Pèlerinage

Publié le 9 Septembre 2011

Revenir aux sources.

Là où j'ai commencé à remplacer. Là où j'aurais pu m'installer. Là où j'aime travailler.

Savoir que cette fois c'est vraiment la dernière fois. Ce goût d'adieu.

Discuter autour d'un café et de chocolats avec mes remplacés. Savoir que ce genre de moments ne sera plus.

 

Revenir aux sources.

Raccompagner quelqu'un à Rouen. Prendre le chemin le plus long pour rentrer. Passer devant la mairie, observer les skateurs pendants que le feu est rouge. Rouler lentement pour profiter des passants, du soleil, des bâtiments.

Voir passer ceux qui reviennent du marché et portent des tas de paquets ou des bouquets, du pain...

 

Revenir aux sources.

S'arrêter sur un bord de route. Attraper l'appareil photo dans le coffre pour faire quelques clichés. Critiquer la luminosité. Maudire un peu les nuages et la bruine. Repartir.

 

Revenir aux sources.

Aller diner entre copines. Rire. Savourer l'instant. Supporter l'engueulade des mêmes copines. Répondre au sourire du serveur. Penser qu'il est vraiment pas mal. Profiter de la fin de la crise. Recommander un pichet de sangria. Devoir se rabattre sur une bouteille de rosé. Frustration. Se promettre qu'on reviendra, dire au serveur que la prochaine fois, il aura intérêt à avoir des réserves de sangria.

Savoir que ce sera peut-être dans très longtemps.

 

Revenir aux sources.

Aller à la mer. Sentir le soleil et le froid en même temps. Respirer l'air marin. Se demander comment vivre sans ça. Courir sur les cailloux, manquer se casser la figure. Se dire que ce serait bien bête de se casser une patte. Regretter d'avoir oublié un manteau dans l'Est par excès d'optimisme.

 

Revenir aux sources.

Se ballader en ville. Aller chez le psy. Connaitre chaque magasin. Savoir où aller selon ce qu'on cherche. Etre surpris parfois par une nouvelle enseigne. Flaner. Regarder le Gros Horloge. Regarder les touristes qui regardent le Gros Horloge. Acheter une jupe rouge. Drôle d'idée. S'assoir sur un banc devant la Cathédrale. Se méfier des pigeons. Avoir les bras chargés de paquets. Traverser les ponts, regarder les touristes qui remontent sur les bateaux de croisière. Culpabiliser un peu d'avoir fait flamber la carte bleue. Repenser à ce qu'il a dit  "il faut prendre soin de vous, personne ne le fera à votre place". Culpabiliser moins.

 

Revenir aux sources.

Se garer dans la cour de la maison familiale. S'apercevoir qu'il n'y a personne. Voir le chat qui arrive en courant. Sortir la valise de la voiture. Entrer. Nourrir le monstre. Laisser la porte ouverte car il fait plus froid dedans que dehors. Monter ranger les affaires. Entendre Frère qui crie qu'il faut toujours fermer la porte quand on est l'étage. Descendre l'embrasser et le serrer fort.

 

Revenir aux sources...

 

 

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Aury67 30/01/2013 11:07

Marrant ça je suis de Rouen aussi ! (enfin j'ai grandit à Sotteville les Rouen).
J'ai migré dans l'Est pour me rapprocher de mon homme il y a 9 ans (déjà...), et nous habitons en Alsace depuis 5 ans (enfin lui y est né ;)).
J'ai eu un cabinet dans les vosges pendant 4 ans (mais je ne suis pas médecin :P), et j'ai très légèrement dépassé la trentaine, ça nous fait quelques points communs !
J'espère que de votre côté vous vous sentez de plus en plus chez vous ici.

En tout cas je rejoins tout à fait le titre de ce billet: pèlerinage, c'est vraiment le mot quand je retourne voir ma famille et mes plus proches amis à Rouen !

Fluorette 16/02/2013 19:01



Oui, pélerinage, l'impression de rentrer dans un endroit connu, mais qui a changé en notre absence... Pas évident. Mais toujours agréable.


Merci :)



Marine 14/11/2011 21:23


On ne s'y fait jamais je crois ...
J'ai quitté Marseille après le bac, il y a 8 ans . La région parisienne, puis très vite l'Oise . Ma vie d'adulte, de mère, de femme active est ici est pourtant ... et pourtant depuis toujours je
sais que je dois retourner vivre là-bas, car là-ba c'est chez moi . Dès que je peux je file dans la maison familiale à Marseille (pleine de monde l'été quand tout le monde squatte la maison du
bonheur, vide le reste du temps car ma mère et mes petits frères et soeurs sont partis peu après moi ... jusqu'en Martinique !) . Et y être c'est toujours un bonheur, c'est MA maison !!!
Le retour "dans le Nord" est toujours douloureux . Ma famille, le climat, les rues que je connais par coeur , mes pmoint de repères, mes amies de toujours, celles des 400 coups au collège puis au
lycée, tout ça me manquent quand je suis ici .
J'ai des amies aussi pourtant, mais c'est pas comme si elles faisaient partie de moi, comme si elles me connaissaient depuis mes racines, si elles avaient partageait tout ce qui m'a construit !
Etrange .... au bout de toutes ces années, ça aurait du changer ! Mais non, je viens du Sud ... et même en s'étant déracinée assez jeune, je crois que je ne veux m'implanter nulle part d'autre que
là-bas !
Je ne veux pas y avoir la même vie, je n'ai plus 15 ans, quand je descends ce n'est pas pour retrouver l'insouciance d'autrefois (quoi que ...) , je voudrais juste y vivre, y voir grandir mes
enfants ... Mais c'est impossible, mon con,joint est d'ici lui, il a 3 restaurants près de Paris, on a fondé notre famille ici, on a eu nos 2 filles, notre vie de couple s'est construite ici, on a
acheté notre maison ici... mais si tout ça est a moi, c'est pas ma région, alors c'est pas tout à fait chez moi !

En tout cas, ton poste m'a fait du bien,je m'y suis retrouvée , c'est bien écrit. Le reste du blog parcourut pour le moment aussi d'ailleurs !

PS : Rouen, c'est beau ! J'adore, mais il caille trop !!! ;)


Fluorette 15/11/2011 07:40



Merci. Ceux qui ne sont pas partis ne comprennent pas ça. Et certains le vivent très bien, au moins en apparence. Mais au fond, ça n'est pas chez soi.


Rouen ça caille? Mouhahahaha, viens en Alsace, ici il fait froid!



Opale 17/09/2011 14:01


Très beau ce billet...je te souhaite qu'un jour ton coeur soit installé dans ta nouvelle région autant que tes valises..


Fluorette 20/09/2011 09:11



Merci C'est une belle façon de le dire



John Snow 15/09/2011 23:03


Nous pourrions nous tutoyer un jour?
;-)


Fluorette 20/09/2011 09:18



Nous pourrions :)



John Snow 15/09/2011 23:00


Pourquoi? Vieillir n'est pas forcément s'étioler. La connotation potentiellement insultante ne nait que de votre interprétation négative de ce fait et en aucun cas de mon propos. Mais on ne doit
jamais faire sentir à une femme qu'elle dure. Alors pardon.
Et puis quand même merde! Même que je n'y vois encore maintenant que du bon, dans cette chanson. Même pas l'ombre d'une idée noire...


Fluorette 20/09/2011 09:20



Pour moi cette chanson est à double sens. Mais elle est belle et si on ne cherche pas la petite bête, elle est positive.


Je ne me sens pas insultée, je ne vieillis pas de toute façon, mon compteur reste à 30 ans, c'est un bel âge, il me suffit bien