La vie c'est comme une boite de chocolats...

Publié le 2 Janvier 2014

Assise sur le bord du coffre de la voiture, je tente, malgré le vent qui me colle les cheveux dans les yeux, d'enfiler mes chaussures de randonnée. Le Poilu a déjà sorti le sac à dos. Je doute que nous manquions d'eau, il ne fait pas vraiment chaud. Nous sommes en juillet mais c'est le premier jour de beau temps depuis que nous sommes arrivés, le vent souffle sans s'arrêter, il a chassé les nuages.

Je râle. Il est grand temps de faire couper cette touffe de cheveux. Quelle idée de les laisser pousser comme ça. Évidemment, je n'ai pas emporté d'élastique. Cette après-midi sera longue...

Les autres refont le point sur le contenu des sacs, il doit manquer quelque chose mais je ne les entends plus, je me suis éloignée. Je regarde la mer, les reflets du soleil sur la surface ondulée par le vent, le phare du Cap Fréhel. Je me souviens qu'il y a quelques années, un jour de pluie, Alibabette et moi avions mangé un Kouign Amann ici, avec un chocolat chaud, il faisait tellement froid. De beaux souvenirs. Je sens que l'oppression sur ma poitrine s'allège.

La sonnerie de mon téléphone retentit dans ma poche. Je grommelle parce que j'ai oublié de l'éteindre, et quelle idée, et je m'énerve et franchement ça capte ici, au bout du monde? Un numéro que je ne connais pas. Et pourtant, je réponds.

Elle s'appelle Martine, elle m'a entendue sur France Culture, et elle m'a lue, elle a demandé mon numéro de téléphone, et elle voudrait faire un livre, et quand est-ce que je vais à Paris, qu'on se voie... Et moi je suis un peu sonnée, et avec le vent qui souffle, c'est difficile d'entendre alors je me demande si je comprends bien. Je lui dis qu'il y a du bruit, qu'on m'attend. Ils sont tous devant le phare, ils trépignent de me voir au téléphone alors qu'on doit y grimper avant de nous diriger vers Fort la Latte. Elle dit oui oui bien sûr, on se rappelle, on en parle, tout ça.

Je raccroche, je regarde mon téléphone, je trouve ça surréaliste. Je les rejoins. On me demande ce que c'était. Rien je réponds, c'était rien.

Je grimpe les 145 marches. Évidemment je me suis trompée, je n'en ai compté que 143. En haut du phare, je regarde l'horizon, je respire l'air marin, je me sens bien. Et je souris. Déjà les questions se bousculent dans ma tête. Est-ce une bonne idée, quelqu'un pourrait-il se reconnaitre, comment prendrai-je les critiques, et surtout pourquoi faire ça, pourquoi hein, etc.

Je suis redescendue du phare, j'ai marché jusqu'au Fort la Latte. J'ai souri tout au long. Et puis je suis rentrée, je suis allée à Paris, j'en ai parlé, avec LePoilu, avec des amis, j'y ai pensé, le jour, parfois la nuit. Dix-huit mois plus tard, je n'ai toujours pas les réponses. Je ne sais pas s'il fallait ou pas.

On verra quand il sortira ce bouquin qui reprend beaucoup du blog, quelques histoires en plus, un peu de liant. Un livre dont je suis contente. Parce qu'il parle des gens. Et que j'aime les gens. Leurs histoires, leurs vies. Parce que j'aime toujours ce métier, je pense qu'on peut encore bien le faire.

Une nouvelle année commence. C'est le bon moment pour vous dire merci. Parce que ce livre, c'est grâce à vous. Parce que si je tiens encore debout, c'est grâce à vous. Vous qui m'avez appris la médecine, avec qui j'ai bu du thé ou d'autres boissons qui donnent un peu mal à la tête, vous qui avez toujours été là, pour parler des garçons en écoutant les NegMarrons, vous qui êtes venus me consulter, vous qui m'avez lue, qui m'avez écrit, qui twittez avec moi, qui m'envoyez des sms, qui m'appelez, vous qui m'avez aidée au long de mon parcours, pendant mes études, mes remplacements, et au début de ma difficile installation. Alors merci.

La vie est pleine de surprises. Parfois en répondant à un numéro inconnu, on s'expose au douloureux rappel d'une garde oubliée. Et d'autres fois, cet appel ouvre d'autres portes.

Je vous souhaite une bonne année. Je vous souhaite plein de bonnes surprises, de portes qui s'ouvrent et de beaux moments. Je vous souhaite d'être heureux. Simplement.

Rédigé par Fluorette

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zacari 04/06/2014 20:34

Bonjour

Je vous ai entendue parler à la radio. Vous êtes vraiment quelqu'un de bien, et votre écriture a quelque chose de tendre et de pudique malgré des duretés qui est vraiment apaisant.

Par contre, votre titre là me fait penser immanquablement à la punchline: "La vie c'est comme une boîte de chocolat: à peine à la moitié et déjà envie de gerber" :/. Je sais pas si je fais bien de vous le signaler, mais voilà quoi, on n'a pas forcément tous les mêmes références culturelles.

phil 05/04/2014 16:53

super fluorette j'adore te lire!!

en savoir plus sur harmonie mutuelle 30/01/2014 19:20

article très intéressant , vite te voilà dans mes favoris :D
je te félicite pour le choix du sujet

marie 22/01/2014 09:57

tous mes voeux pour une tres belle année , un beau projet ce livre que je lirai avec grand plaisir comme celui de suivre votre blog et d y decouvrir vos posts . je me permets de vous embrasser bien fort en vous souhaitant le meilleur , vous le meritez !

Youpi 06/01/2014 18:31

Fallait pas encombrer encore plus les bibliothèques avec un propos creux!

MedGeOuest 06/01/2014 18:43

Hey youpi, ton commentaire tu peux le rouler en boule et le mettre profond dans ton rectum. Si tu n'aimes pas tu ne lis pas.