La mort

Publié le 9 Février 2011

 

Hier, en rallumant mon téléphone après la course : 2 messages et un appel en absence. L'un était de mes parents, tout juste rentrés de Barcelone, qui souhaitaient savoir quand ils me verraient avant que je ne reparte vers l'est. Le deuxième était vide mais c'était mon frère, or nous nous sommes vus dimanche. Bizarre.

L'appel en absence provenait de mon Mr Poilu, parti à l'autre bout de l'allemagne pour le boulot.

 

J'ai rappelé mes parents, pour que nous nous voyions ce soir. Puis mon frère. Qui voulait savoir si j'allais chez nos parents ce soir. Je plaisante car c'est en semaine, je lui demande s'il s'est disputé avec sa copine même si je n'y crois pas car c'est elle qui m'a répondu. En fait non, il va cet après- midi à un enterrement, c'est à l'autre bout de la région, il va repasser par chez eux. C'est l'enterrement d'un de ses camarades de formation. Il s'est planté en voiture. Il était plus jeune que lui. Je n'ai rien pu répondre. Il aura besoin de nous ce soir. 

L'euphorie habituelle de l'après-course s'était envolée. Je suis rentrée doucement.

 

J'ai appelé Mr Poilu. Il y a de la neige partout autour de l'hôtel. Tellement qu'il est déçu de ne pas avoir emmené son snowboard. Je lui ai fait remarquer qu'il est là-bas pour le boulot. Nous sommes chacun à la même distance de chez nous, l'une vers l'ouest, l'autre vers l'est. De nombreuses possibilités pour se planter en rentrant... Hier soir, j'ai eu du mal à raccrocher.

 

J'ai beau y être souvent confrontée, la mort me surprend toujours. Voir mourir quelqu'un de plus jeune, c'est être confronté à sa propre mort, qui arrivera forcément un jour, c'est être confronté à la mort des siens.

Une amie rigolait l'autre jour du comportement de quelqu'un qui ne se séparait jamais des gens en étant faché. Je suis aussi comme ça. J'ai toujours l'impression de ne pas avoir assez profité des autres quand ils partent. J'ai du mal à garder mes souvenirs. C'est peut-être aussi ça, faire le deuil, laisser partir les souvenirs.

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Ma petite vie

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Babeth 09/02/2011 18:29


Quand j'étais petite, ma mère m'a dit une phrase qui m'a profondément marquée :"Ne te couche jamais sans t'être réconciliée avec la personne avec laquelle tu viens de te fâcher, si elle meurt
pendant la nuit tu t'en voudras toute ta vie." Moi non plus je ne m'habitue pas, et pourtant dans mon boulot c'est monnaie courante :-(