Zusammen

Publié le 21 Janvier 2015

Le stade entier chante. Quarante mille personnes. Un peu plus peut-être. Mes lèvres chuchotent des paroles que je ne comprends pas. Enfin pas toutes. Je suis hypnotisée par la scène. Sa voix me berce. Inexplicablement, sa voix m'a toujours rassurée. Ma voisine, comme tant d’autres, remue son téléphone et des milliers de lumière ondulent sur le stade. Il pleut sur la fosse et les fans sont trempés. Il tiennent bon et depuis les gradins j’admire leur ferveur.

Cela faisait des mois que Le Poilu avait noté “week-end surprise : finir tôt” sur mon agenda. J’avais pensé qu’on allait traverser la frontière et s’enterrer deux jours pour randonner dans la Forêt Noire. Comme souvent. L'idée me séduisait mais je ne voyais pas bien pourquoi faire tant de mystères.

Quand je suis montée dans la voiture, le GPS était déjà lancé, les sacs alignés dans le coffre, il a dit, un peu nerveux, “bon on en a pour quelques heures et j’espère qu’il n’y aura pas trop de bouchons”. Il y a eu l’arrêt inopiné des essuie-glaces en pleine pluie. Et des bouchons, beaucoup. Quand il m’a fait courir à travers un Parc Olympique avec mes sandales qui me brûlaient les pieds, j'ai râlé en riant que rien ne pouvait être si urgent. Il a répondu que si, et a levé son doigt pour m'expliquer que nous avions une réservation en haut de “ça”. J’ai levé les yeux vers l’Olympiaturm. J’ai souri. Nous avons fini par trouver l’entrée. Le dîner était excellent, comme les vins, à déguster en regardant dans la nuit les lumières du musée BMW. En découvrant dans le paquet cadeau un CD avec le DVD du concert, j’ai pensé qu’il me connaissait vraiment bien. Et quand les places de concert sont tombées de la pochette, il a ajouté “c’est pour lui que nous sommes venus ici”. Un petit frisson a parcouru mon dos.

Le soleil a brillé toute la journée. Une journée entière pour boire des mass bier dans l’Englischer Garten au milieu des gars en tenue bavaroise. Pour admirer la Cathédrale. Pour se tromper de bus. Pour écouter de la musique à la Hofbräu. Pour profiter simplement du soleil.

Ce soir il pleut. Des trombes. Depuis que Xavier est monté sur scène. Et ça ne s’arrête pas. Parfois nous recevons un peu d’eau qui traverse la verrière qui couvre les gradins. Il fait chaud, malgré tout. Ma voisine attrape mon bras, me chuchote un “so schön”.

Je suis si bien, tellement loin, portée par le chant du stade, oubliant qu’il faudra commencer les piqûres demain, à sept heures tapantes. Pour l’instant, il fait nuit, il pleut, Xavier chante. LePoilu attrape ma main, il a les larmes aux yeux et il me dit “ tu entends ? Ce qu’on ne peut faire seul, on peut le faire ensemble. Was wir alleine nicht schaffen, Das schaffen wir dann zusammen “.

Demain je commencerai les piqûres. Demain.

Rédigé par Fluorette

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Patrice@ dent de sagesse 10/06/2015 17:34

Happy music for happy people :)

docmamz 25/02/2015 13:03

Jolie découverte, et joli week end.

N'oubliez pas de continuer à être heureux, tous les deux.

Thomas 19/02/2015 15:00

Ce concert est un moment de pure bonheur, un moment pendant lequel vous avez pu oublier un peu votre quotidien difficile. Courage, la médecine évolue et beaucoup de femmes deviennent mère malgré les obstacles.

virgo 17/02/2015 10:30

J'espère que tout va bien d'une façon ou d'une autre. Bonne route à vous Fluorette.

lilou 15/02/2015 10:51

Doigts de mains et de pieds croisés pour vous !!!