Hasard

Publié le 29 Janvier 2012

 

Internat, 5ème semestre

Nous sommes nombreux à habiter à l'internat. J'aime bien ça. Je n'ai jamais fait de colloc et là j'aime bien. Chacun sa chambre et une salle commune pour se retrouver le soir. Comme une adolescence prolongée. Sauf qu'on a un peu plus d'argent de poche alors on a quelqu'un qui fait le ménage et de la bouffe préparée.

Après le boulot, on glisse sa tête, on regarde qui est dans le canapé et ce qui passe à la télé. On va à la cuisine et on cherche un truc mangeable dans les barquettes du frigo qu'on jette négligemment au micro-ondes avant d'aller s'installer à table avec les autres. Parfois quelqu'un a amené une bouteille. Parfois on organise des "améliorés", c'est-à-dire qu'on fait venir de la bouffe d'ailleurs ou qu'on organise des soirées à thème avec déguisements. On finit la soirée au Macumba, salle transformée en boite située juste sous ma chambre. J'ai vite compris qu'aller me coucher avant la fin de la soirée ne servait à rien, mon lit vibre.

Le lendemain c'est un peu difficile forcément. Ce jour-là je commence à 10h, j'ai échangé parce que 8 heures c'était trop tôt. Je me réveille, j'ouvre le volet. Je jette un oeil à mon mini-baobab en train de crever, je ne comprends pas pourquoi, j'en prends soin pourtant. Je prends une douche, je m'habille, j'enfile ma blouse, je regarde dehors. Je traverse la cour dans le brouillard, il fait sacrément froid, j'aurais dû prendre une veste. Je passe sous le néon "urgences pédiatriques". Il y a du monde qui attend. 

Je me dirige vers le café.

Et là, je vois courir l'Erudit qui tient un micro-nain à bout de bras vers la salle de réa suivi par une infirmière et des parents. L'infirmière demande un chef. La porte se referme. J'ai l'impression d'avoir vu un épisode de Benny Hill.

Je vais chercher un café.

Je regarde le tableau, pas mal de rhumes, otalgies, fièvres et traumas divers. Au boulot.

Le soir, enfoncés dans le canapé, l'Erudit me racontera pourquoi, parce que nous avons échangé nos horaires et parce qu'il est bilingue, c'est lui qui est allé voir ces petits jumeaux anglais prémas bronchioliteux. Il racontera comment, alors qu'il les examinait, l'un d'eux a fait un arrêt, comment il l'a réanimé, combien il a flippé. Il racontera qu'il est allé voir dans le service comment ils allaient, ils vont bien. 

En l'écoutant, je serai bien contente d'avoir commencé à 10h, de n'être pas très douée en langues, et d'avoir soigné des entorses de doigts. Et je me bénirai d'avoir fait la fête la veille. Ca tient à peu de choses parfois.


 

Rédigé par Fluorette

Publié dans #Patients

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Marianne 25/10/2012 13:19

Moi aussi j'ai eu la chambre au dessus du Macumba
Que de doux souvenirs cet internat :)

DocUrgences 02/02/2012 14:06

comme j'aimerai redevenir interne parfois, une vie en collocation, pas trop de responsabilités, un peu d'argent, des apero tous les soirs..... mais à condition de pouvoir choisir les services ou je
bosse!!!
bonne continuation

M de Bakey 31/01/2012 12:49

Je veux pas être interneeeee :/ c'est excitant mais ça fait flipper

Fluorette 01/02/2012 10:20



Sale gosse! 


Tu verras c'est bien, et encore mieux après



Agnès 30/01/2012 10:16

Pour le mini baobab (oui je sais je m'arrête sur des détails hors sujet), une ancienne fleuriste m'a dit "les plantes il faut les faire souffrir un peu, parfois." Un peu comme les poissons rouges
en fait, faut les surveiller mais pas trop s'en occuper.

Fluorette 30/01/2012 20:42



Il est mort depuis, très vite d'ailleurs. J'ai des orchidées depuis. Et ça va. Je m'en occupe peu. Ca leur suffit.