Nostalgie

Publié le 11 Février 2011

Tu rentres de chez tes parents. Tu en as profité pour passer discuter un peu avec Poulette. Il était déjà tard, elle se lève très tôt et puisque comme d'habitude elle n'a pas vu ton message tout de suite*, tu n'es pas restée longtemps. Mais ça t'a fait du bien. Elle vit comme un échec ce retour aux sources forcé. Tu admires sa force de tenir le coup. Tu comprend ses questionnements mais tu penses qu'elle est bien mieux sans lui. Tu avais besoin de l'écouter les raconter et de lui parler des tiens. Ca t'a plu d'aller la voir même si c'était trop court. Ca t'a rappelé cette époque où vous pouviez rester des heures à écouter de la musique en parlant des garçons. Ces temps qui paraissent si lointains où vous cherchiez des signes pour savoir s'ils s'intéressaient à vous. Par la suite, tu as compris qu'un garçon c'était bien moins compliqué que ça. Vous buviez du thé près du feu puis vous vous baladiez de chez l'une à l'autre pour vous raccompagner. C'était un peu sans fin. C'était bien. Depuis vous n'avez jamais rompu les ponts. Il arrive que vous ne vous appeliez pas un moment mais la magie est toujours là quand le mail arrive ou que le téléphone sonne. Tu ne veux pas la perdre, elle est trop précieuse. Tu l'as enviée quand elle est partie en bretagne. Tu l'envies encore plus d'être revenue. Certains jours, tu regrettes d'être partie de l'autre côté, si loin de l'eau. Tu as beau savoir que la distance ne brisera pas votre amitié, tu préfèrerais pouvoir aller toutes les semaines siroter des Fraises Royales ou des Mojitos avec elle. Il a bien fallu se séparer, tu ne l'as pas serrée longtemps dans tes bras, tu ne voulais pas pleurer.

 

Tu rentres. Il fait nuit. Il est vraiment tard maintenant. Sur ta droite, tu vois surgir la cathédrale. Elle est magnifique, avec son clocheton manquant, comme un batiment de lumière tranchant sur la ville endormie. Sur ta gauche, la tour des archives avec le nouvel éclairage, bleu, rose... Tu ne vois pas bien les couleurs. Au milieu, la Seine, sur laquelle se reflètent les lumières de la ville. C'est à ce moment-là que tu as dû arrêter de rouler, que les larmes sont devenues trop fortes, tu es sortie de la voiture, tu t'es accoudée à la rambarde. Tu as eu froid. Tu la trouves belle cette ville. Tu la regardes et tu te demandes pourquoi tu dois encore la quitter. Elle n'a rien d'exceptionnel. C'est une ville comme tant d'autres, mais tu la connais, tu ne mets pas ton gps pour t'y déplacer, tu t'y sens bien. Elle t'a séduite, toi qui aimes la campagne. Tu l'as vue se développer, proposer plus de spectacles, de sorties, améliorer ses quais...

Ils vont te manquer, elle et tous ces gens que tu aimerais ne pas voir seulement intensément quelques jours et plus du tout pendant des semaines. Tu sais que les semaines finiront par devenir des mois.

 

Les larmes ont séché. Tu as repris la voiture, profité des lumières du logo 106 et puis tu es rentrée te coucher.

 

 

 

*  A quoi ça sert d'avoir un IPhone?

 

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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johan 13/02/2011 12:24


vous n'avez pas a vous justifier, ceci dit ce ne sont pas des critiques mais plutot des constatations, c'est vrai que je suis souvent caustique avec un humour au second degré pas toujours très
drole, vous etes vous meme assez caustique avec les gens que vous observez (c'est votre droit hein!, c'est pas non plus une critique) un semi marathon c'est plus réaliste qu'un marathon, mais la
oui j' ai un doute, mais bon il ne tiens qu'a vous de me prouver le contraire. elle aussi parce que votre monsieur poilu est anti technologie me disiez vous, ( rapport a une web cam pour
communiquer ) je vais continuer a vous lire mais je vais vous lacher un peu ( parce qu'etre moins caustique c'est difficile pour moi )bonne continuation


Fluorette 14/02/2011 09:31



C'est peut etre la façon de le dire. 


Un semi marathon ça semble très irréaliste. Certes. Mais j'ai besoin d'objectifs extra-professionnels puisqu'au niveau pro, j'ai peu de perspectives pour le moment.


Vous pouvez rester, vous êtes le bienvenu. C'est ouvert à tous. Je suis assez caustique aussi mais sur des écrits, il est difficile de ressentir si ce n'est que ça ou de la méchanceté.



Zouk 12/02/2011 23:29


Ouh la la, je crois que Johan a l'humour noir mais y'a de l'humour (cf Boulet !)... Enfin je crois.
Mais c'est vrai que ce billet est bien tristounet mais c'est comme ça, la nostalgie ça arrive, et puis ça repart.
"On ne peut pas empêcher les oiseaux noirs de voler sur nos têtes mais on peut les empêcher d'y faire leurs nids !"
Bonne course et retour avec Monsieur Poilu !


johan 11/02/2011 23:10


c'est l'ambiance dite donc, votre copine est anti technologie elle aussi en plus, vous avez l'impression de ne rien maitriser dans votre nouvelle vie, le cocon confortable du monde de l'enfance
s'est brisé et tout est gris et froid, c'est transitoire ( apres c'est pire encore, non je déconne) vous aurez bientot de nouveaux projets ( réalistes, pas comme un marathon par ex) faut voir la
beauté dans les petites choses, chercher la fleur au coin du tarmac ( ou la planter ) ... ( sinon pour les cas graves il reste le blog de boulet )


Fluorette 12/02/2011 20:12



Je trouve vos commentaires très critiques. Je ne vous oblige pas à me lire. Quand j'aurai 5 minutes, je prendrai le temps de dire pourquoi je m'exprime ici et pas sur un petit cahier.


Ce blog reflète mes états d'âme et ma vision de la médecine. Je ne vais pas tricher pour rendre tout ça plus joyeux. En ce moment, c'est en effet plutôt gris. Mais pas tout le temps. J'ai des
petits plaisirs quotidiens. Si j'avais écrit il y a un an, cela aurait été très rose. 


Je ne vous demande pas de juger mes projets. Préparer un semi-marathon me semble tout à fait réalisable dans le temps qu'il me reste jusqu'à la date prévue. Bien plus réaliste que s'installer
dans un cabinet.


Quant à la technologie pourquoi "elle aussi"? 


 



Babeth 11/02/2011 23:09


Le retour fait aimer l'adieu.
Courage.


Fluorette 12/02/2011 20:13



Je viens d'arriver. Ils me manquent déjà. Mais j'y retournerai.


Merci