voiture qui me fait très fortement penser à l'endroit où je travaille en ce moment.

 

Edit du 24/08/11 : Merci pour tous les messages. Ca va mieux. Ca fait 8 jours déjà et il ne reste que 4 jours. J'ai mis plus de distance, je finis ce remplacement en "sous-marin" comme on me l'a conseillé. Le rempla suivant est un endroit agréable, où j'aurais pu m'installer si je n'avais pas déménagé. 

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Rédigé par Fluorette

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Publié le 22 Août 2011

 

Mr Poilu n'a jamais eu d'animal. Il a toujours dit qu'il n'aimait pas ça. J'ai toujours eu un chat et j'aime m'occuper des animaux, veaux, vaches, cochons, couvées... Si je n'aimais pas autant partir en vacances, j'aurais eu une ferme. C'était notre grand conflit. Alors que j'avais arrêté la bataille depuis longtemps, un soir, il a dit "si tu veux, on pourrait avoir un chat". Je suis tombée de ma chaise. Un mois plus tard, nous avions le monstre.

Depuis, c'est très drôle de les regarder s'apprivoiser tous les deux. 


Alors que j'étais occupée à déplacer des objets dans le but de faire croire à Mr Poilu que je rangeais (je fais ça quand je n'ai pas envie de faire mais qu'il faudrait, ça me fatigue moins que ranger vraiment, que personne ne lui répète) quand je l'ai entendu parler tout seul. Enfin pas vraiment tout seul. Il regardait Vanille dans les yeux en lui expliquant que ce n'était pas gentil de faire ses griffes sur le mur et qu'elle avait d'autres endroits pour les faire : le grattoir ou le nounours à griffes achetés spécialement et jamais utilisés - heureusement que c'était pas trop cher - ou la souche remontée de la cave en se disant que c'est ce qui ressemblait le plus à un arbre. Vanille semblait le regarder en secouant la tête avec ses grands yeux jaunes, ça l'a peut-être encouragé à continuer son topo. Il a dû trop regarder SuperNanny. Il lui a pris les pattes et a essayé de lui frotter sur la souche. Comme ils ont une relation curieuse basée sur la peur mutuelle, à peine bouge-t-elle qu'il la lache et doit donc reprendre l'explication au début. Au bout de quelques tentatives, elle l'a laissé en plan pour aller choper une mouche. Je ne sais pas pourquoi on la nourrit, les mouches se mangent très bien, tout comme le papier toilette et les curlys.


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Elle a un peu cette tête là quand elle se fout de notre gueule

 

Ce matin, je l'ai surpris en train de lui expliquer que ça l'arrangerait qu'elle arrête de sortir la terre des pots de fleurs parce que ça lui fait du travail de passer l'aspirateur quand il rentre le soir et qu'il préfèrerait faire autre chose. C'était pas sympa non plus de faire tomber une orchidée, elle est abimée. Il n'y avait pas de mouche mais elle est quand même partie vomir sur le tapis de la salle de bains. L'explication était peut-être trop violente. Moi ça m'arrangerait qu'elle arrête de vomir, la vétérinaire a dit qu'elle ne savait pas pourquoi mais qu'elle est en bonne santé et que les croquettes c'est meilleur pour ses dents. Mon idée est qu'elle le fait juste pour nous punir de lui donner principalement des croquettes et pas de la pâtée.

 

Elle est presqu'aussi chiante que moi. Pauvre Mr Poilu. Il n'a pas fini de passer l'aspirateur mais je crois qu'il nous aime bien, toutes les deux. Il nous a apprivoisées. Et nous avons besoin les uns des autres.

 

 

 

* Le petit prince, Saint-Exupéry


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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Publié le 12 Août 2011

Dimanche matin, brunch devant la télé. Mr Poilu se coupe du fromage. Les fromages sont secs et durs. Ah ce délicieux hollande vieux. Je pense intérieurement qu'il ferait mieux de le couper dans l'assiette mais la dernière fois que je lui ai dit, il m'a dit qu'il fallait que j'arrête de tout prévoir surtout le pire. Ok. Le saucisson est délicieux* et aujourd'hui l'épisode des Totally Spies est un mélange avec Martin Mystère. Je préfèrerais regarder toute seule, sa présence m'empêche de régresser complètement en regardant les dessins animés. Alors que l'épisode se termine et que je m'apprête à zapper, il crie.

- Ah mais bordel, ça fait trop mal.

Je viens de perdre un tympan. Je le regarde avec un grand sourire et je me permets un "je te l'avais bien dit" (c'est mon côté peste). Je savoure ce grand moment. Mais pas trop longtemps parce que le grand blessé saigne. Beaucoup d'ailleurs. Et lui ne trouve pas ça drôle du tout, il va mourir. Il a mâââl. Je ne vois pas pourquoi nous avons acheté des couteaux à viande, les Degrenne de base ont l'air de très bien couper aussi. Ca ne le fait pas rire non plus. Ce garçon n'a aucun humour.

Je l'emmène au lavabo, je lui montre le savon, je vais chercher des pansements. Evidemment, dans les escaliers, Vanille essaie de me faire tomber en courant en diagonale devant moi. Ca mettrait un peu de piment à cette histoire. J'arrive à redescendre sans encombre. Je retrouve un Mr Poilu un peu pâle. Je regarde la plaie, je n'ai rien touché qu'il gémit déjà et se contracte en essayant de retirer sa main. Je fais alors mes yeux méchants. Il se justifie "mais j'ai mal-heu"**. Je regarde de nouveau, je tire un peu sur les berges. Ca va, il a bien tranché la chair du pouce mais rien de grave. J'ai maintenant le chat Potté en face de moi qui m'implore "faut pas suturer?". Mais non.

Il regarde son doigt et constate que ça saigne encore. "C'est normal que je vois des petites mouches?" Mon dieu, il ne manquait plus que ça. Je lui ordonne de s'allonger sur le canapé et lui sur-élève les jambes. Mais bon, ça va quoi, je vais pas perdre de vue l'essentiel donc je m'attaque à ma tartine de nutella. Après plusieurs minutes, il va mieux. Il ne comprend pas bien pourquoi il a vu des mouches alors qu'il s'est coupé le doigt. "C'est à cause du neurone doigt-yeux, quand tu te coupes, ça fait voir des mouches" suggère-je. Il a l'air de réfléchir. L'hémorragie a dû être importante, la réflexion est longue avant qu'il ne trouve ça bizarre.

Finalement, les choses reprennent leur cours et il s'apprête de nouveau à couper ce fromage dans les airs. Qui a dit qu'on apprenait de ses erreurs?


 

* Notre alimentation n'est pas totalement équilibrée. Mais peut-on lutter face à du fromage et du saucisson avec du pain tout juste arrivé de la boulangerie?

** Tout comme je redeviens une gamine devant des dessins animés, l'Homme qui saigne (ou a le nez qui coule ou un bouton ou toute autre pathologie grave) régresse beaucoup.


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Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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