Alphonsine, seule
Publié le 25 Février 2011
Ce matin, ça avait plutôt bien commencé. Réveillée très tôt par le goût de tarte flambée dans la bouche (beurk) je me suis levée, j'ai allumé l'ordi, la télé, préparé le petit déjeuner, très léger aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, j'ai trainé. J'ai bu mon jus d'orange en lisant mails, twits, blogs. Grinoté en regardant Telematin. Puis la douche. Mr Poilu s'est levé, m'a embrassée, on a ri bêtement à cause d'une blague idiote et il est parti à la douche.
J'ai roulé jusqu'au cabinet, j'ai relevé la boite aux lettres, ouvert la salle d'attente, me suis rendue compte que j'ai oublié mon téléphone à la maison, ouvert les volets, allumé l'ordi, lancé tous les logiciels nécessaires. C'est là que le téléphone a sonné et que le numéro d'Alphonsine et Pierre s'est affiché. J'ai soupiré. J'ai décroché.
J'ai senti la panique dans le simple bonjour. J'ai senti qu'il fallait y aller avant qu'elle ne me le demande. Pierre est tombé pendant la nuit et ils pensent qu'il est mort. J'ai attrapé mon sac, dit un mot à ceux déjà présents en salle d'attente et je suis allée chez eux.
Pierre était recroquevillé au pied de son lit, par terre, agrippé au lit, déjà rigide. Alphonsine était par terre et le serrait dans ses bras en pleurant. Elle est partie s'asseoir dans la cuisine. J'ai constaté le décès. Nous l'avons remis tout plié sur son lit.
Je suis allée remplir le certificat. Sa fille m'a demandé s'il était mort. Oui, il l'est.
Je les ai laissés tous les trois les larmes aux yeux.